- 1. Ici commence la loi de la hird1 du roi de Norvège et des hommes de la hird.
- 2. Ici commence la liste des catégories de succession et la manière dont le royaume des rois de Norvège est hérité selon la loi.
- 3. Comment choisir un héritier si aucune des personnes mentionnées précédemment n’est trouvée dans la liste de succession.
- 4. Quels seront les héritages des femmes de descendance royale et des hommes qui sont inclus dans la liste de succession mais qui ne sont pas des descendants légitimes du roi.
- 5. Ici sont dits comment le roi est pris15 et le serment royal.
- 6. Du serment du roi.
- 7. Du serment du duc et du jarl.
- 8. Le serment des lendr menn.
- 9. Du serment des lǫgmenn.
- 10. Et ceci est le serment des bœndr.
- 11. Des handgengnir menn du roi.
- 12. le roi investira le duc dans sa hird de la manière suivante.
- 13. Des honneurs et des usages qui sont associés au titre ducal.
- 14. Les honneurs qui sont associés au rang de jarl23.
- 15. Du second type de comté : les territoires tributaires.
- 16. Le roi investira le jarl de cette manière.
- 17. Les honneurs qui sont associés au rang de jarl.
- 18. Comment le roi investira un lendr maðr.
- 19. Quels droits et bénéfices devront avoir les lendir menn.
- 20. Si le roi accuse un lendr maðr de trahison.
- 21. Du kanslar* et du hirðprestr*.
- 22. Comment le roi investira un stallari.
- 23. Comment le roi investira le merkismaðr.
- 24. Comment le roi investira les skutilsveinar.
- 25. Des droits et des devoirs des skutilsveinar.
- 26. Du dróttseti et du skenkjari.
- 27. Ici commence la deuxième partie du livre et sur le nom donné aux hommes de la hird.
- 28. Des hommes de bonnes mœurs et courtois.
- 29. Si les hommes souhaitent être de bonnes mœurs au sein de la hird et en présence du roi.
- 30. De l’admission dans la hird et des objections légales.
- 31. Comment le roi investira les hommes de la hird.
- 32. Du devoir d’escorte et de ce qui en dépend.
- 33. Du devoir de garde et de ce qui en dépend.
- 34. Des autorisations de s’absenter pour les handgengnir menn.
- 35. Quelles armes devront porter les handgengnir menn.
- 36. Sont ici présentés les amendements faits par le roi Magnús VI Hákonsson.
- 37. Sur la venue de troupes ennemies.
- 38. Du partage du butin et des prises de guerre.
- 39. De la paix des églises et des femmes65.
- 40. Si un homme trahit son seigneur.
- 41. Ici est expliqué que les hommes de la hird doivent aider leurs compagnons.
- 42. Si un désaccord survient dans la hird.
- 43. Si le roi investit des gestir dans sa hird.
- 44. Ici sont présentés les devoirs des gestir.
- 45. Des gestir et de leurs droits.
- 46. Du devoir de garde et de ce qui en dépend.
- 47. Comment le roi investira les kertissveinar.
- 48. Les amendements qui furent donnés par le roi Magnús le couronné76.
- 49. De l’amendement concernant les stallarar.
- 50. L’amendement concernant les merkismenn du roi.
- 51. L’amendement concernant les skutilsveinar.
- 52. L’amendement concernant les hommes de la hird.
- 53. Des renseignements recueillis par la hird du roi.
- 54. Que la loi de la hird soit lue à haute voix aux handgengnir menn à chaque Noël.
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1. Ici commence la loi de la hird1 du roi de Norvège et des hommes de la hird.
1. Her hæfr upp hirðlogh Noreghs konongs ok hans hirðmanna.
Le fondement de notre loi de la hird est Jésus-Christ, le fils de Dieu et de la Vierge Notre Dame sainte Marie, le crucifié, le vrai Dieu et homme, roi des rois, source de tout pouvoir, autorité et honneur. Qu’il soit le gardien et le protecteur de notre seigneur, [Nom]2, roi de Norvège et de tous ses handgengnir menn*, et de tous les chrétiens, pour l’éternité. Au nom de ce même Jésus-Christ notre Seigneur, notre légitime roi de Norvège, son serviteur, détient sur ses hommes le pouvoir de commander et de bannir aussi bien dans notre pays qu’en dehors, pour la gloire de Dieu, pour son honneur, pour notre prospérité et notre profit.
Þat er uphaf hirðlagha uara at Jhesus Christus, guðs sun oc uarar fru sancta Mariu møyiar hin krosfæsti, sannr guð oc maðr, konongr allra kononga, af huærium alltt ualld, stiorn oc uirðing. Han se værnd oc uarðvæizla vars herra .N. Noreghs konongs oc allra hans handgenginna manna, oc allra kristinna manna æiliflega. I þess hins sama uars herra Jhesus Christus namfne skal uar loghlegr Noreghs konongr hans þion raða boðe oc banne oc utforum varom innan landz oc utan, guði till dyrðar ser til sømdar oss till gagns oc þarfenda.
Maintenant, si tout le peuple doit grande allégeance envers la Couronne, cela vaut encore plus pour nous qui sommes ses handgengnir menn, et qui avons été choisis parmi tout le peuple pour garder le roi et assurer son service personnel, et pour le servir avec notre fidélité entière et indéfectible dans toutes les tâches qu’il mettra entre nos mains. Que la colère de Dieu nous frappe si nous ne respectons pas nos engagements et notre foi chrétienne, et si nous faillons en tout cela.
Nu af þui at landz folkit allt a mykla lyðskylldu konongdomenum at væita, oc ver allra hællzt sem honum ero handgengnir, oc af allu landz follkinu valdir konongenom til hirðar oc hæimolegrar þionostu oc i ollum lutum þæim sem han fær oss i hendr til ubrigðileghs trunaðar oc fulkominnar þionostu, oc gramt guð at oss i æiðum varom oc briotum kristilegha tru er ver brigðumzt honum i nokoru þessu.
Aussi est-il nécessaire de se garder des gros nuages de la perdition3 qui ont aveuglé la plupart des hommes de ce pays dans des proportions si dommageables qu’elles n’ont pas leur pareille en d’autres pays. Car nombreux sont ceux qui, à tort, ont été choisis roi contre le roi légitime et les lois de notre saint roi Olaf, et contre tous les droits que chaque bóndi* souhaiterait que l’on respecte quant à son héritage [de saint Olaf]. Maintes fois, les hommes de haut lignage ont dû servir ceux qu’ils n’auraient pourtant pas dû servir – et ils peuvent en témoigner encore, ceux qui ont perdu leurs biens et autres possessions –, ceux qu’ils appelèrent leur roi – et cela vaut autant quand il s’agit des pertes de vie.
Þa være þæt þarflegt att men varaðezt þa myklu uilliþoku er mestr lutr folks þessa landz hævir sua hormulega blindaðr af veret, at i engu lande oðru finnazt þau døme, þar sem tæknir hava veret imisir men ranglega til konongs mote rettum konongum oc logum hins hælga Olafs konongs oc ollum þeim retyndum er huer bonde vildi una oðrum vm sinar erfðir. Þionaðo oft vælborner men þeim sem varla mattu vera sveinar þeirra, sem en vattar i dag, huart þeir mistu fløyra oðala sinna eða þeir er þa kallaðo kononga sina oc sua hit sama um manna missunnar.
Ainsi, afin de ne pas chercher d’une main hésitante à déterminer quel roi est légitime dans le royaume de Norvège, qu’il soit connu de tous les hommes de Norvège que le roi Magnús, fils du roi Hákon, a établi et mis par écrit les justes lois de succession qui déterminent qui sera le roi légitime du royaume de Norvège. Et cela a été ratifié et accepté par tous les hommes de Norvège, pour eux-mêmes et leurs descendants, avec le roi de Norvège et ses descendants, de la manière conforme à l’assemblée du thing*, et que ses ordonnances soient valides pour toujours comme cela a été fait et comme suit ici maintenant.
Nu at men þurfi eigi griplande hondum eftir at fara huer konongr a retlega at vera j Noregs riki, þa se þat kunnigt ollum Noregs monnum at Magnus konongr son Hakonar konongs staðfesti sua oc let j bok setia huer er at rettum erfðum a at vera Noregsveldis konongr eftir logum. Ok þui iattaðo oc samþycku allir Noregs men firir sik oc sit afspringi við Noregs konongs oc hans afspringi mæð retto þingtake oc at þessor skipan skal ganga oc standa æuenlega sem þa var gor oc nv fylghir her.
2. Ici commence la liste des catégories de succession et la manière dont le royaume des rois de Norvège est hérité selon la loi.
2. Her hefar upp erfða tal þat sem greinir hosso erfazt a Noreghs kononghs riki at lagum.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Dieu unique dans la Trinité, son serviteur sera l’unique roi du royaume de Norvège aussi bien sur son sol propre que dans les territoires tributaires4. Après la disparition de notre roi, selon la première catégorie de succession des rois de Norvège, seul sera roi l’aîné légitime des fils du roi de Norvège.
I nafni faður oc sonar oc hæilags anda, æins guðs j hæilagre þrinningu skal ein hans þion konongr vera ifir Noregs veldi innan landz oc skatlandum. Eftir frafal konongs vars þa se su hin fyrsta erfð Noregs konongs at sa skal konongr vera hin ælzsti ein, er Noregs konongs son er oc skilgetin.
Selon la seconde catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime d’un fils du roi, à condition que celui-ci soit de père légitime.
Sv er onnur ærfð, at sonar son konongs skilgetin hin ælzsti ein skal konongr vera sa sem faðir hans var skilgetin.
Selon la troisième catégorie de succession, seul sera roi le frère aîné légitime du roi, et ayant le même père que le roi.
Sv er hin þriðia erfð er broðer konongs skilgetin oc samfeðra hin ælzsti ein skal konongr vera.
Selon la quatrième catégorie de succession, seul sera roi le frère aîné légitime du père du roi et ayant le même père que le père du roi.
Sv er hin .iiij. erfð er faðurbroðer skilgetin oc samfeðra hin ælzsti ein skal konongr vera.
Selon la cinquième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime du frère du roi, à condition que celui-ci soit de père légitime.
Sv er hin .v. erfð, er broðor son konongs skilgetin hin elzti ein skal konongr vera sem faðir hans var skilgetin.
Selon la sixième catégorie de succession, seul sera roi l’aîné légitime des cousins5 du roi, à condition que son père soit le frère du père du roi, légitime et du même père.
Sv er hin .vi. erfð, er brøðrungr konongs skilgetin hin elzti ein skal konongr vera sa sem faðir hans var faður broðer konongs skilgetin oc samfeðra.
Selon la septième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné du roi, même s’il n’est pas de naissance légitime. Cependant, il ne devra pas être le fruit d’une relation adultère ou de relations incestueuses avec une personne qui serait plus proche par le sang et le mariage que la loi ne le permet. Le roi lui-même devra avoir reconnu sa paternité et devra avoir personnellement informé les hommes avisés de ses relations avec la mère de l’enfant. La date de naissance du fils devra être en accord avec les calculs appropriés, et la mère ne devra pas avoir reconnu deux pères différents, tel qu’il est prescrit dans les livres de lois pour de tels cas. Tous ceux ayant eu connaissance de cela ne devront le dissimuler plus d’un mois, à moins qu’ils ne craignent d’être victimes de violences. Toutefois, ils seront tenus de le dire à plusieurs hommes avisés, de sorte que des témoignages puissent être faits, si nécessaire.
Sv er hin .vij. erfð, at konongr vera hin elzti ein þo at ei se skilgetin, sa þo er eigi er getin j hordomi æda frendsemi spellum æða sifiar spellum nermeir en lofat er at loghum oc konongr sialfr hæfir við faðerni hans genget oc sagt sialfr skilrikum monnum aveni til sakir samvistu hans oc moðor hans, oc suari su stund er barnet er føt þeirri tiltolu sem til høyrir oc hæfir moðeren ecki tuent til sagt faðernis hans eftir þæim hætte sem logbok vattar vm slik mall. Þessu skulu þeir er vita ei løyna vm manað nema þeir ottezt ofriki, þa skolu þeir einhuerium skilrikum manni til segia at vitni megvim bera ef þarz.
Selon la huitième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime de la fille du roi, à condition que sa mère soit de naissance légitime, si personne d’autre n’est apte.
Sv er .viij. erfð, er dottor son konongs skilgetin hin elzti ein skal konongr vera, sa sem moðir hans var skilgetin, ef engi er hinna til.
Selon la neuvième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime d’une sœur du roi, à condition que sa mère soit du même père que le roi et de naissance légitime.
Su er hin .ix. erfð, at sa skal konongr vera er systur son konongs er skilgetin hin elzti ein, sa sem moðer hans var samfeðra vid konong oc skilgetin.
Selon la dixième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime des cousins du roi, par le père, et dont le père et le père du père sont légitimes, et si aucune des personnes énumérées précédemment n’est trouvée.
Sv er hin .x. erfð, at sa skal konongr vera hin elzti ein neftr er eftir brøðra syni við konong oc skilgetin er oc sua faðir hans oc komen af samfeddum brøðrum oc skilgetin ef engi er annara til er aðr ero talder.
Selon la onzième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime d’une sœur du père du roi ou d’un frère de la mère du roi, ces derniers étant de naissance légitime et de parenté par le père.
Su er hin .xi. erfð, er sa skal konongr vera hin elzti ein oc skilgetin syskina son er við konong oc komen fra þæim syskinum er bæðe varo samfeðra oc skilgetin.
Selon la douzième catégorie de succession, seul sera roi le fils aîné légitime d’une cousine du roi6, à condition que leurs mères [sa mère et la mère du roi] soient du même père, et d’extraction royale et légitime.
Sv er hin .xij. erfð, at sa skal konongr vera hin elzti ein, skilgetin, er systrungr er við konongr oc møðr þeirra varo samfedar oc af rettri kononga ættenne komnar.
Toutefois, si aucune des personnes énumérées précédemment n’est trouvée, sera alors roi de Norvège un autre aîné qui est le plus proche par droit de succession tel qu’il est défini dans la table ordinaire des catégories de succession dans le livre de la loi du pays7, plutôt un homme qu’une femme, et d’extraction royale et légitime.
Nu ef engi er þessara til sem aðr varo talder, þa se sa konongr at Noregi hin elzti ein er mæð erfðum er þa nestr eftir þui sem landz boken vattar j almennelego erfða tale, karl en ei kona, oc þo af rettri kononga ættinni komen.
3. Comment choisir un héritier si aucune des personnes mentionnées précédemment n’est trouvée dans la liste de succession.
3. Hosso þa skal kiosa ef eingi er þæira til sem ærfða tal uattar fyr mæir nu nefnt.
Maintenant, si par malheur aucune de ces personnes n’existe, alors le duc ou le jarl, s’il s’en trouve, ainsi que tous les évêques et abbés et tous les barons et les hommes de la hird ainsi que toute la hird prendront la direction du nord pour Nidaros, chez le saint roi Olaf pour délibérer avec l’archevêque. Et chaque évêque nommera dans son évêché douze hommes sages qui prendront la route au plus tard un mois après avoir eu connaissance de la mort du roi. Et chaque évêque et chaque sýslumaðr* laisseront des hommes chargés de la défense avec les bœndr afin de garder le pays contre les voleurs et la canaille, et autant de lendir menn* et de sýslumenn dans chaque district8 qu’ils estiment être le plus approprié. Ceux qui resteront sur place seront également tenus de garder les autres sýslur* comme si c’étaient les leurs, ou alors ils seront considérés comme des traîtres au roi si, par leur négligence, la paix n’était pas maintenue dans le pays. Mais, quand ceux qui ont été nommés ci-dessus seront arrivés à leur rendez-vous dans le nord, alors les laïcs9, liés par serment, entameront des discussions afin de prendre pour roi celui qu’ils considéreront devant Dieu comme le plus adéquat. Les évêques seront aussi liés par ce serment devant Dieu, bien qu’ils n’aient pas juré autant que ceux qui l’ont fait, et contribueront par des conseils pleins de vérités à cette affaire, à la faveur de ce que Dieu leur permet de discerner le plus justement.
Nu ef sua harðliga kan til handa at berazt, at engi er þessara til þa se sialfstefnt hertoga æða jarli ef þeir ero til oc byskopum ollum oc abotum oc ollum barrunum oc hirðmonnum med hirð alla at søkia norðr til Niðarosar till hins hælga Olafs konongs, til vmraða við erchibyskop oc nefni huer byskop or sinu byskopsdømi .xij. hina vitrazsto menn oc se a for komner innan þess manaðar er þeir spyria frafal konongs. Oc skal huer byskop oc syslu maðr ætzla menn eftir til hægnaðar með bondum at gøyma landz firir þiofum oc ilþyðu, sua marga af lendum monnum oc syslu monnum j huerium loghum sem þeir sea at bezt høfir. Skolu þeir er eftir sitia iamfnhøymilir vera j annara manna syslum til gætlo sem sialfra sinna, ellega ero þeir landraða menn við konong, ef ei hældr land friði af þeirra vangøymslu. En þan tima sem þeir ero norðar komner sem til ero nefnðir, þa gange þeir olærðo men með suornum eið til þes vmdømes. At þeir skolu þan til konongs taka er þæim synizt firir guði at bezt se til fallin. En þenna æið skolu iamfnvæl byskopar abyrgiazt við guð þo at þeir sueri eigi sem hinir er suerias, at þeir leggi sannenda vmdømi til vm þetta mall sua sem guð gefr þæim retlægazt at sea.
Mais s’ils ne sont pas d’accord, alors décideront ceux qui sont supérieurs en nombre et en discernement, et qui sont en accord avec l’archevêque et les autres évêques, et ils confirmeront cela par leurs serments. Mais si quelqu’un se laisse choisir pour roi d’une autre manière que celle ici décrite, alors il perdra biens et paix10, et tombera sous l’excommunication du pape et de tous les saints, et n’aura pas le droit d’être enterré en terre consacrée, et de même pour tous ceux qui le soutiennent en cela. Maintenant, si les hirðstjórar* ou la hird omettaient de faire le voyage vers le nord, alors ils seraient déclarés traîtres envers le roi à moins que des circonstances graves ne les en aient empêchés. Et chaque bóndi qui omettra de faire ce voyage devra payer une amende de huit ertogar* et treize marcs au roi, mais le roi évaluera la gravité de ces circonstances avec le conseil et l’assistance des hommes de bon jugement. Chacun fera ce voyage à ses propres frais, mais le roi remboursera les frais de tous ceux qui n’ont pas auparavant eu la charge d’un domaine royal, d’un fief11 ou d’une sýsla12 du roi.
En ef þa skil a, þa skolu þeir sit mall hafa er fløyri verða, saman oc skilrikare ero, oc erchibyskop oc aðrir byskopar samþyckia oc sanna þat með æiði sinum. Nv ef nokor letr sik til konongs taka oðru vis en her segir, þa hæfir sa firir gort fe oc friði, oc se j þauans banni oc alra hæilagra manna oc ei kirkiu græfr, oc engi sa er honum veitti lið til þes. Nv ef hirðstiorar eða hirð firirnemzt at søkia nørðr j þessa ferð, þa ero þeir landraða menn við konong, nema nauðsyniar banna. Ok sua huer bonde er firirnemzt þessa ferð seckr .viij. ørtogum oc .xiij. morkum viðr konong. En konongr mete nauðsyniar með skynsamra manna raðe oc ifirsion. En þessa skal huer ferð fara a sinum kostnaði. En konongr inni þeim ollum kostnað sin sem ei hafa aðr konongs fe at varðueita eða len eða syslur af konongi.
4. Quels seront les héritages des femmes de descendance royale et des hommes qui sont inclus dans la liste de succession mais qui ne sont pas des descendants légitimes du roi.
4. Huat þær konor mego ærfa er komnar ero af kononga ettenne oc þæir karlmen sem i ærfða tale standa oc eigi ero af rettre kononga ettenne komner.
S’il est une fille ou fille d’un fils du roi, une mère ou une sœur, ou toute autre femme incluse dans la liste de succession du livre de la loi du pays, mais qui ne soit pas de descendance royale, et si elles ont des droits d’héritage autres que par la royauté, alors chacune héritera selon ce qui est indiqué dans la liste ordinaire de succession. Mais pour éclaircir cela, elles devront en premier lieu hériter de ce que le roi tient de sa famille ou bien de ce qu’il a acheté en bien mobilier13 mais pas de ce qui a été vendu ou échangé contre des terres royales. De même, elles pourront aussi hériter des biens mobiliers et des objets de prix qui n’appartiennent pas à la Couronne, à moins que le roi lui-même n’ait pris des dispositions en ce sens en présence de témoins avisés et de preuves crédibles14, pour son honneur et son salut, et pour celui de ses plus fidèles serviteurs. Et il est de bon conseil que chacun, plutôt sain d’esprit que malade, veille à son propre bien-être et à celui de ses proches durant sa vie, car incertains sont l’amitié et le respect pour la mémoire d’un défunt, quand bien même on lui serait profondément redevable. Il se trouve aussi de nombreux exemples d’héritiers ayant enlevé plus qu’ajouté quelque chose au testament par rapport à ce qui avait été ordonné auparavant et obtenu pour fidèle service, et souvent au prix de dangers extrêmes et autres périls. De tels exemples sont légion.
Ef dotter eða sonar dotter, moðer eða systir eða þær konor aðrar er j erfða tali standa j landzbokinne oc eigi ero af kononga ættinne komner, oc ero þæir æða þær ner meir at skyldu til annars arfs en konongdomsens, þa skal taka huer eftir þvi sem vattar j almennilægo erfðatali. En at þvi liosare se þa mego þær fyrst erfa æignir þær sem konongr erfir eftir frendr sina, eða þær sem hann kaupir með lausa fe, þær þo at hann seli ecki konongdomsens iarðir til, eða skipti þeim j þær. Sva skolu þeir oc erfa lausa fe oc gripi þa sem ei høyra korrununni til, nema konongr sialfr hafe aðra skipan a gort með skilrikum vitnum oc iarteknum, ser til sømdar oc salo hialpar oc sinum hollostu monnum, heldr hæil en siukr. Oc er þat hafuð rað at huer gere væl firir ser vm sina lifdaga oc sinum hollostu monnum, þui at vaskøyt er annars vinatta eða eftirgerð þo at alskylt se. Finnazt oc nog dømi til þes at erfingiar hafe hældr af dræget en til aukat skipanar þeirra er aðr atto oc fengu oftlæga með holri þionosto oc lifs haska eða með ymysum manravnum, sua sem viða finnazt dømi till.
5. Ici sont dits comment le roi est pris15 et le serment royal.
5. Her sægir um konongs tækiu ok um konongs æiðstaf.
Maintenant doit être dit comment est pris pour roi celui que Dieu, dans sa miséricorde, nous a donné pour maître et seigneur, et conformément aux justes lois de succession de l’héritage patrimonial. De préférence, cela aura lieu un jour saint ou un dimanche, à moins que des circonstances impérieuses ne s’y opposent. Dès que les hommes les plus distingués seront arrivés, une assemblée du thing sera convoquée selon l’ancienne coutume. Mais précédant l’assemblée du thing, il y aura une réunion de la hird où seront traités les sujets jugés les plus pressants. Le roi16 prendra la parole et mènera une discussion sur ces sujets et remerciera tout le monde d’être venu. Et il confirmera les honneurs et les privilèges à tous ceux qui en détenaient auparavant, et, en bon accord avec les conseils des hommes les plus remarquables, il accordera de nouveaux privilèges à ceux qui le méritent et en rapport avec leur aptitude à servir. Puis, on s’entendra sur la manière avec laquelle toute la hird devra se préparer au thing, de sorte que le cortège soit le plus solennel possible.
Nu skall til þess sægia með huærri skipan þan skall til konongs taka er guð hæfir oss gefit till forstiora oc herra með miskunn oc æftir rettom ærfðum til sins faður arfs skipadt. Hælldzt skylldi þetta vera at hatiðis dæghi eða a drotens dæghi, ef æighi banna æinar huæriar nauðzsyniar. I þan tima sem hester men eru saman komnir skal vera þing stæfnt æftir fornre siðueniu. En hirðstæfna skal vera aðr en þing se, um þa luti sem þa þikkia hællzt nauðzsynileger uera. Konongs æfni skal røða eða røða lata með þessu æfni at þakka ollum monnum sina þarkuamu, oc iatta ollum slikum sømdom oc nafnbotum sem þæir hafðu fyr, oc með goðo um bøta æftir uildazstu manna raðe uið þa alla sem þæss þickia uærðir vera, oc æftir þui sem þæir kunnu til at þiona. Siðan skal um þat røða huæria læið með mæstum sømdom oll hirð skal sik till þings bua oc sem virðulegazt se oll þæirra meðfærð.
Le jour de la tenue du thing, très tôt le matin, on soufflera dans la corne pour convoquer les gens au thing. Et alors, toute la hird se présentera en tenue de combat et chacun se préparera le plus honorablement possible, selon son rang. Alors le roi fera chanter la messe De spiritu sancto et la collecte suivante : Deus in te sperancium fortitudo. De domina. De sancto Olavo. De omnibus sanctis. Après la messe, le roi se rendra à l’autel et priera de tout son cœur, pour la grâce de Dieu et l’intercession de sainte Marie et du saint roi Olaf. Puis, à genoux, il recevra la bénédiction de l’évêque. Après cela, la Sainte Croix et les saintes reliques seront apportées. Puis, la procession devra suivre la Sainte Croix et les autres saintes reliques. Tous les hommes qui seront aptes se rendront sur le lieu du thing. Là, seront préparés les hauts sièges, comme il se doit, de telle manière que le plus haut et le meilleur soit au milieu, et personne ne s’y assiéra. Alors le roi s’assiéra sur la marche face au plus haut siège et les autres chefs s’assiéront sur les autres hauts sièges sur les côtés.
A þæim dæghi sem þing skal vera, skal blasa fyrst um morgunin miok arla follki till þings. Oc þa skal oll hirð herklæðazt oc buazt sem sømelegazt huærr æftir sinum fongum. Þa skal konongs æfni lata syngia ser messu De spiritu sancto með þessum collectum. Deus in te sperancium fortutido. De domina. De sancto Olauo. De omnibus sanctis. Siðan æftir messuna skal konongs æfni ganga til alteris oc biðia ser miskunnar uið guð af ollu hiarta með arnaðar orðe hinnar hælghu Mariu oc hins hælgha Olafs konongs, taka siðan blæzan af byskupi med knefalle. En æftir þat skall bera fram hin hælgha kross oc aðra helgha doma. Her æftir skal processio fyllgia hinum hælgha krossi með oðrum helghum domum. Aller men sem fører ero skulu ganga þangat sem þing skal vera. Þar skulu hasæti buin vera sømelegha, en þo skal æit bæðe hæst oc bæzt buit vera i miðiu oc skal þar engi i sætiazt. En aðrer hofðingiar siti i aðrum hasætum utt fra tvemeghium. En konongs æfni skal sitia niðri a graðunum firir hinu hæfta hasæti, þegar sem þing skal vera oc þat er sætt.
Dès que le thing sera réuni et en session, alors les personnes les plus nobles, qu’elles soient clercs ou laïcs, décerneront au roi le titre royal par ces mots : « Le titre royal, que Dieu te confie, et auquel tu as droit par naissance et par le peuple de ce pays qui t’a choisi, et en accord avec les lois du saint roi Olaf, je te le donne – et on nomme le nom du roi, [Nom] – au nom de Dieu et au nom de tous ceux qui sont soumis à ton pouvoir, avec les honneurs et l’autorité qui en découle sur toute la Norvège et sur les territoires tributaires. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen ». Lorsque tout cela sera fini, les évêques, les lendir menn, les hirðstjórar et les lǫgmenn* se lèveront et hisseront le roi sur le haut siège, et les clercs chanteront le Te Deum pendant que les laïcs [chanteront] le Kyrie eleison, pour la gloire et l’honneur de Dieu.
Þa skal sa sem tigurlegaztr fæzt till, huart sem er lærðr maðr eða læikmaðr. læggia a konongs æfni konongs nafn með þessom orðom: Konongs nafn þæt sem guð ler þer oc þu ert til boren oc af landz folkinu till tækin æftir loghum hins hælgha Olafs konongs. Leg ek a þik, oc nefni konongs æfni a nafn .N. af guðs halfu oc allra þæirra sem undir þit uald ero skipaðer med þæirri sømd oc stiorn sem þui a at fylgia ivir ollum Noreghi oc hans skatlondum. I namfne faður oc sunar oc hæilags anda amen. At þessu allu fulgioruu skulu up standa byskupar oc lender men hirðstiorar oc loghmen, oc hæfia konong up i hasæti oc syngi lærðir men Te deum. enn læikmen Kyrieleison, guði til lofs oc dyrðar.
6. Du serment du roi.
6. Um æiða i konongs iattan.
Étant donné que le roi, plus que tout autre, se doit de respecter les lois envers ses sujets17 et de les améliorer, alors après qu’il a été pris pour roi, il fera à son peuple cette promesse la plus solennelle : « Je promets à Dieu et à ses saints, et à son peuple qu’il m’a été donné de gouverner, bien qu’indigne de le faire, que je respecterai les lois chrétiennes établies par le saint roi Olaf et qui ont été acceptées par ses successeurs légitimes, entre les rois et ceux qui habitent dans le pays, et que je les amenderai avec leur accord mutuel et sur le conseil des bons hommes18 et avec l’entendement que Dieu m’a donné ». Il incombe au roi de respecter cette promesse non seulement envers ceux qui sont présents au thing avec lui, mais aussi envers tous les sujets du roi, qu’ils soient nés ou non.
En at konongr viti sek þui helldr skylldugan logh at hallda uið þægna sina oc um at bøta, þa skal han þessu iatta folki sinu með fullri staðfæstu æftir þat sem han er till konongs tækin: Þat iatta ek guði oc hans hælgum monnum oc þui hans folki sem ek em uværðugr ifir skipaðr, at ek skal þau kristin logh hallda sem hin hælghi Olafr konongr hof oc aðrer hans retter æftirkomanðar hafa nu samþykt millum konongs oc þæirra er landet byggia, með huara tvæggia samþykt. oc með goðra manna raðe vm bøta eftir þui uiti sem guð ler mer. Er konongr æighi at æins skylldr at hallda þetta uið þa sem þa ero a þingi hia honum, hælldr uið þa alla sem i konongs þægnskylldu ero alna oc uborna.
7. Du serment du duc et du jarl.
7. Um hertogha æið ok iarls.
Puis le duc ou le jarl, s’il y en a, prêteront ce serment dès qu’ils arriveront auprès du roi : « J’impose ma main sur ces saintes reliques et je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement. Je veillerai loyalement sur la partie du pays qu’il me confie, dans les termes qu’il aura définis, et en toute occasion je lui prouverai mon allégeance comme le doit un bon duc ou jarl à un bon roi. Je respecterai aussi les serments qu’il a prêtés à tout le peuple de ce pays avec l’entendement que Dieu m’a donné. Puissé-je recevoir la grâce de Dieu si je dis vrai et son courroux si je mens ».
Þa skal oc hertoghi eða iarll þenna æið sværia ef þæir ero ner eða þegar er þæir koma till konongs: Þess legg ek hond a þessa hælgha doma oc þui skytr ek til guðs at ek skal vera hollr oc trur minum herra .N. Norex kononge bæðe løynilegha oc openberlegha oc þæn luta landz sem han fær mer skal ek trulegha halda æftir þui skilorði sem han fær mer. Oc i alla staðe skal ek væita honum alla þa lyðni sem goðr hertoghe eða iarll skal goðom kononge. Hallda skal ek oc æiða þa sem han hæfir svoret ollu landz folkinu eftir þui uiti sem guð ler mer. Guð se mer hollr ef ek satt sæghi, gramr ef ek lygr.
8. Le serment des lendr menn.
8. Lendra manna æiðar.
Les barons et les hirðstjórar prêteront ce serment : « J’impose ma main sur le saint livre, et je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement. Je le soutiendrai lui et son royaume, de tout mon conseil et de toutes mes forces. Je respecterai aussi les serments qu’il a prêtés à tout le peuple de ce pays, avec l’entendement que Dieu m’a donné. Puissé-je recevoir la grâce de Dieu si je dis vrai et son courroux si je mens ».
Þenna eið skolu barrunar sueria oc hirðstiorar: Þes leg ek hond a hælga bok oc þvi skytr ek til guðs at ek skal vera trur oc hollr minum herra .N. Noregs konongi bæði løynilega oc openberlega. Styrkia skal ek hann oc hans riki með ollum raðom oc styrk minum. halda skal ek oc eiða þa sem hann hæfir ollo landz folki eftir þui viti sem guð meir ler. Sua se mer guð hollr sem ek sat segi gramr ef ek lygr.
9. Du serment des lǫgmenn.
9. Um læghmannz eið.
Maintenant, les lǫgmenn prêteront ce serment au moment voulu par le roi : « J’impose ma main sur le saint livre et je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement. Je dirai aux hommes que le roi a placés sous ma juridiction les lois que le saint roi Olaf a établies, et qui ont été acceptées par ses successeurs dans un accord mutuel entre les rois et ceux qui habitent dans le pays. Pour tous les cas où le livre des lois ne permettrait pas de trancher clairement, je jugerai chacun comme je voudrais l’être moi-même devant Dieu, le jour du jugement dernier, avec l’entendement que Dieu m’a donné, et avec le conseil des hommes sages, aussi bien les hommes puissants que les pauvres, jeunes comme vieux, amis comme ennemis. Puissé-je recevoir la grâce de Dieu si je dis vrai et son courroux si je mens ».
Nu skolu þenna eið logmenn sueria eða þan tima er konongr vil: Þess leg ek hond a hælga bok oc þvi skytr ek til guðs at ek skal vera hollr oc trur minum herra .N. Noregs konongi bæðe løynilega oc openbærliga. Þau log skal ek oc segia þeim monnum sem min herra skipar j mina logsogn sem hin hælgi Olafr konongr hof oc aðrir hans eftirkomandir hafa nu samþykt millum konongs oc þeirra er landet byggia með huara tueggia samþykt. En huervetna þar sem logbok skilr eigi skilriklega or, þa skal ek þvi huers manz mall døma sem ek vil andsuara firir guði a doms degi oc eftir viti þui sem guð ler mer oc þo með þeirra bezto manna raðe er þa ero hia mer sua vm rikan sem vm fatøkann, vngan sem vm gamlan. Vm osakadan sem vm sifiadan, sua se mer guð hollr sem ek sat segir gramr ef ek lygr.
10. Et ceci est le serment des bœndr.
10. En þetta er bonda eidar.
Et pour que les bœndr et le peuple reconnaissent leur obligation de se soumettre et d’obéir au roi de Norvège, autant d’hommes de chaque province que le roi le veut lui prêteront ce serment : « J’impose ma main sur ces saintes reliques et je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement, de tout mon pouvoir et de toutes mes forces, et comme tout bon sujet se doit de l’être envers un bon roi, j’honorerai tous mes devoirs conformément à toutes les lois et droits établis par le saint roi Olaf dans un accord mutuel entre les rois et ceux qui habitent dans le pays. Puissé-je recevoir la grâce de Dieu si je dis vrai et son courroux si je mens. Ce serment, je m’engage, et avec cela tous ceux qui sont sujets du roi, qu’ils soient nés ou pas, et qui jouiront du serment du roi, à le faire respecter ». Car le roi est responsable non seulement devant ceux qui sont présents au thing avec lui, mais aussi devant tous ceux qui sont restés chez eux.
En at bøndr oc alþyða viti sik þvi skyldare til eftirlætes oc lyðni við Noregs konongs, þa skolu þeir þænna eid sueria konongi, sua marger men or fylki hueriu sem honum likar: Þes leg ek hond a hælga doma oc þui skyt ek til guðs at ek skal vera hollr oc trur minum herra .N. Noregs konongi, bæðe løynilega oc openbarliga með ollum minum mat oc megin. Sva sem goðr þegn skal goðom konongi, veita alla loglega lyðskyldu með þeim ollum loghum oc lunendum sem hin hælgi Olafr konongr skipaðe millum konongs oc bonda med huara tueggia samþykt. Sva se mer guð hollr sem ek sat segir gramr ef ek lygr. Abyrgi ek mer þenna eið oc ollum þeim sem j konongsens þegnskyldu ero firir alna oc oborna, oc hans eiðs eigu at niota, ero eigi at eins skyldugir þeir at halda þenna eið er sueria. hældr allir þeir sem j hans þegnskyldu ero alnir oc oborner. Þvi at Noregs konongr er iamfnskyldr þeim til rettra mala er heima ero sem hinum er þa ero a þingino hia honum.
Il en est aussi ainsi que tous les hommes qui sont dans ce pays lui doivent fidélité même s’ils ne lui prêtent pas serment. Qu’il soit aussi su que le roi est tenu de garantir la justice autant devant les enfants nés durant les dernières années de la vie du roi que devant l’homme qui lui prête serment au premier thing. Car il en est ainsi que lui doivent fidélité tous ceux qui veulent jouir de la loi et en être dignes. Alors le roi et les évêques, les clercs et les barons et tout le commun peuple suivront la Sainte Croix et les reliques sacrées, de retour à l’église. Puis le roi se rendra à l’autel et tous les hommes de haut rang le suivront. Et le roi offrira une réception ce jour-là aussi royalement qu’il sied.
Sva ero oc hinir allir honum skyldugir þeir sem j landeno ero til alz trygleiks, þo at ei sueri allir trunaðar eið. Þat vita oc allir at þat barn er føt verðr a siðazta are konongs vars. at konongr er iamfnskyldr þvi ret at gera sem þeim manni er honum suor eið a fyrsta þingi. Sva ero oc allir iamfnskyldir til alz trygleiks, þeir sem laganna vilia niota oc þeirra vera verðir. En konongr oc byskopar lærðir men oc barrvnar oc ol alþyða skolo fylgia hinum hælga krosse oc hælgom domum aftr til kirkiu. Siðan gangi konongr til alteris oc fylgi honum allir hinir bezto menn. En konongr veiti veizlu þan dag sva sem kononglegt tign høyrir til.
11. Des handgengnir menn du roi.
11. Um handgengna men konongs.
Le jour suivant, le roi fera souffler dans la corne pour convoquer tous les handgengnir menn. Alors, tous les hommes prêteront serment de fidélité au roi. Cependant tous ceux qui étaient déjà auparavant ses handgengnir menn, aussi bien les lendir menn que les skutilsveinar*, ne se verront pas confirmer leur rang une deuxième fois ou d’une autre manière, mais tous les sverðtakarar* prêteront eux serment au roi19. Quoi qu’il en soit, chacun recevra son rang avec les mêmes honneurs. Mais au cas où quelqu’un porterait atteinte à la Couronne, il serait traité comme défini par la loi et les décrets royaux, avec miséricorde et sur le conseil des bons hommes.
Hin nesta dagh æftir skal konongr lata blasa til tals ollum handgengnum monnum, þa skulu aller menn gera konongr tryglæik oc uinna æiða. En aller þæir sem aðr varo handgengner, skulu æcki annat sinni huarki lendir men eða skutilssvæinar taka með oðrum hætte sinar nafnbøtr nema geraz aller sværdtakarar konongs með æiði oc hafe þo huærr sinar nafnbøtr æftir iofnum sømdom. En ef nokorer hafa misgort uið konongdomen, þa fare þat æftir logum oc konongs skipan með miskunn oc goðra manna raðe.
12. le roi investira le duc dans sa hird de la manière suivante.
12. Með þæim hætte skal konongr hertoga gera i hirð sinni.
Maintenant, si le roi, sur le conseil des bons hommes, investit un duc dans le pays lui-même, ce sera celui qui par ses droits d’héritage sera né pour cela selon la loi, et qui sera de lignage royal. Cela se fera alors de la manière qui suit, si cela est nécessaire. Quand le roi investira le duc, pour son salut et son honneur, le roi fera alors souffler la corne pour convoquer tous les hommes au thing où qu’il se trouve.
Nu ef konongr gerer hertogha innan landz með goðra manna raðe, þan þo sem med rettum erfðum er til þess boren æftir loghum oc af rettre kononga ættenne komen, þa skal sa hattr þar a vera sem her fylgir ef til þess þarf at taka. Þan tima sem konongr gerer hertogha ser til lettes oc sømdar, þa skal konongr lata till þings blasa þar sem han er staddr ollum monnum.
Dès lors que le thing est en session, le duc20 s’assiéra sur la marche devant le haut siège du roi. Et puis, celui que le roi a désigné parlera d’abord des choses qui seront estimées les plus appropriées. Puis après cela, le roi lui-même se lèvera et lui donnera le titre de duc par les mots qui suivent : « Ce titre que je te donne – et on nomme le nom du duc, [Nom] – au nom de Dieu et de l’autorité qu’il m’a confiée, je te le donne en toute bienveillance. Que Dieu lui-même accorde sa miséricorde en tout ce qu’il juge convenir le mieux pour sa gloire, pour mon honneur et mon salut, pour ton succès et ta prospérité, et pour la paix et le bonheur de tous ceux que je place sous ton autorité par la divine providence ». Une fois qu’il lui aura remis son titre au duc, le roi prendra sa main et l’assiéra sur le haut siège, à côté de lui. Le roi lui donnera une épée et la lui placera entre les mains pour qu’il soit connu de tous qu’il détient son duché de la Couronne et qu’il est son sverðtakari, pour faire respecter la loi et la justice, pour châtier l’injustice, pour aider son roi et lui fournir son fidèle conseil, et pour l’honneur et la protection du royaume, autant qu’il le peut avec l’aide de ses hommes21. Puis le roi lui donnera un étendard. Par cela, le roi engage tous ceux qui seront obéissants et soumis au duc, et que le roi a placé sous l’autorité ducale, et sur tout ce qui est déjà établi par la prise d’épée du duc, à soutenir et renforcer son duché par tous les moyens et l’obéissance telle qu’elle est définie par la loi. Ces deux choses, le duc les recevra du roi, debout. Puis le duc s’avancera et prêtera serment sur la loi et sur les saintes reliques avec la même formule qui a déjà été donnée dans le serment du roi.
At skipaðu þingi skal hertogha æfni sætiaz a skorena firir hasæti konongs. En siðan skal sa sem konongr skipar til fyrst tala um þa luti sem liklegazt þikkir. Siðan eftir þat skal konongr sealfr upp standa oc gefa honum hertogha nafn með slikum orðom sem her fylgia: Nafn þat sem ek legg a þik, oc næfni hertogha æfni .N. af guðs halfu, oc þui uallde sem han hæfir mer lett. Þat gef ek þer með goðuilia, late sealfr guð þui sina miskun fylgia með ollum þæim lutum er han ser at þer høfer hællzt til hans tignar oc minnar sømdar oc lettes, þer till fræmdar oc farsælo, ollum þæim til friðar oc fagnaðar sem ek fa undir þit ualld með guðs forsio. Siðan er honum værðr gefet hertogha nafn þa skal konongr taka i hond honum oc setia han i hasæti hia ser. Konongr skal gefa honum sværð oc fa honnum i hond. Skal han i þui uið kennazt at han helldr þan hertoghaðom af konongdominum oc er hans sværðtakare rettom til styrks, rongum til refsingar, kononge til lettes oc hans hollu raðe oc riki oc sømd til værndar oc uirðingar huar sem han ma sinu liði uið koma. Sidan skal konongr gefa honum merki til þess at konongr skylldar alla þa honum æftirlata oc auðkuæða vera sem han skipar undir hans ualld um allt þat sem aðr uattar i hertogha sværðtaku, oc hans hertoghaðom i ollu styðia oc styrkia til þess æfnis oc allrar loghlegrar lyðni. Þetta huartvæggia skall konongr standande fa hertogha. Siðan skal hertoghe ganga fram oc sveria æið at loghum oc at helghum domum med þæim æiðstaf sem aðr er skipaðr æftir konongs æið.
13. Des honneurs et des usages qui sont associés au titre ducal.
13. Vm sømd ok siðsemd huær fylghir hertogha namfne.
Maintenant, nous allons énoncer les honneurs qui accompagnent le rang de duc. À l’approche d’une ville, le duc devra avoir un étendard devant lui, qu’il soit à cheval ou sur un bateau, à moins que le roi ne le précède. Le duc peut, s’il le désire, prendre une suite de quatre hommes quand il est aux côtés du roi, mais jamais de plus de six. Cependant, si la sécurité du roi l’exige, le roi peut augmenter l’escorte, que le duc soit à proximité du roi ou pas. Le duc aura entière autorité sur la partie du pays que le roi lui aura confiée pour collecter les amendes, dans le respect de la loi et en faisant preuve de miséricorde. Cependant, il ne pourra pas mobiliser plus de troupes que le roi, à moins que le roi ne lui ait donné son accord et si les circonstances l’exigent. Il ne devra pas non plus céder les terres que le roi lui aura confiées. Néanmoins, il doit pouvoir laisser à ceux qu’il aime la possibilité d’en jouir tant qu’il maintient son autorité sur celles-ci. Il n’aura pas, non plus, plus de handgengnir menn que ce que le roi et les hommes sages considèrent comme adéquat. Mais si le duc accroît sa hird malgré l’interdiction du roi, alors seront déclarés traîtres tous ceux qui par la suite ont juré serment au duc bien qu’ils aient eu connaissance de l’interdiction du roi.
Nu skall segia til þæirra sømda sem fylgia hertogha nafne. Merki skal hertoghe hafa firir ser huart sem han riðr til bøar eða rør, nema konongr se firir. Hertoghe ma hafa þegar honum likar fylgðar men ser .iiij. þa er han er ner konongi, alldri þo flæiri en .vi. at konongr auki fylgðar halld, huart sem han er ner kononge eða fiarre, nema nauðsyn varygð krefi su þo at kononge se urug. Hertoghe skal frealslegha raða firir þæim luta landz sem konongr fær honum at sakar øyri eftir loghom með miskun, nema æigi skal han hafa støri utboð en konongr, nema konongr samþycki þat með honum firir æinna huæria nauðzsynia saker. Æighi skal han ok gefa iarðer þær sem konongr væitir honom. Væita ma han þæim sem honum likar meðan han hefir ualld ifir. Æighi skal han oc fleiri handgengna men hafa en konongr oc uittrir men sea at til høyrir. En ef hertoghe aukar siðan hirð er konongr firirbyðr honum, þa ero þæir aller landraða men er siðan sveria er þæir uitu konongs forboð a.
Le duc ne pourra pas quitter le pays sans la permission du roi. Le duc ne conclura aucun accord avec aucun des chefs avec lesquels, pour des raisons valables, le roi est en désaccord. Le duc ne pourra pas fréquenter les hommes avec lesquels le roi est fâché et contre sa volonté. Maintenant, s’il survient une guerre dans le pays, alors le duc et tous ses hommes devront prêter main-forte au roi en toutes circonstances. Au cas où le duc, pour des raisons valables, aurait besoin d’aide, alors le roi lui fournira le plus grand soutien que les bons hommes estiment être suffisant. Mais, lorsque le roi, le duc et leurs troupes seront en guerre, ils se comporteront envers chacun comme s’ils faisaient partie d’un seul et même groupe. En temps de paix comme en temps de guerre, le duc devra également se rendre là où le roi, après mûre réflexion, le requiert, et là où il accepterait lui-même d’envoyer ses propres hommes, ceux qu’il juge être les plus aptes. Les hommes du duc devront répartir les devoirs de garde et toutes autres activités de guet en fonction du nombre d’hommes, et, de même, quand le duc est en présence du roi, tous les tirages au sort et partages de butin se feront en tenant compte du nombre juste d’hommes.
Æigi skal hertoghe or lande fara nema konongs løyui se til. Uið engan þan hofðingia skal hertoge sattr vera sem konongr er usattr uid firir loglegar saker. Æigi skal hertoge þa men hallda er konongr er ræiðr mote hans uilia. Nu ef sva ber uið at ufriðr er i land, þa skal hertoge uera skylldr kononge i ollum nauðzsynium oc aller hans men. Kan oc hertogha loghlegh nauðsyn til at bera, þa skal konongr fa honom sva mykin styrk sem goðer men sea at bæzt ber. En hueruetna þar sem þæir ero i ufriði saman konongr oc hertoghe oc þæirra men, þa skal sua vera huer til annars sem þæir se aller or æinu logunøyti. Skylldugr skal hertoghe oc til vera i friði oc ufriði at fara þær færðir er konongr byðr honom með skynsemd oc han uil sina men sealfs til senda þa sem honum er uæl til. Uardhalld oc allar aðrar niosner skulu hertogha men iamnt hallda uið konongs men at manmærgð oc sva i ollu lutfalli ok lutskipti eftir retto mantale ef hertoghe er með kononge.
La place du roi est la première dans chaque port. Le duc sera loyal et fidèle à son roi, et se gardera des dires et des conseils de ses ennemis. Si jamais le roi soupçonne son duc de trahison ou de déloyauté, cela sera examiné avec prudence, sans haine ni précipitation. Mais s’il [le duc] le conteste et qu’il est sûr de sa loyauté envers le roi, alors il proposera des otages pour assurer qu’une enquête soit menée légalement, et puis le cas sera examiné soigneusement avec le conseil des bons hommes, et conformément à la loi. Et si le duc ne veut pas se rendre auprès du roi et qu’il n’a pas un motif d’absence valable, et que le roi a proposé des otages ou en a exigé, alors la trahison du duc sera avérée et il sera reconnu coupable, ainsi que tous ceux qui depuis auront fait partie de sa suite ou lui auront été volontairement fidèles. Si le duc est jugé coupable ils seront alors tous déclarés hors la loi22.
Konongs læghe er fyrst i huerri hofn. Hertoghe skal vera kononge sinum hollr oc trur var oc sea uæl uið uvina1 røðum oc raðum. Ef sua kan til at berazt at konongr kennir hertogha sinum suikræðe eða utryglæik, þa skal þat með skynsemd ranzsaka, en æighi með bræði eða alaupum refsa. En ef han dyll oc træystizt han ser til tryglæika, þa skal han bioða gisla til ranzsaks rez. En siðan skal ranzsaka þat mal með skynsemd oc goðra manna raðe æftir loghum. En ef hertoghe uil æigi koma til konongs forfalla laust, þo at konongr bioðe gisla eða bæiðizt eða uærða svik son a hertogha hendi, þa ma han dømazt sannr at sok. Oc aller þæir sem siðan fylgia honum eða nokora lyðni væita honum losteger ef domr fællr a mal hans, þa ero þæir aller ubota men.
14. Les honneurs qui sont associés au rang de jarl23.
14. Huær sømd fylgia scal iarls namfne.
Maintenant, nous allons dire ce que certains ignorent plus que l’on pourrait s’y attendre et plus qu’il ne sied, et c’est au sujet des comtés ici en Norvège et du rang de jarl. On peut dire que les rois de Norvège ont élevé ces hommes au rang de jarl de plusieurs manières. La première manière est quand le roi de Norvège élève au rang de jarl ses fils légitimes, parfois ses frères légitimes ou des proches par mariage, et leur confie des terres, partout dans le royaume où il pense être le mieux, et en des termes qu’il a lui-même fixés. Ces droits ne seront en aucune façon héréditaires, même si certains l’ont, à tort, revendiqué. Il est donc mis à la connaissance de tous que ces comtés-là n’ont jamais été héréditaires et n’ont jamais été hérités, et de cela il y a assez d’exemples pour en juger. En second lieu, il n’y a pas dans le pays de parties spécialement destinées à être des comtés. Au contraire, les rois ont investi les jarls avec des terres du pays comme ils l’ont désiré, parfois dans la région soumise à la loi du Frostathing, parfois dans la région soumise à la loi du Gulathing, parfois dans le Viken, et très souvent dans l’Oppland24, et parfois éparpillée dans tout le pays, et il s’agit alors de petites parties.
Nu skal sægia til þess sem vera ma at sumum se ukunnulegare en von være at oc til høyrði, oc er þat um iarls doma her i Noreghe oc iarls nofn. En men meghu skilia at med þæim hattom hafa Noreghs konongar gefet monnum iarls nofn i Noreghe. Sa er en fyrsti hattr er Noreghs konongr gefr sunum sinum skilgetnom iarls nofn, en stundum brøðrom sinum skilgetnom eða namaghum oc væitir þæim slikt af lande oc þo i þæim stoðum rikisins sem honum syniz með sliku skilorðe sem han skipar. Oc a þat með engu mote i ærfð at ganga þo at sumer hafe ranglega uið klengzt. Er þat fyrst til uitnis burðar at þesskyns iarlldomr heuir æcki ærfðum til oc æcki hæuir han i ærfðir gengit sem nog ero døme til. Þat annat at huerghi finzt i landenu nokor lutr æinkaðr til iarldomsins. Hælldr hafa konongar uæit iarlum af landinu slikt sem þæim hæuir likat stundum i Frostaþings loghum, en stundum i Gulaþings loghum, stundum i Uikinni oc alloft a Upplondum, en stundum i ollum lutum landzsins oc þui smærom saman.
Très souvent, les rois ont aussi repris ce qu’ils avaient confié à un jarl dans une partie du pays, et ont donné au jarl une autre partie que le roi jugeait plus appropriée. Aujourd’hui, il n’existe ni fermes, ni terres ou alleux, ni aucun lieu en Norvège qui puissent être considérés comme un bien comtal, mais chacun [les jarls] a eu autant et selon les conditions que le roi a jugées le mieux. En troisième lieu, et c’est celui que les hommes sages considèrent comme le plus important, les rois sages ont souvent découvert des mensonges commis par des jarls, parfois à leur encontre et parfois à l’encontre de leurs ancêtres, et pour cela, il est le plus juste que le roi ait en son pouvoir d’avoir la majorité de l’héritage de ses pères, et de fait, de le transmettre à celui qu’il trouve le plus loyal et le plus à même d’accomplir sa charge, aussi bien dans le pays lui-même qu’en dehors. Car tout le pays est sa propriété et son alleu, et il n’est pas certain que les choses seraient meilleures même si d’autres choses ont été essayées. Quatrièmement, et ce qui est le plus évident, est que pendant de longues périodes, il n’y a pas eu de jarl en Norvège, et cela à la satisfaction du peuple, car rarement les petites gens ont amélioré leur condition quand la souveraineté du royaume se voyait partagée entre plusieurs en même temps.
Alloft hafa þat oc konongar tækit til sin sem þæir hafa væit hinum sama iarle i æins huærium luta lanzsins oc fenget iarlle þar annar staðar sem kononge høvir þot tilfellilegazt. Nu finnazt oc huærghi hælldr bu ne iarðer eða oðoll i Noreghe i nokorum stað þau sem iarlldomenum se æinkannat uttan þær hæuir huærr haft oc sua mykit oc með slikum hætte sem kononge heuir synzt. Þat er hit þriðia er uittrum monnum synizt mest at snotter konongar hafa oftlega funnit uæinorð iarllanna stundum til sin en stundum til sinna forellra, oc þui er þat rettazt at konongr hafe i sinu vallde at søma þan mæst af sinni faður læifð oc fræmia þan sem han finnr ser hollaztan oc sik uil mæst uið læggia hans boðskap at gera bæðe innan landz oc uttan. Þui at hans æign oc oðall er alt landit, oc æighi er handsællt at bætr gefizt þo at annars se a fræistat. Þæt2 er hit fiorða sem liosazt er at oft høuir longum stundum ængi iarll veret i Noreghi oc hæuir þat almuganom høgazt veret, þui at sealldan hæuir rettr smælengsins uið þat batnat at marger hafa yfirboðarner veret i senn.
15. Du second type de comté : les territoires tributaires.
15. Um annan hatt iarldoms til skatlanda.
Il y a un autre type de titre de jarl qui est celui que le roi de Norvège donne aux hommes qu’il investit sur ses territoires tributaires. Tout d’abord les Orcades, selon les termes figurant dans le traité entre le roi Sverre Sigurdsson et le jarl Harald25, et selon les autres dispositions qui apparaissent dans l’accord conclu entre le roi Magnús VI Hákonsson et le jarl Magnús III Gilbertson lors de leur réconciliation à Bergen quand 1 267 hivers eurent passé depuis la naissance de notre seigneur Jésus-Christ, dans la quatrième année du règne du roi Magnús VI Hákonsson26. Alors aussi, si le roi donne un jarl à l’Islande27, en des termes jugés par le roi, selon la volonté divine et le conseil des hommes sages, alors chacun doit employer [la procédure] ici dite, décrivant comment le jarl est investi d’après la loi et, en plus, tout ce qui en dépend dans ce qui suit.
Sa er annar hattr iarls nafns er Noreghs konongr gefr þæim monnum er han skipar ifir skatlond sin. Fyrst Orknæyiar uið þui skilorði sem vattar sættar skraa Suærris konongs oc Haralldar iarls oc með þæim flæirum æinka malum sem komu i sættar giærð Magnus konongs Hakonar konungs sunar oc Magnus iarls Gillibærzt sonar þa er þæir sættuzt i Biorgwin þa er liðnir varo fra burðar tima vars herra Jhesu Christi. .m. vættra .cc. vættra .lx. oc .vij. uættr a .iiij. are rikis Magnus konongs, sunar Hakonar konongs. Sva oc ef konongr gefr iarl til Islandz með sliku skilorðe sem kononge syniz með guðs forsio oc goðra manna raðe. þa ma til huarstvæggia þæirra þan hatt nyta sem her sæghir æftir loghum huærsu iarll skal gera, oc sva þat flæira sem her til høyrir af þui sem þar fylgir.
16. Le roi investira le jarl de cette manière.
16. Með huærium hætti konongr skal iarl gera.
Quand le roi investira un jarl, pour son honneur et son salut, il fera souffler la corne pour convoquer tous les hommes présents au thing où il [le roi] est. Et puis, quand le thing sera en session, le jarl28 s’assiéra sur la marche face au haut siège du roi. Puis celui que le roi a choisi prendra la parole en premier sur les sujets qui semblent les plus appropriés. Puis, après cela, le roi lui-même se lèvera et lui donnera le titre de jarl avec ces mots : « Ce titre que je te donne – et on nomme le nom du jarl, [Nom] – au nom de Dieu et de l’autorité qu’il m’a confiée, je te le donne avec bienveillance. Que Dieu lui-même accorde sa grâce en tout ce qu’il juge convenir le mieux, pour sa gloire, mon honneur et mon salut, pour ton succès et ta prospérité, et pour la paix et le bonheur de tous ceux que je place sous ton autorité par la volonté divine ». Après qu’il aura reçu le titre de jarl, le roi prendra sa main et l’assiéra sur un haut siège à côté de son propre haut siège, à bonne distance. Le roi lui donnera une épée et la lui placera entre les mains pour qu’il sache qu’il tient son comté de la Couronne et qu’il est son sverðtakari pour le soutien des justes, le châtiment des injustes, pour aider le roi et lui fournir son fidèle conseil et pour son pouvoir et son honneur, pour le protéger et l’honorer autant qu’il le pourra avec le soutien de ses hommes. Puis, le roi lui donnera un étendard signifiant que tous lui seront obéissants et soumis, et que le roi a placé sous l’autorité du jarl tout ce qui a déjà été sanctionné par la prise d’épée du jarl, pour affermir et soutenir son comté par tous les moyens et pour obtenir l’obéissance de tous, selon la loi. Ces deux choses, le jarl les recevra du roi debout. Puis le jarl s’avancera et prêtera serment sur les saintes reliques avec la formule qui a déjà été donnée dans le serment du roi.
Þan tima sem konongr gerer iarll ser til sømdar oc lettes, þa skal konongr lata til þings blasa þar sem han er staddr ollum monnum. Oc at skipaðu þingi skal iarls æfni sætiaz a skorina firir hasæti konongs. En siðan skal sa er konongr skipar til fyrst tala um þa luti er liklegazt þyckir. Siðan skal æftir þat konongr sealfr upp standa oc gefa honum iarls nafn með þessum orðom: Nafn þat sem ek leg a þik, oc næfni iarls æfni .N. af guðs halfu oc af þui uallde sem han hæuir mer let. Þat gef ek þer með goðuilia. late sealfr guð þui sina miskun fylgia með ollum þæim lutum sem han ser at þer høfer hælzt til tignar oc minnar sømdar oc lettes, þer til fræmdar oc farsælu ollum þæim till friðar oc fagnaðar sem ek fa undir þit ualld með guðs forsio. Siðan honum værðr gefet iarls nafn, þa skal han taka i hond honum oc sætia han i hasæti ut i fra sinu hasæti goðan mun. Konongr skal gefa honum sværð oc fa honum i hond, skal han uið þui i kennazt at han hælldr þan iarldom af konongdomenum oc er hans sværðtakare, rettom til styrks rangum til refsingar. kononge til lettes oc hans hollu raðe ok riki oc sømd til uærndar oc uirðingar huar sem han ma sinu liði uið koma. Siðan skal konongr gefa honum merki til þess at konongr skylldar alla þa honum æftirlata oc auðkuæða vera sem han skipar undir hans ualld, um allt þat sem aðr uattar i iarls sværðtoku, oc hans iarldom i ollu styrkia oc styðia til þess æfnis oc allrar loglegrar lyðni. Þetta huartuæggia skal konongr standande fa iarli. Siðan skal iarl ganga fram oc sveria æið at hælghum domom med þæim æiðstaf sem aðr er skraðr æftir konongs æið.
17. Les honneurs qui sont associés au rang de jarl.
17. Huer sømd fylgia skall iarls nafne.
Maintenant, nous allons énoncer les honneurs qui accompagnent le rang de jarl. À l’approche d’une ville, le jarl devra avoir un étendard devant lui, qu’il soit à cheval ou sur un bateau, à moins que le roi ne le précède. Quand il ne sera pas en présence du roi, le jarl aura une escorte, mais jamais de plus de six hommes. Le jarl aura entière autorité sur la partie du pays que le roi lui aura confiée pour collecter les amendes, dans le respect de la loi et en faisant preuve de miséricorde. Cependant, il ne pourra pas mobiliser plus de troupes que le roi, à moins que le roi ne lui ait donné son accord, ou si les circonstances l’exigent. Le jarl ne devra pas non plus céder les terres que le roi lui aura confiées. Néanmoins, il doit pouvoir laisser à ceux qu’il aime la possibilité d’en jouir tant qu’il maintient son autorité sur celles-ci. Il n’aura pas, non plus, plus de handgengnir menn que ce que le roi et les hommes sages considèrent comme adéquat. Mais si le jarl accroît sa hird malgré l’interdiction du roi, alors seront déclarés traîtres tous ceux qui par la suite ont juré serment au jarl bien qu’ils aient eu connaissance de l’interdiction du roi.
Nu skal sægia til þæirra sømda er fylgia iarls nafne. Jarll skal hafa merki firir ser huart sem han riðr til bøar eða rør, nema konongr se firir. Jarl skal hafa fylgðar men ser þegar æighi er ner konongr, alldri þo fleiri en .vi. Jarl skal frealslega raða firir þæim luta landz sem konongr fær honum at sakar øyri eftir loghum með miskun, nema æigi skal han støre utboð hafa en konongr, nema konongr samtycki þat með honum firir æinar huæriar loglegrar nauðsyniar saker. Æigi skal jarl oc gefa iarðer þær sem konongr væitir honum. Væita ma han þæim sem honum likar meðan han hæuir ualld ifir. Æigi skal han oc flæiri handgengna men hafa en konongr oc uittir men sea at til høyrir.
Le jarl ne pourra pas non plus quitter le pays sans la permission du roi. Le jarl ne conclura aucun accord avec aucun des chefs avec lesquels, pour des raisons valables, le roi est en désaccord. Le jarl ne pourra pas non plus fréquenter les hommes avec lesquels le roi est fâché et contre sa volonté. Maintenant, s’il survient une guerre dans le pays, alors le jarl et tous ses hommes seront obligés d’aider le roi en toutes circonstances. Au cas où le jarl, pour des raisons valables, aurait besoin d’aide, alors le roi lui fournira le plus grand soutien que les bons hommes estiment être suffisant. Mais, lorsque le roi, le jarl et leurs troupes seront en guerre, ils se comporteront envers chacun comme s’ils faisaient partie d’un seul et même groupe. En temps de paix comme en temps de guerre, le jarl devra également se rendre là où le roi, après mûre réflexion, le requiert, et là où il accepterait lui-même d’envoyer ses propres hommes, ceux qu’il juge être les plus aptes. Les hommes du jarl devront répartir les devoirs de garde et toutes autres activités de guet en fonction du nombre d’hommes, et, de même, quand le jarl est en présence du roi, tous les tirages au sort et partages de butin se feront en tenant compte du nombre juste d’hommes.
En ef iarl aukar siðan hirð er konongr firi byðr honum, þa ero þæir aller landraða men er siðan suæria er þæir uitu konongs forboð a. Æigi skal oc iarl or lande fara nema konongs se løyfi till. Uið engan hofðingia skal iarl satter vera sem konongr er usattr uið firir loghlegar saker. Æigi skal iarl oc þa men hallda er konongr er ræiðr mote hans uilia. Nu ef sva ber uið at ufriðr er i landi, þa skal iarl skylldugr vera kononge i ollum nauðsynium oc aller hans men. Kan oc iarls loghlegh nauðzsyn til at bera, þa skal konongr fa honum sua mykin styrk sem goðer men sea at bæzt ber. En huervetna þar sem þæir ero i ufriði saman konongr oc iarl oc þæirra men, þa skal sva vera huer til annars sem þæir se aller or æinu loghunøyti. Skyldugr skal iarl oc til vera i friði oc ufriði at fara i þær færðir sem konongr byðr honum með skynsemd oc han uil sealfs sins men till senda þa sem honum er uæl till. Varðhald oc allar aðrar niosner skulu iarls men iamfnt halda uið konongs men ef iarl er með kononge at manmærgð oc sua .i. ollu lutfalli oc lutskipti eftir retto mantale.
La place du roi est la première dans chaque port. Le jarl sera loyal et fidèle à son roi, et se gardera des dires et des conseils de ses ennemis. Si jamais le roi soupçonne son jarl de trahison ou de déloyauté, cela sera examiné avec prudence, sans haine ni précipitation. Mais si le jarl le conteste et qu’il est sûr de sa loyauté envers le roi, alors il proposera des otages pour assurer qu’une enquête soit menée légalement, et puis le cas sera examiné soigneusement avec le conseil des bons hommes, et conformément à la loi. Et si le jarl ne veut pas se rendre auprès du roi et qu’il n’a pas un motif d’absence valable, et que le roi a proposé des otages ou en a exigé, alors la trahison du jarl sera avérée et il sera reconnu coupable, ainsi que tous ceux qui depuis auront fait partie de sa suite ou lui auront été volontairement fidèles. Si le jarl est jugé coupable ils seront alors tous déclarés hors la loi.
Konongs læghe er fyrst i huærri hofn. Jarl skal vera kononge sinum hollr oc trur var oc sea uæl uið uvina raðom ok røðum. Ef sva kan til at berazt at konongr kenner iarle sinum suikræði eða utryglæik, þa skal þat með skynsemd ranzsaka, en æighi með bræðe eða alaupum refsa. En ef han dyl oc trøystizt han ser til tryglæika. þa skal han bioða gisla til retz ranzsaks, en siðan skal ranzsaka þat mal með skynsemd oc goðra manna raðe æftir loghum. En ef iarl uil æigi til koma konongs loghlegha forfalla laust þo at konongr bioðe gisla eða bæiðizt, eða uerða suik son a hende iarle, þa ma han dømazt sannr at sok. Oc aller þæir sem fylgia honum eða nokora lyðni væita losteger siðan, þa ero þæir aller ubota men.
18. Comment le roi investira un lendr maðr.
18. Huærssu konongr skal gera lendan mann.
Nous allons maintenant dire comment le roi investira un lendr maðr. Le roi investira un lendr maðr pendant la période de Noël ou à Pâques, ou pendant toute autre fête sainte importante, comme cela a été le cas auparavant. Et cela devra se produire après que les bénédicités auront été dits et que le repas aura été béni, mais avant que le roi ne se soit assis dans le haut siège. Là, avant de s’asseoir à la table, devant tous les hommes, dans le hall ou dans la salle de la hird, il fera alors une annonce avec ces mots : « Puisqu’il semble que cet homme – on nomme, [Nom] – est estimé de la plupart, en raison de ses services, alors le roi lui attribue un siège d’honneur ainsi que le plus haut rang qui soit au sein de la hird, avec le titre de lendr maðr. Le roi lui donne tous les droits qui suivent le titre de lendr maðr, entièrement, par la grâce et la volonté divine, avec les honneurs attenants au lendr maðr et les bénéfices (veizla*) qui reviennent de droit au lendr maðr. Et cela correspond à un bénéfice de quinze marcs ». Puis le roi convoquera deux lendir menn ou stallarar* ou merkismenn*, skenkjarar* ou dróttsetar*, ou les deux hommes les plus distingués de la hird, s’il n’y a pas de lendir menn présents, et leur demandera de mener cet homme face à son haut siège. Et alors le roi lui-même prendra sa main et le mènera au banc à sa droite et l’assiéra parmi les autres lendir menn. Mais il est juste que les lendir menn s’asseyent de telle sorte que soit assis le premier celui qui est le plus ancien en rang, et puis chacun selon son ancienneté de lendr maðr. Et cette ordonnance doit être respectée en quelque lieu que ce soit.
Nv skal til þess sæigia huærsu konongr skal gera lendan man. Konongr scal gera lendan man a iola tið eða pascha, eða a enum hæstum hatiðum, þui at sva hæuir veret at fornu. Oc scal þetta gort vera æftir þat sem borðuærs ero sogð oc matr er blæzsaðr aðr en konongr sætiz i hasæti. Oc scal þetta gort vera æftir þat sem borðuærs ero sogð oc matr er blæzsaðr aðr en konongr sætiz i hasæti. Þær skal lata lysa þa firir ollum monnum i holl eða hirðstofu aðr en han sætiz ifir borð med þessum orðom. Ef þat synizt at þenna man oc næfni .N. er flæstum er kunnigr at goðu, þa uil konongr firir sakar hans þionostu læiða han til sømdar sætis oc uirðingar nafnbota þæirra sem hæftar ero innan hirðar með lenz manz nafne, þan allan ret sem lenz manz nafne a at fylgia þa gefr konongr honum fulkomlegha með guðs miskun oc trausti, með lenz manz semd oc slikum væizlum sem byriar til lendz manz rettar. En þat er .xv. marka væizla. Siðan skal konongr kalla til sin .ij. lenda men eða stallara eða merkis men, eða skinkiara eða drotseta eða þa .ij. sem sømelegazter ero innan hirðar ef lender men ero æigi ner oc bioða þæim at læiða þan man fram til sin firir hasæti. Oc þa skal konongr sealfr taka i hond honum ok læiða han til sætes pallz til høgrar handar ser oc sætia han i annara lendra manna sæte. En með rettu þa æigu lender men sua at sitia at sa siti fyrstr sem fornazstr er at nafnbotum oc sva huærr siðan sem lengi hæuir veret lenðr maðr. Oc a þessi skipan at standa huærrvetna þar sem þæir hittazt.
19. Quels droits et bénéfices devront avoir les lendir menn.
19. Huærn rett ok væizlur er lendir men skulu hafa.
Les lendir menn obtiendront du roi le droit d’être les plus consultés et les plus respectés parmi les conseillers royaux sur tous les sujets importants au sein de la hird, et cela juste après le duc et le jarl. Lors des jours de fêtes saintes les plus importantes, les lendir menn seront dans l’escorte du roi. Ils seront aussi les premiers à porter l’épée du couronnement du roi si ce dernier porte sa couronne ou son diadème, à moins que le duc ou le jarl ne la porte déjà. Mais, étant les premiers des conseillers royaux, ils se doivent aussi d’être les plus loyaux, aussi bien secrètement qu’ouvertement, et de même d’être au-dessus des autres en cela et aussi bien en distinction et réputation. Les lendir menn auront aussi l’autorité de prendre des hommes, appelés húskarlar*, à leur propre service et pour le soutien du roi, mais pas plus de quarante, à moins que le roi ne l’y autorise. En son fief, au cas où le roi jugerait bon de lui en confier un, aucun lendr maðr n’aura le droit de s’approprier ou de vendre aucune des propriétés qui reviennent au roi et qu’il aurait obtenues en réparation de préjudices ou bien confisquées pour crime ou bannissement. Personne ne peut se voir confisquer ses propriétés ou ses alleux au profit de quiconque, si ce n’est Dieu et le roi.
Þan ret skulu oc lender men hafa með kononge at þæir skulu vera nest hertogha oc iarllum ener mæstu oc hinir hæstu konongs raðgiafar oc sva et sama innan hirðar um oll stormæli. Lender men skulu hallda a hæstum hatiðis dagum fylgð med kononge. Þæir skulu oc fyrstir bera uigslu sværð konongs ef han ber korunu eða garland, nema hertoghe eða iarl bere. En af þui at þæir skulu vera ener hæsto konongs raðgiafar þa ber þæim at vera hinir hollazstu bæðe løynilega oc openberlega. oc vera sua firir oðrum i þui sem i sømdom oc metorðom. Lender men skulu oc hafa uald oc taka ser men til trausts oc kononge sinum til styrks með huskarls nafne. Æigi flæiri en .xl. nema konongs løyfi se til. Allar þær æignir sem falla undir konong af udaða uerkum eða alæigu malum, eða utlægðar værkum þar sem lendr maðr hæuir len ef konongr uil honum syslu fa, þær ma ængi lendr maðr með rettu ser kanna ne brot lea. Æingi maðr ma oc firirgera æignum sinum eða oðlum uið nokorn, nema uið guð oc konong.
20. Si le roi accuse un lendr maðr de trahison.
20. Ef konongr kenner lendum manne landrað.
Si le roi accuse son lendr maðr de félonie ou de trahison, et qu’il ne puisse être présenté de témoignages à charge contre lui, alors il [le lendr maðr] se défendra selon la loi du pays. Il sied au roi, en toute occasion, de mener une enquête juste, et en particulier lorsqu’il s’agit de ses sverðtakarar et de ses officiers. Mais il ne doit pas châtier avec haine ou hâtivement, ou perdre son sang-froid sur des cas qui n’ont pas été examinés. Il doit plutôt veiller à ce que chacun à qui il donne un titre ou d’autres honneurs soit bien traité, à moins qu’ils ne se déshonorent eux-mêmes. Mais si le roi accuse son lendr maðr de trahison ou de félonie, et que le cas ne soit pas manifestement vrai, et est réfuté par le lendr maðr, alors le roi examinera ce cas lors d’une assemblée de la hird, s’il ne peut se décider en présence de moins d’hommes. Le roi ne peut pas légitimement refuser au lendr maðr qu’il fasse examiner son cas par l’assemblée de la hird, si ce dernier estime que son cas est défendable. Alors seront nommés les douze hommes les plus sages pour qu’ils considèrent dans quelle mesure le lendr maðr peut légitimement être reconnu coupable ou pas. Et si, après examen, ils estiment que son cas peut être défendu, alors le roi ne pourra pas lui refuser de le faire, comme les bons hommes, sur le conseil du roi lui-même, le jugent approprié et en accord avec les lois du saint roi Olaf.
En ef konongr kenner lendum manne sinum svikræði eða landrað, þa skal han með landzloghum undan flytiazt ef æighi fær loglega a han profat. Ret ranzsak høvir konongi a ollum malum at hafa, oc allra hællzt uið sina sværðtakara oc þionostu men. En æigi a han með bræði eða alaupum refsa eða ræiðazt at uranzsakaðum malum, gae hælldr uæl firir at sea huærium han gefr nafnbøtr eða aðrar sømder oc hallde uið alla uæl siðan þa sem æigi spilla sealfer firir ser. En ef konongr kenner lændum manne sinum landrað eða svik. Oc ero þær saker æigi openberar at sonnu oc dyl lendr maðr, þa scal konongr þat mal ranzsaka a hirðstæfnu ef æigi fær med famenne sætt. Æigi ma konongr með rettu synia lendum manne sinum hirðstæfnu at ranzsaka sit mal til rezt ef han þyckiz goða sok æiga at væria. Þar eftir skal næfna .xij. ena skynsamaztu men at lita a huart er þetta ma með rettu sannazt a hendi lendum manne æða æighi, oc ef þæim liz sua at ranzsakaðo þui mali at hann megi vndan førazt. Þa a æi konongr at synia honum undanførslu slika sem goðer men sea með sealfs konongs raðe oc logh hins hælga Olafs konongs eru til.
Les lendir menn ne doivent pas quitter le roi sans son accord, et d’autant moins dans une situation d’urgence ou en temps de guerre, à moins que, soit la maladie, soit la vieillesse ne les y contraigne. Alors, le roi ne devra pas les retenir contre leur volonté, même si le roi en a grand besoin. Si le roi prend connaissance de troubles et invite le lendr maðr à le rejoindre, et si celui-ci néglige de faire le voyage, alors cela sera considéré comme une trahison manifeste, à moins qu’il ne soit malade ou blessé. Il en est de même s’il [le roi] lui commande de se porter avec ses hommes contre ses ennemis, et d’être en première ligne, à moins que la supériorité numérique soit si importante que les hommes de bon jugement estiment cela déraisonnable. Maintenant, en temps de guerre, si des informations fiables sur des mouvements de troupes viennent à la connaissance du lendr maðr, il devra prévenir tous les hommes du roi ainsi que ses sujets. Il en est ainsi pour les hommes de la hird, les gestir* et les kertissveinar* et tous les hommes du roi qui en auraient aussi pris connaissance. Mais, si quelqu’un ne veut pas prévenir ou faire prévenir, et si cela provoque la mort d’un homme du roi, sera un lâche et s’exclura lui-même de la hird celui qui n’a pas voulu prévenir ses compagnons en danger de mort, indépendamment de son rang, alors qu’il aurait pu le faire. Mais s’il est capable de rejeter l’accusation, alors il sera déclaré innocent en accord avec le jugement du roi et de la hird.
Lender men skulu æigi skiliazt uið konong firir uttan hans got orlof, en allra sizt i nauðzsynium eða ufriði nema vallde annat huart uanhæilsa eða elli. Þa ber kononge æighi at hallda honum um fram uilia sin þo at almykil se konongs nauðzsyn til. Ef konongr spyr ufrið oc gerer lendum manne sinum boð til sin at koma oc firir næmzt han siðan þa færð, þa ero þat son svik uttan han se siukr eða sar, eða slikt et sama ef han byðr honum með liði sinu i mote vuinum sinum at fara oc firir at vera nema sva mykit ofrælfli se firir at æigi þikki skynsamum mannum vera til ført. Nu kømr hersagha son til lændz manz er han skylldr boð at gera ollum konongs monnum oc ollum hans þægnum þæim sem han ma uið komazt ef ufriðr hæfzt. Slikt hit sama eru oc skylldir hirðmen oc gester oc kiærtisvæinar oc aller konongs men ef þæir spyria fyr. En sa er æigi uil niosn bera eða bera lata. oc læzt konongs maðr i þui, þa er sa niðingr oc sealfsagðr or hirð er æigi uildi vara laugunaut sin uið dauða huat nafnbot sem han hæuir ef han matte þui uið koma. En han førezt undan eftir dome konongs oc hirðar ef dylia ma.
21. Du kanslar* et du hirðprestr*.
21. Um kanceler oc hirðpresta.
Le kanslar sera le plus éminent conseiller du roi au sein de la hird. Il aura les mêmes droits et rang que les lendir menn tant pour l’attribution des sièges que pour les autres honneurs qui lui sont dus. C’est la responsabilité particulière du kanslar que de veiller au sceau du roi aussi soigneusement que possible, et d’écrire les lettres que le roi lui dictera. Il devra aussi, constamment, veiller lui-même aux lettres au moment de leur scellement, car cela est extrêmement important, et plus que tout pour lui-même. Il s’appliquera le plus soigneusement possible à suivre les ordonnances du roi. Il notera par écrit aussi précisément que possible les propriétés qui sont achetées ou qui reviennent à la Couronne, de qui, et pour quelle raison. Il en est de même pour les terres que le roi donne ou bien confie à diverses personnes, et en quel hiver et de quelle année de grâce cela est fait. Il devra aussi, sous la direction et le conseil du roi, veiller à ce que les revenus royaux soient corrects, de telle sorte que ce qui doit être perçu le soit bien, et que ce qui doit être collecté le soit bien. Il entreprendra aussi les voyages que le roi lui ordonnera, et qu’il considérera comme nécessaire, aussi bien dans le pays qu’en dehors. Il devra assister le roi de la meilleure manière possible en tout ce qui est bon.
Kanceler a æin at vera med hæstum raðgiafum konongs innan hirðar. Han a at hafa ret oc metorð med lændum monnum bæðe i sæssum oc oðrum sømdum þæim sem honum byriar. Er þat æinkanlega skyllda kancelers at gøyma sem røkelegazt konongs inzsiglis oc gera þau bref sem konongr sægir honum firir. Han a oc þess iðulega at ga sea sealfr ifir bref þan tima sem þau ero inzsiglað, þui at þat steter stormunum oc sealfum honum mæst. Han skal hafa sik sem iðulegazt ner konongs raðum. Han skal oc skra sem skiluislegazt æignir þær sem køyptar værða eða falla undir konongdomen, af huærium eða firir huat. Sva oc þær iarðer sem konongr gefr eða uæitir imisum monnum oc huerium vættre anno gracie þat gerðizt. Sva skal han oc ga at landzskylldar skra konongs se rettar. þat a sæt sem a skal vera, oc þat af tækit sem af skal taka, með konongs forsio oc raðe. Fara scal han oc þær færðir sem konongr byðr honum oc han ser at byriar innan landz oc uttan, i ollu goðu vera konongs lettr sem mestr ma han.
Par cette ordonnance, le roi Magnús VI Hákonsson a établi en premier que le kanslar recevra dix merkrból* de tous ceux qui ont besoin d’un document attenant à la jouissance de droits divers. De plus, il recevra cinq merkrból pour chaque document, en supplément de ce qu’il reçoit pour les documents qui sont délivrés, comme il est stipulé dans le registre. De cette manière, le roi investira le kanslar : il fera souffler dans la corne afin de convoquer tous les handgengnir menn à une réunion de la hird. Puis, le roi annoncera qu’il donne à cet homme [Nom] son sceau avec les honneurs qui y sont attachés. Après cela, il s’agenouillera devant le roi et lui prêtera son serment de fidélité avec cette formule : « À cela, avec ma main sur le saint livre, je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement, où qu’il soit, en accord avec l’entendement que Dieu m’a donné. Ainsi, je garderai secret tout ce que le roi me demande de garder secret, avec l’aide de Dieu et des Saintes Écritures que je tiens dans ma main ». Maintenant, c’est pourquoi le roi doit particulièrement veiller à bien choisir pour cette tâche un homme qui, pour ainsi dire, sera le second confesseur du roi. Car il apprendra du roi beaucoup de choses que celui-ci consent à dire à peu de gens. Il incombe aussi au roi d’avoir deux hirðprestar dans sa résidence, des hommes de bon entendement et d’expérience, qui réciteront les offices pour le roi et recueilleront les confessions des handgengnir menn, et qui exécuteront tous les services qu’il convient, et qui assisteront le roi humblement en tout ce qu’ils pourront faire pour lui. Plus particulièrement, il conviendra que l’un d’eux assure le service divin dans la chapelle royale, tandis que l’autre s’occupe de ses vêtements liturgiques et des livres. Ce sont aussi eux qui, de tous les prêtres et autres clercs, entretiendront les rapports les plus confidentiels avec le roi, et devront de préférence être choisis parmi les hommes du roi et être honorables en tout point. Ils recevront aussi du roi un bénéfice de cinq marcs et deux vêtements à Noël, et ils recevront un tiers de la dîme des handgengnir menn comme la coutume le veut, et ils la partageront entre eux à parts égales. Car il est une ancienne coutume pour les birkibeinar* qu’aussi bien les hommes de la hird que les gestir paient la dîme de leurs revenus et que celle-ci soit divisée en trois parts. L’une sera partagée équitablement entre tous les évêques, en échange du droit pour les hommes du roi d’être enterrés là où il est de coutume. Les prêtres recevront la deuxième part pour leur service et la troisième ira à l’hospice de Varna29.
En þa skipan gerðe Magnus konongr sun Hakonar konongs, en kanceler scal hafa fyrst i væzlu .x. marka boll firir allra þæirra manna bref sem þurfu til imissa rettynda æftir loghum. Þar til scal han hafa .v. marka bol vm fram þæt sem han tækr firir þau bref sem ut løysazt, slikt firir huært sem vattar i brefa bok. Með þæima hætte skal konongr kanceler gera at han skal fyrst lata blasa til hirðstæfnu ollum handgengnum monnum. Siðan scal konongr lysa lata at han fær þæim manne .N. inzsigli sit með þæim sømdum sem þui fyllgia. Æftir þat scal han falla a kne firir konong oc sværia honum trunaðar eið með þessum æiðstaf: Þess leg ek hond a þessa hælgha bok oc þui skytr ek til guðs at ek scal vera hollr oc trur minnum herra .N. Noreghs kononge openberlegha oc løynilega, huar sem han er staddr, æftir þui uiti sem guð ler mer. Þui skal ek oc løyna sem konongr byðr mer at løynt se, sva hialpe mer guð oc þau en hælgu orð sem ek hælld a. Nu af þuisa ber kononge uæl at uælia man til þessa starfs, allra hællzt þar sem sva ma sægia at sa annar skripta faðer konongs. Þui at margs værðr han þess uar af kononge er han uil allfam oðrum sægia. Sva byriar oc kononge at hafa i garðe sinum .ij. hirðpresta ualenkunna men oc at uiti røynda þa sem kononge uæita tiðir oc høyra skripta gang handgenginna manna oc væita þæim slikt flæira embætta sem þar høyrir til, auðmiukir kononge til þess lettes sem þæir megu gera honum. Æinkanlega høuer uæl at annar se firir tiða skipan a kapellu konongs, en annar þæirra varðvæiti messu fotum hans oc bokum. Þæir æigu oc at vera hæimilegazter kononge af oðrum prestom oc lærðum monnum ut i fra hællzt tæknir vera af konongs monnum oc i ollum lutum sømder. Þæir skulu oc hafa af kononge .v. marka væizlu oc tvæn klæðe mote iolum, en af handgengnum monnum þan þriðiung tiundar sem aðr er forn vane a, oc skipta meðal sin i hælninga. En þat er forn siðr oc hæit Birkibæina at gera tiund af mala sinum bæðe hirðmanna oc gesta oc skipta i þriðiunga. Taka æin aller byskupar aller iafnt oc oðlaz konongs men þar i staðen groft i þæim stoðum sem forn er uandi a. Annan taka prestar firir sina syslu, þriðia tækr spitallen a Uarnu.
22. Comment le roi investira un stallari.
22. Huerssu konongr skal gera stallara.
Dans la hird du roi, les stallarar viennent après les lendir menn et le kanslar pour ce qui est des honneurs rattachés à leur rang, mais ils ont tous les mêmes droits que les lendir menn, d’après les lois du pays et les anciennes coutumes. Le roi investira le stallari après que les bénédicités auront été dits, de sorte qu’il annoncera auparavant à tous les hommes qu’il donnera à cet homme un tel rang ainsi que tous les honneurs qui lui reviennent d’après les anciennes coutumes. Puis le roi laissera deux skutilsveinar le conduire [le futur stallari] devant lui, et il le prendra lui-même par la main et le conduira au siège réservé aux stallarar, après quoi il [le roi] retournera à son haut siège. Ces devoirs incombent au rang du stallari : de suivre les ordres du roi quand il est à son service et au sein de la hird, de prendre la parole sur tout ce que le roi lui demandera aussi bien aux things que pendant les réunions de la hird. Le stallari devra prendre part à l’escorte du roi et mener les procès dans toutes les affaires que le roi lui confiera. Il devra aussi plaider la cause du roi sur tous les sujets d’importance que le roi est en droit d’attendre des hommes de la hird. Son devoir est aussi d’être présent à toutes les réunions de la hird et des gestir, et de chercher à trouver un règlement à tous les litiges dont il a la charge, sur le conseil du roi. Quand le roi se déplace en son pays, le stallari aura la charge des chevauchées et de ce qui y est nécessaire, selon les dispositions appropriées et en collaboration avec ceux à qui le roi a aussi confié ces tâches. Mais quand bien même le roi aurait confié au stallari certains offices ou autres bénéfices, et que celui-ci soit envoyé [en mission] par le roi, alors ses devoirs envers le roi et envers la hird resteront les mêmes à son retour, car les honneurs suivent le rang30.
Nest lendum monnum oc kanceler i hirð konongs ero stallarar at ollum sømdum. En ret allan æigu þæir slikan sem lender men at lanz loghum oc fornu fare. En konongr skal gera eftir þat er borðuærs eru sogð með þæima hætte at lata aðr lysa þui firir ollum monnum at han gefr þæim manne þuilikar nafnbøtr með þæim sømdom sem til høyrir æftir fornre ueniu. Siðan skal konongr lata .ij. skutilsvæina læiða han firir sek oc take sealfr i hond honum oc læiði han til stallara sætes. en siðan ganga aftr til hasætes. Þesse skyllda fylgir stallara nafne með konongs boðe i konongs þionostu oc innan hirðar at stallare skal røða alt þat sem konongr byðr honum, bæðe a þingum oc a hirðstæfnum. Stallarar skulu halda fylgð með kononge oc tala af konongs hendi þau mal sem konongr byðr honum. Han skal oc skylldr til vera at røða allar skylldar nauðzsyniar konongs af hirðmanna hendi. Hans skyllda er oc þat at vera a ollum stæfnum hirðar oc gesta oc sætta þa um oll þau mal sem þa skil a oc han er til kuaddr æftir konongs raðe. Stallare skal oc skipta ræiðskiota þæim sinnum sem konongr fær um land oc þess þarf uið æftir rettre tilskipan oc þæir men með honum sem konongr skipar til þess starfs. Ef kononge likar at fa stallara sinum syslur eða aðrar væizlur, oc sender han þa fra ser, þa er þo en sama skyllda þæirra bæðe til konongs oc hirðar allrar, þui at in sama sømd fylgir nafn botenne með skylldunni þegar þæir ero ner.
23. Comment le roi investira le merkismaðr.
23. Huerssu konongr skal gera merkisman.
Au sein de la hird, le merkismaðr est le plus proche en rang après le stallari, et il appartient de fait au roi d’examiner attentivement qui il choisira pour cette tâche et ce service. Et le roi investira le merkismaðr ainsi, en faisant souffler dans la corne afin de convoquer tous les handgengnir menn à une réunion de la hird, et en hissant sa bannière à une hampe. Puis, le roi fera annoncer par le stallari qu’il donne à cet homme ce rang ainsi que les honneurs qui lui reviennent d’après les anciennes coutumes, et cela correspondra aux droits dont bénéficient le lendr maðr aussi bien que le stallari tels qu’ils sont définis par l’amendement du roi Magnús VI Hákonsson31. Puis le roi saisira la hampe et la placera dans les mains du merkismaðr. Celui-ci baisera la main du roi au moment où il recevra l’étendard, et il le prendra alors en sa garde. Et c’est la fonction particulière du merkismaðr, aussi bien en temps de paix que de guerre, de porter l’étendard du roi dès qu’il l’exige. Il est aussi de son devoir d’être présent à toutes les réunions entre la hird, les gestir et tous les hommes du roi avec le stallari, et de chercher à régler tous les litiges dont il a la charge au sein de la hird, à la demande et sur le conseil du roi. Il sera aussi un conseiller privilégié du roi en tout ce qu’il peut faire et en tout ce que le roi lui demande aussi bien quand ils sont ensemble que quand ils sont séparés. C’est aussi la fonction particulière du merkismaðr de dormir dans la même résidence que le roi et d’être toujours sur le bateau du roi quand le roi se déplace à travers le pays.
Merkismaðr er nest stallara innan hirðar. oc þui ber kononge uæl firir at sea huærn han tækr til þess starfs oc þionostu. En sva skal konongr gera merkismann at han scal lata blasa til hirðstæfnu ollum handgengnum monnum oc lata binda merki uið stong. Þa skal konongr lysa lata stallara at han gefr þæim manne þa nafnbot með þuilikum sømdum sem siðvenia er til. En þat er lænz manz rettr sem stallara rettr eftir rettar bot Magnus konongs Hakonar sunar. Siðan scal konongr taka uið merkis stongenne oc fa i hendr merkismanne. Han scal minnazt uið hond konongs er han tækr uið merkinu oc bera siðan til uarðvæizlu. En þat er æinkanlegha sysla merkis manz bæðe i friði oc i ufriði at han scal bera konongs merki, þegar byðr honum. Hans skyllda er þat at vera a ollum stæfnum milli hirðar oc gesta oc allra konongs manna með stallarom oc sætta þa um oll þau mal er þa skil a innan hirðar eftir konongs boðe oc raðe. Han skal oc vera en mæste letter konongs i ollu þui sem han ma alæiðis koma oc konongr byðr honum bæðe ner oc fiærre. Þat er oc æinkanlega skylda merkismanz at sofa i þæim garðe sem konongr sealfr søfr oc iamnan a konongs skipi þegar konongr fær firir land fram.
24. Comment le roi investira les skutilsveinar.
24. Huerssu konongr scal gera skutilsvæina.
Au sein de la hird, les skutilsveinar sont après le merkismaðr en rang et en tous droits, car tout comme les lendir menn, les stallarar et les merkismenn, ils sont à juste titre appelés hirðstjorar. Nul office au sein de la hird du roi n’est plus honorable ni distingué que celui-ci, pour celui qui voudra y pourvoir honorablement et s’en acquitter consciencieusement, et le garder avec piété et attention. Il sied constamment à celui qui appartient à la hird et qui souhaite être considéré comme courtois et de bonnes manières32, de veiller à, et de garder à l’esprit en permanence, la façon dont on doit se comporter en tout, afin d’être considéré comme un homme d’honneur, et d’être un homme sachant se comporter avec dignité. Il est préférable, pour celui qui ne veut pas bien faire, d’avoir plutôt un rang tel que peu le remarqueront, que de solliciter de tels rangs et honneurs pour lesquels, par la suite, il devra subir les railleries des gens. Mais il est un heureux homme celui qui obtient des honneurs de la bonne manière, et qui peut alors remplir sa charge et servir loyalement son seigneur.
Skutilssvæinar ero nester merkismannum at nafnbotum oc ollum rette innan hirðar, þui at þæir hæita með rettu hirðstiorar med lendum monnum ok stallarum oc merkismanni. Engi er oc sømelegre ne fægri þionosta i allre konongs hirð en su, þæim sem hana uil með sømd røkia oc með skynsemd uið læita at nema oc varðvæita með athygle oc gaumgiæfi. Oft oc iðulega høyrir þæim oc høuer er høverskir oc kurtæisir uilia hæita at vaka oc um at hugsa með huærium hætte er han mege sva sinni meðfærð alla vega skipa sem han megi hellzt sømdar maðr af hæita oc siðsemdar maðr af vera. Bettra er þæim sem æigi uil uæl at ser hyggia at standa i þæirri nafnbot sem lit er gaumr at honum gefin. Hældr en læita þæirra nafnbota oc semdar er han se siðan með spotte oc haðe lægin af morghum. En sa er giftu maðr er ser kemr með goðom lutum fram till sømda oc kan uæl siðan at giæta oc sinum herra með hollostu þiona.
La procédure, à la fois honorable et ancienne, qui est employée pour l’investiture d’un skutilsveinn est que le roi fera appeler par le skenkjari devant lui celui à qui il veut donner ce rang. Cela se produira quand le roi est assis à la table, et après que la nourriture a été débarrassée et que les bassines pour se laver les mains ont été présentées. Un skenkjari, un dróttseti, ou un des skutilsveinar apporteront un récipient vide, muni d’un couvercle, et le placeront sur la table devant le roi. Le roi saisira le pied du récipient et le présentera à celui qui sera investi. Et il [le skutilsveinn] le saisira sous le pied, de ses deux mains, et baisera la main du roi, et fera le tour pour servir le roi à boire. Le skutilsveinn ne devra pas s’agenouiller devant d’autres hommes que le roi ou les chefs à qui, à la demande du roi, il servira à boire au moyen d’une coupe à couvercle. Il serait inconvenant et favoriserait arrogance et orgueil si les usages de la cour devaient s’appliquer différemment en fonction du rang des détenteurs d’offices et de la dignité des chefs.
Sa hattr er bæðe sømelegr oc forn at gera skutilsvæina sem aðr hæuir veret, at konongr late kalla skiænkiara þan till sin er han uil þat nafn gefa meðan konongr sitr ifir borðom siðan af er uist oll oc gefnar laugar. En skenkiare eða drotsette eða æinhuær skutilsvæin bere in tomt lokat ker oc sæti a borð firir konongen. Konongr take um stettena oc fae þæim sem gerazt skal oc take han baðom hondum undir stettena oc minnizt uið hond konongs oc gange siðan utar oc skenki kononge. Æigi ber oc skutilsvæini at falla a kne firir nokorum manne nema kononge oc þæim hofðingium sem han skenkir með loke eftir konongs boðe. Er þat umaklegt at þat se uirt til storlætes. hælldr til hofsemdar, at huær hattr se með hofe. Oc sva meghe skilia af meðferð þionostu manna græin oc metorð ifirboðanna.
25. Des droits et des devoirs des skutilsveinar.
25. Vm ret ok skylldu skutilsvæina.
Maintenant, le service des skutilsveinar les oblige à être de garde pour le roi pendant sept nuits, par deux à chaque fois, les plus anciens servant en premier. Il est le plus approprié que, pour toutes les gardes, ceux qui ont le plus d’ancienneté servent en premier et ainsi de suite selon les rangs et pour tous les groupes de la hird. Les skutilsveinar ordonneront aux lendir menn et aux stallarar de fournir leur service d’escorte les jours de fête. Ainsi, chaque jour de Noël, douze hommes de la hird devront faire partie de l’escorte. Les lendir menn et les stallarar seront exemptés du service d’escorte, hormis pendant les jours de fête. Mais nous ne nommerons pas ici de quels jours il s’agit car les déplacements du roi sont souvent changeants. Il peut aussi parfois arriver que le roi tienne un grand banquet pour des hommes qui viennent de pays éloignés, comme c’est souvent le cas, et alors ceux qui sont de service doivent demander au roi quand il souhaite augmenter le service d’escorte. Et de plus, même si de nouveaux33 hommes de la hird sont convoqués, il devrait tout de même y avoir des anciens, car aucune escorte ne peut être composée uniquement de jeunes ou d’anciens. Six hommes seront régulièrement de garde ensemble, et, si des skutilsveinar sont de service, il devra y avoir un des hommes de la hird avec eux. Et ils convoqueront aussi tous ceux qui sont convocables, disponibles et qui ont le plus d’ancienneté, qu’ils soient hommes de la hird ou bien kertissveinar. Seront aussi convoqués ceux qui ne sont pas touchés par la maladie. Un homme de la hird devra se présenter au roi la nuit précédant son service d’escorte. Les skutilsveinar devront au préalable demander au merkismaðr si le roi est opposé à quelqu’un en particulier au sein de la hird. Et, de même, si des personnes présentes en ville sont en froid avec le roi, alors celles-ci ne seront assignées ni au service d’escorte ni au service de garde.
Nv skal vera skyllda skutilsuæina i sinni þionostu at sinar .vij. netr skulu huerir .ij. halda stoðu firir kononge þæir sem fornazter ero. Þæt er tilfællilegazt at þæir siti i ollum stoðum fyrstir er fornazster eru, oc sva ber ollum iamnan i huærri nafnbot sem huær er i ollum loghu nøytum. Skutilsuæinar skulu bioða fylgð lendum mannum oc stallarom a hatiðis daghum. Sva skulu oc .xij. hirðmen huersdaglega hallda fylgð um ioll þo at lendir men hallde æigi eða stallarar, nema hatiðis daga æina. En þui nefnnum ver æigi hatiðis dagha at imislega berazt konongs ferðir til. Sva ma oc bera til stundum at konongr hafe storvæizlur firir þæirra manna saker sem koma af fiarleghom londum sem oft uæitir, oc þui gae þæir þes sem stoðu hallda at spyria konong ner han uil auka lata fylgðar halld. Sva oc þot boðet verðe nyium hirðmonnum þa skulu nokorer forner i vera, þui at engi er allr i sen ungr oc gamal. Sex men skulu hallda iamnan þes a millum oc þo at kertissuæinar hallde stundum þa skal þo æinhuær hirðmaðr i vera iafnan, þæim skulu þæir oc bioða sem hallda æigu oc halda megu oc fornaster ero huart sem þat eru hirðmen eða kertisvæinar. þæir skulu oc þæim bioða sem til eru fører firir siuklæika saker. Æina not skal hirðmaðr með kononge vera en honum se fylgð boðen. Skutilsvæinar æigu aðr at spyria merkisman ef nokorer ero þæir þar innan hirðar er kononge se mote skape. Sva oc ef nokorer koma til bøar þæir sem i konongs ræiði ero, þa skal þæim æigi fylgð ne uorð bioða.
L’ordre de servir dans l’escorte et dans le service de garde sera donné tôt dans la journée et sera réglé au plus tard quand le roi se rendra à table. Mais dans le cas où l’ordre est donné plus tard, alors celui qui aura convoqué trop tardivement ou incorrectement servira lui-même, et celui qui sera convoqué de manière incorrecte ne devra pas le faire à moins qu’il n’y consente. Toutefois, le moment où l’ordre de servir dans l’escorte ou dans le service de garde a été fait devra être confirmé par deux personnes présentes. Le service de garde à bord des bateaux sera aussi fait de la même manière. Mais quand le roi sera à quai ou arrivera tard dans le port, alors l’ordre sera donné le plus tôt possible après son arrivée au port. Il se peut aussi que le roi navigue, rame ou chevauche la nuit, alors seront crédités d’un service de garde complet ceux qui sont de service cette nuit-là, et qui sont sur le même bateau ou dans la même chevauchée que le roi lui-même. S’il devait arriver quelque chose, ils ne seront pas tenus pour responsables quand plusieurs font la garde avec eux et qu’ils font du mieux qu’ils peuvent, aussi bien à bord d’un bateau ou pendant la surveillance sur terre, ou en toute autre occasion. Mais ils seront crédités d’un service complet seulement s’ils sont en compagnie du roi comme il est stipulé précédemment. En temps de guerre, les skutilsveinar seront tenus de faire la garde comme les autres hommes en proportion de leur nombre. Ceux qui seront de garde ne seront pas obligés de faire la garde quand il y aura déjà assez de gens pour le faire. Mais ils devront par la suite remplir le service de garde par tirage au sort.
Fylgð oc uorðr skal boðen vera snimma dags oc skilaðr i sæinsta laghe þann tima sem konongr gengr til horðs. En ef siðar er boðen halde sealfr sa er siðar bauð eða rangt byðr, en hin skal æigi halda er rangt uar boðet at þui sinni nema han uili. En .ij. skulu sanna þæir sem hia varo, huervetna þar sem boðen er fylgð eða uorðr. En a skipi scal vorðr vera med enum sama hætte. En er konongr liggr i hofnum eða kemr sirðla til hafnar, þa scal bioða sem fyrst ma þegar til hafnar er komet. Kan oc sva til at berazt at konongr siglir rør eða riðr um nat þa scal þæim þat firir fult varðhalld tæliaz, sem þa not æigu ef þæir ero a þui skipi eða i þæirri ræið sem konongr sealfr fær. Æigu þæir æigi þes at giallda at fleiri vake med þæim þegar þæir gøyma þes allz sem þæir mego bæðe at umsigling a skipi eða vmskygning a lande oc þess flæira sem þæir fa alæiðis komet. En þui at æins kemr þæim þat firir fult at þæir se sva ner kononge sem aðr er sagt. Þan tima sem ufriðr er, þa ero sva skultilsvæinar skyllðir til at hallda uorð at mantale sem aðrer men, þæir sem stoðu æiga ero skylldir at hallda vorð meðan staða vinzt. En siðan hallde þæir æftir lutfalle.
26. Du dróttseti et du skenkjari.
26. Vm drotseta oc skiænkiara konongs.
Maintenant, c’est ainsi que le roi, sur les conseils de ses amis, devra choisir deux hommes parmi les skutilsveinar pour assurer le rôle de dróttseti et skenkjari, ceux qui lui semblent les plus appropriés, aussi bien par leur naissance que par leurs manières. Mais si le roi juge que d’autres sont plus aptes à cela, et ce bien qu’ils appartiennent à un rang inférieur ou ne soient pas de ses handgengnir menn, alors il les fera hommes de la hird et skutilsveinar avant qu’il ne les nomme à cela. C’est l’usage dans la plupart des pays que ce soient les plus hauts chefs qui choisissent les hommes pour ce service, car il est essentiel que la nourriture et la boisson soient servies de la plus belle manière à chacun en fonction de sa dignité, dans la maison du roi et en sa résidence, et qu’ils prennent correctement soin de ce service. Ces dépenses servent une bonne fin quand ceux à qui elles sont adressées sont satisfaits et reconnaissants envers ceux qui les servent et leurs hôtes.
Nv er þui nest at konongr scal kiosa með uina sinna raðe af skutilsveinum þa .ij. men ser til drottseta oc skenkiara sem honum þickia tillfællileger vera, bæðe firir ættar saker oc meðfærðar. En ef kononge þyckir æinhuærr annar helldr til þessa fallen þæir sem lægri eru at nafnbotum aðr eða æigi handgengnir. Þa scal han aðr gera þa hirðmen oc skutilsvæina en han skipi þæim til þess, er þat oc siðr i vælflæstum londum at ener hærstu hofðingiar vælia men til þessara þionostu þui at allmykit megu þæir at gera at fagrlega kome fram matr oc dryckr huærium æftir sinni stet i konongs herbirgi oc garðe ef þæir gøyma sinnar þionostu uæl. Er þa oc uæl staddr kostnaðren er þæim kemr uæl i hagh er hafa skulu en þæir kunnu þæim maklegar þakker firir sem gefr oc þæim sem firir ser.
27. Ici commence la deuxième partie du livre et sur le nom donné aux hommes de la hird.
27. Her hæfr annan lut bokar oc sægir af hueriu hirðmanna nofn ris.
Dans le passé, il était d’usage que tous les handgengnir menn du roi ou tous ses sverðtakarar soient appelés húskarlar. Depuis cela, les titres sont ordonnés par distinction et rang. Mais le nom de hirðmenn est donné à tous les gens qui servent le roi dans la hird du roi, car il est ainsi que la force du roi réside essentiellement dans sa hird. Les hirðmenn sont appelés ainsi car le roi est bien pris en charge quand il a une hird qui veille à sa personne et à son honneur, qui soit prête à donner sa vie, de son plein gré, aussi bien secrètement et qu’ouvertement, autant par les mots que par les actes, et qui veuille lui être loyale en tout et lui être profitable. Tous ceux qui souhaitent être de vrais hommes de la hird doivent bien se garder de tout ce qui est néfaste, et pas seulement pour soi-même, mais également pour tous les autres qu’ils peuvent détourner du mal et encourager à faire le bien, aussi bien par le bon exemple de leur comportement honorable que par des conseils et des enseignements utiles.
I fyrnskunni var sa siðr at aller þæir men sem kononge varo handgengnir eða sværðtakarar, þa varo aller kallaðer huskallar, þo at siðan græindizt nafnbøtr eftir sømdum oc metorðum. En af hirðmanna nofnum hæitir allt folk þat er kononge þionar hirð konongs, þui at þar er allr hafuðstyrkr konongs sem hirð hans er. Þui eru hirðmen kallaðer at þa er konongr uæl hirtr er han hæuir þa hirð er bæðe uil hans giæta uæl oc hans sømda oc glaðlega lif sitt fram læggia firir hans semda sakir oc honum openberlega oc løynilega i orðom oc i værkum hollr oc hagræðr vera. Þæir aller sem retter hirðmen uilia vera, þæim ber uæl at hirða sik fra ollu þui er unyt er. Oc æighi at æins sik sealfa. iamuæl alla aðra þa sem þæir megu fra illu draga oc til goðra luta æggia bæðe með æftirdømum sinna sømelegra meðfærða oc sva i hæilum fortolum oc nytsamleghom raðum oc kenningum.
28. Des hommes de bonnes mœurs et courtois.
28. Vm siðsemder manna oc høversku.
Lorsque nous évoquons le fait que les hommes doivent obéir aux usages honorables, notre volonté est de montrer aux hommes les origines de ces mauvaises habitudes et des vices que, selon nous, tous les bons hommes feraient bien de rejeter, d’éviter et dont ils devraient se garder. Il est d’abord et des plus utiles que, de toutes tes forces, tu34 prennes garde à ne pas provoquer ton éminent créateur et son saint sauveur Jésus-Christ, comme tu le Lui as promis à ton baptême. Avec tout le discernement que Dieu t’a donné, garde-toi en particulier des sept péchés capitaux35 qui sont la source et le fondement de tous les vices. Et les hommes sages les rangent de telle sorte qu’en premier vient la gloutonnerie insatiable en nourriture et en boisson, en grand excès, et en des lieux inappropriés. En deuxième, avec ces vices suit souvent un corps répugnant et impur dès lors que l’on se complaît dans une vie dissolue. Le troisième est l’avarice. Le quatrième est la paresse, quand on ne fait rien de bon. Le cinquième est la vantardise démesurée et l’orgueil insolent. Le sixième est la colère malveillante accompagnée d’une rancune mauvaise. Le septième est la convoitise funeste accompagnée d’une haine viscérale. De ces sept péchés capitaux croissent et prospèrent tous les péchés aussi bien petits que grands, et tous les autres maux et conduites inconvenantes, et, par cela, l’homme irrite son rédempteur bienveillant et son juste juge.
Með þui at ver røðom um þat at men skulu sømelegum siðum fylgia, þa vilium ver syna monnum upphaf þæirra usiða oc luta er ver ætlum at ollum goðom monnum høfe uæl at hafna fyrrazt oc uiðr at sea. Þat er fyrst oc nytsamlegazt at þu varizt með ollu kostgiæfe þinu at ræita þin halæita skapara oc hin blæzaðan lausnara Jhesum Christum. Sva sem þu hezt honum i skirn þinni. varazt oc æinkanlegha sem frammazt gefr guð þer skilning til, þau .vij. hofuðlyti sem rot oc grundvollr er allra lyta. En þau græina sva uittrir men at þat er fyrst ofnøyzla matar oc dryckiar uhofsamelega mykil oc i uviðrkømileghom stoðum nøyt. Þat er annat er þessu lyti fylgir oftazt, þat er full oc uræin likams sins lifnaðr þegar han er ofkatr alen. Þridia er sparleg sinka. Fiorða slenskapleg læti nokot got at að hafazt. Fimta er ivirgiærnlegt storlæte drambsamlegom metnaðe. Setta er hæiftugh ræði með grimmu langræke. Siaunda er sorgbitin ofund með hiartlegu hattre. Af þessum .vij. hofuðlytum kveykiazt oc alazt allar syndir bæðe smære oc støre oc oll onnur lyti oc ulutvende. Oc af þessu ræittir maðr mot ser sin mildazta lausnara oc en retlatazta domara.
Prends aussi soigneusement garde à tout ce que tu sais être inapproprié pour les officiers du roi et en particulier à tous les faux serments et mensonges. Prends l’habitude de dire la vérité et d’être constant dans tout ce que tu dis. En outre, veille à ne pas succomber à l’ivresse, car elle entraîne la perte de la santé, de l’entendement, des possessions et des compagnons, et ultimement et pire, l’âme se dissout quand l’ivrogne est incapable de prendre soin tant de lui-même que de Dieu, ou encore des bons hommes. Garde-toi aussi du brigandage et du vol, de l’adultère et de la fornication, des prostituées ou des jeux d’argent, de l’arrogance ou de l’orgueil et de convoiter les biens d’autrui, de la corruption ou des trafics, de boire tôt le matin ou tard la nuit, en dehors des heures où les hommes de bonnes mœurs ont l’habitude de s’asseoir ensemble, de tromper tous ceux qui te croient, des médisances ou des faux compliments, et de l’apathie et de toutes les formes d’indolence et de paresse, de la grossièreté ou des obscénités et de toutes sortes de mauvaises paroles. Rejette la tristesse et l’abattement, le chagrin et la haine. Par-dessus tout, abhorre la jalousie, car elle est mère de tous les maux. C’est le vice le plus commun et le pire, car c’est le plus douloureux pour celui qui le subit lui-même. Si quelque chose devait te déplaire, ne te précipite pas, mais réfléchis avec calme à la manière dont tu prendras ta revanche et contre qui, en veillant à ce qu’elle ne soit pas excessive ou dirigée contre un innocent. Chaque fois que l’homme fait face à ces vices, il a beaucoup à perdre, même pour celui qui cherche à être vertueux. Et plus les hommes sont soumis à toutes ces choses qui représentent un fardeau et un défaut pour l’homme, plus ces choses dissimulent ce qui rend le comportement vertueux et sont les bonnes manières de la hird, et cela concerne le plus grand nombre. Car la plupart des gens savent qu’une grande partie des hommes est plus encline à faire ce qui les dessert que ce qui les honore.
Varezt oc vandlega alla þa luti er þu væizt at usømelegir ero með konongs nafne oc allra hællzt ranga æiða oc alla lyghi. Væn þik æ þui at vera sanmalogr oc staðfastr i ollum orðom. Þar nest at þu giæter þin fra ofdryckiu, þui at af henne tapar margr hæilsunni bæðe oc uitinu, fe oc felaghum, oc þui siðarst sem mæst er at salen er oc tynd þar sem drukkin maðr ma æi sealfs sins giæta oc æigi guðs ne goðra manna. ran ok stuld, hordom oc friðlu lifi. Þortkonur eða dvfl, lausyrdi eða dramb oc ofmetnaðr oc agirnni annars fe, mutur eða mangara skapp, morgendryckiur oc natsetur firir utan þan tima er til þess er sættr i siðugra manna samsæte, þrettuisi alla uið þan sem truir þer, bakmæli eða lygilegh fagrmæli oc svæfn oc allan slenskap oc læti, blot eða bonnur oc allzskyns fulyrdi. Ritt af þer ryglæik oc uglæði sorgh oc hattre, varazt um fram alla luti ofund þui at hon er haufuð allra usiða. Hon er sa loftr er æin er mæstr oc þui vestr at hon er þæim sealfum uhøgazt er hana hæuir. Þo at þer misliki nokor lutr þa ver æighi braðr hælldr forseall huat hæfnd er þu at að væita eða huerium oc at æigi værðe ofhæfnt eða a uverðugum. Huer æin lutr sem manne fylgir af þessum lostum þa ma mykit spilla firir þæim manne er siðsamr uil vera. En æ þui flæiri er fylgia þæir lutir er manne værða til lasta eða lyta, þæim mun verða þæir lutir hælldr huldir er manne værða til hirðsiða eða siðsemda þo at þæir se iammarger eða flæiri. Þui at flester vita þat at mæstr þore manna er sa sem fusare er at flytia þa lute sem manne er hælldr til rops en lofs.
Nous avons maintenant exposé en quelques mots certaines de ces choses que nous croyons que tout homme qui souhaite être considéré comme vertueux, mais qui ne l’est pas, devrait éviter autant que possible. Nous avons révélé plus particulièrement ce dont on ne peut se prémunir sans savoir ce que c’est. Ainsi, nous avons plutôt abordé les vices que les vertus. Pour chaque homme qui souhaite prendre soin de ses biens les plus précieux, il sied d’abord de nettoyer le récipient ou le coffre où il souhaite conserver son trésor, de telle sorte qu’il puisse le garder plus propre et en jouir plus longtemps, sinon il peut rapidement être perdu ou, dans un moindre mal, se mélanger avec ce qui est mal, de telle sorte qu’il se distinguera à peine du mauvais. Bientôt le délicieux breuvage sera gâché par l’impureté du récipient, et le métal brillant ne luira qu’un court instant dans le coffre souillé. Mais si tu tombes dans une de ces habitudes malsaines et pécheresses, alors relève-toi aussitôt. La faiblesse humaine peut entraîner l’homme dans la chute, mais c’est l’œuvre du Diable de se coucher dans le péché. Cependant, s’en séparer et se repentir aussitôt devant Dieu par la confession honnête, une repentance sincère et une vraie pénitence, est chose divine. Et par la suite fais le mieux que tu puisses pour ne pas retomber. Et si tu as échoué auparavant, sers plutôt Dieu plus virilement dans le futur, et sois certain qu’il te pardonnera et qu’il te donnera son amitié.
Nu hofum ver sagt yðr till nokora þæirra luta með fam orðom sem ver ætlom at huærium manne þæim sem siðsamr uil hæita oc æigi siðr vera høfer fra ser at skilia sem frammazt ma han. Hafum ver þui þessa luti tet yðr hællzt, at æi ma illt varazt nema uiti, þui tolu ver oc fyr um usiðu en ver røðom nokot um nytsemd at huerium manne er æinhuærn dyrmættan grip uil uæl varðuæita høuer uæl aðr þat kerald at ræinsa eða hirðzlu sem han uil þan grip varðvæita, at han meghe honum þui ræinare hallda oc længr niota. Elligr man han skiot spillazt eða at minzta laghe sva uið illt blandazt at uarla meghe skilia frå illu, skiott spillizt oc damgoðr dryckr i uræinu kerallde, oc litla rið skin biartr malmr i moðogre hirðzlu. En ef þu fællr i nokora þessa synsamlega usiðu þa ris upp sem fyrst. Maðr kan i at falla af manlegom brøysklæika en þæt er fiandlegt at liggia i framlæiðis. En þat er guðlegt at skilia sik fra oc bøta uið guð sem fyrst með sannum skripta gang, ræinni iðran oc rettre ifir bot, oc se uið mæst siðan i at falla. Helldr þiona þu karlmanlega guði framlæiðis at aðr hæuir nokot a skort, með urugre von at hafe þer firilatet oc i sin vinskap tækit.
Tu dois comprendre que tout roi préfère un guerrier qui auparavant a fui le champ de bataille, mais qui, depuis, sans se ménager, s’est efforcé de faire partie des plus nobles hommes de son roi par la vertu, que celui qui n’a jamais participé à un combat et n’a jamais contribué à l’honneur et à assister son roi. Le paysan avisé loue plus les terres qui à l’origine donnaient de mauvaises herbes mais par la suite une bonne récolte, après avoir été défrichées, que celles qui n’ont jamais donné de récolte, ni bonne ni mauvaise.
Mattu marka at bætr er æinum huerium kononge við þæim liðs manne at æit huært sin hæuir or barðagha flyt, oc hæuir sik siðan þui frammar með enum vaskastum monnum kononge sinum til sømdar osparliga framlagt, en hinum er aldri kom i strið oc varð aldri konongi sinum at sømd oc at liði. Mæir lofar uitr akrkarl þa iorð er at andverðu bar ilgræsi, en siðan goðan avoxt er hon uar ræinsað, sem hina er alldri bar avoxt siðan hon var ræinsoð, huarke goðan ne illan.
29. Si les hommes souhaitent être de bonnes mœurs au sein de la hird et en présence du roi.
29. Ef men vilia siðpruðir vera innan hirðar með kononge.
Nous voulons maintenant expliquer en quelques mots ce que nous attendons que la plupart des hommes aient constamment à l’esprit, ceux qui veulent à la fois être, et être considérés comme courtois et ayant des bonnes manières au sein de la hird. Car les hommes avisés nous ont dit qu’il est de peu d’intérêt pour l’homme de rejeter des comportements immoraux s’il n’adopte pas de bonnes mœurs à la place. Et l’origine de toutes les bonnes manières est d’aimer Dieu plus que tout en tout ce que tu entreprends, et de ne jamais cesser de craindre son courroux ou de perdre son amour, que tu sois dans la crainte ou dans la joie. N’estime rien plus chèrement que la volonté de ton créateur, car c’est Lui qui, plus que tout, t’a donné la capacité de comprendre et la sagesse de savoir ce qu’Il apprécie le mieux dans ton comportement. Si tu entres au service du roi, alors tu l’aimeras juste après Dieu mais avant les autres hommes, car si tu sers le vrai roi de la manière la plus juste, tu auras de lui toutes les joies. Cherche le service du roi au sujet duquel tu sais qu’il est le prétendant légitime au pays et au royaume, et sers-le par la suite par un service élégant et avec une loyauté fidèle et une honnêteté de tout instant et cela aussi longtemps que tu souhaites rester à son service.
Nv uilium ver birta firir yðr með fam orðom þa luti sem ver ventum at flestum monnum høver at i huga oftlega sem bæðe uilia heita oc vera høversker oc siðsamer innan hirðar, þui at sva sægia oss uittrir men at æigi kemr til mikils at maðr hafne usiðum, nema han take siðsemd i staðen. En þat er uphaf allra goðra siða at ælska guð vm fram alla luti oc vera alldri uttan hans ræzlu oc astar i ollum þinum atfærðum, huart sem þu ert i otta eða glæði. Ger þer engan lut iamnkiæran sem skapara þins vilia at gera æftir þui frammazt gefr han þer skilning till oc skynsemd at vita huat honum likar bæzt at þinu athæfe. Ef þu kemr til konongs þionostu þa ælska han nest guði um fram aðra men, þui at af honum ma þer standa allr fagnaðr ef þu þionar retlega rettum kononge. Læita þess konongs þionostu er þu væizt retkomen vera til landz oc rikis. oc þiona honum siðan með fagrlegre þionostu oc tryglegre hollostu oc falslausi i alla staðe æ meðan þu uilt i hans þionostu staðfæstazt.
Garde constamment à l’esprit de lui être loyal et fidèle, et fais bien toutes ces choses qui l’honorent le plus, et ne te tourne jamais vers ses ennemis, ni de ton propre chef ni par soupçons ou déloyauté, ni secrètement ni ouvertement, car un fait insignifiant peut mener à de grands changements dans ton jugement. Ne réjouis jamais tes ennemis ou ceux de ton seigneur par la présence de quelque sentiment de trahison ou d’incertitude en toi, et évite ce que tu penses être contre la volonté de ton seigneur36, mais tiens-toi davantage à ce que tu penses être sa volonté. Rappelle-toi que celui qui meurt fourbe ne sera plus jamais considéré comme un homme d’honneur, mais ce sont le nom et la réputation qu’il avait à sa mort qui resteront gravés dans les mémoires.
Haf þat staðfastelga i hugh þer at vera honum hollr oc trur oc ger þer alla þa luti væl þæcka er þu fær honum mæst til sømdar gort oc drag alldri til hans uvini3 af þinni hende eða nokorn grun eða utryglæik helldr i løynd en i liose, þui at af litilli hughsan ma oft gerazt mikit skipti skaplyndis þins. Lat alldri þui fagna uvina4 þina eða þins herra at nokot æinarðar løysi finnizt eða faezt i þinum hagh, æigi þa hælldr er þer þickir ganga nokot mote skape þinum lavarðe. En þa er þer þickir mæir æftir vilia ganga. Minzt a þat, sa er æinu sinni døyr niðingr at han værðr alldri oðru sinni drængr. En með þui nafne sem han døyr, þa værðr með þæirri frægð hans minning at lifa.
Ne cherche pas l’amitié de certains des ennemis de ton seigneur plus que d’autres, dans le cas où des hommes qui lui doivent fidélité s’opposaient à lui. Ensuite, il convient de se rappeler que, si tu veux servir ton roi, il doit te plaire de savoir ces choses qui sont les meilleures pour que, parmi tes frères de la hird, tu sois considéré comme courtois au sein de la hird. C’est l’honnêteté et un comportement respectable, un tempérament ferme, une loyauté en toutes circonstances, et une persévérance en toutes choses.
Ger þer æigi aðra uvini5 þins herra helldr kiærre en aðra þo at skylldir men se þer i mote honum. Þar nest er hugsande ef þu uilt með þui mote kononge þiona at þer liki at vita huerir lutir til þess draga hællzt at þu meger siðsamr hæita með þinum hirðbrøðrum innan hirðar. Þat er oc æinorð oc drengskapr staðfast lunderni, allzkyns trulæikr, fastyrðr um alla lute þa sem þu taper æigi æinorð þinni.
Après cela, prends soin de ne pas être trop ivre. Sois humble envers tous les hommes présents, qu’ils soient de rang supérieur ou inférieur. Sois le plus souvent plaisant avec chacun, sans excès. Parle élégamment, mais ne sois pas trop bavard inopportunément. Comporte-toi bien et sois leste dans toutes tes manières. Sois plutôt éveillé que trop somnolent, agile avec les armes, et sois juste et généreux en fonction de tes moyens. Habille-toi convenablement, mais de façon que les autres hommes ne te jugent pas trop prétentieux. Sois hardi quand les circonstances l’exigent, mais ne sois ni trop agressif ni impétueux lorsqu’elles ne le sont pas. Instruis-toi. Sois curieux de tout. Aie une bonne mémoire. Sois attentif à toutes ces choses que tu vois ou que tu entends et qui contribuent à la renommée et à l’honneur des bons hommes. Et si au début tu ne retiens pas tout, il est peu sage d’abandonner, car ce que l’on apprend dépasse notre propre nature. Il est bon d’être bien entraîné aux armes, habile au combat et versé dans les lois lorsque les circonstances l’exigent.
Oc þar nest varazt þu at þu værðir æigi ofdrukin. Uer litillatr uið alla men huart sem þæir ero firir ser mæirri eða minni, bliðr iamnan uið alla men ver goðu hofe fagryrðr. æigi ofmalogr nauðzsynia laust, siðlatr oc þo kuiklatr i ollum atfærðum þinum, arvakr en eigi ofsvæfnugr. vapnrackr oc rettlatr oc æftir fongum orlatr. Klæð þik uæl oc þo sva at æigi virðizt oðrum monnum til drambs. diarfr i ollum nauðzsynium, æigi ofmiok aløypin utan nauðsyn, margfroðr, spural, minnigr, uiðrlæitin um þa luti flæsta er þu ser eða spyr at goðer men frægiazt af eða sømazt. Oc þo at i fyrstu takeczt æigi þa er þo æigi rað att lata berazt, þui at nam kenner mæira en nattura. Gott er at vera uapnfimr oc vighkøn og loghkøn til huers er hafa þarf.
Si tu te trouves au même endroit que le roi, soit près de lui le plus souvent possible et de la manière appropriée, et si les nécessités de ta fonction ne l’empêchent pas, soit le plus longtemps possible chez ton roi, car c’est le plus souvent ceux qui le font qui reçoivent en premier des fonctions d’honneur dès qu’elles sont vacantes. De plus, en cet endroit, chacun peut y apprendre quelque chose de bon, car c’est là que viennent la plupart de ceux qui connaissent ces bonnes choses. Ce n’est pas non plus une mauvaise chose que d’acquérir des connaissances et des habitudes courtoises, ou de faire la connaissance de plusieurs personnes remarquables. Et qu’y a-t-il de meilleur ou de plus approprié que d’apprendre les bonnes mœurs en suivant l’exemple des autres ? Si tu reçois des honneurs du roi, rappelle-toi constamment que ta conduite doit en premier plaire à Dieu, puis à ton roi. Efforce-toi d’être apprécié par la plupart de ceux qui ont été placés sous ton autorité. Aie régulièrement à l’esprit d’être modéré et juste, modeste, et probe et loyal. Garde régulièrement en mémoire que ce que tu as est un emprunt et non une possession. Ne discrédite jamais les honneurs de tes compagnons. Parle plutôt en bien de ceux pour qui ta parole vaut quelque chose.
Ef þu ert þar staddr sem konongr er, þa uer æ sem oftazt nest honum með goðu hofe. Oc ef eigi banna þer stornauðzsyniar um þin skylldar ærende, þa uer æ sem længst mattu hia kononge þinum, þui at hællzt taka þæir sømder oc fyrst þær sem tømazt. Þar nemr oc huerr æ nokot goðz er þar uil til hafa sik, þui at þæir koma þar flæstir er nokott goðz kunnu. Oc er þo æigi æcki goðz i aflatt at þu nemer uit oc kurtæsi oc kannezt uið margan goðan man. En þa hælldr er en fylgia sømelegar aðrar sømder með namenu. Fær þu sømder af kononge þa i huga þu oft at þu farer sva með at fyrst liki guði en þa kononge þinum, læita oc uið at sem flestum meghe þocknazt þæim sem þer er nokot vald yfir gefit. Haf iamnan i hugh þer hofsæmi oc sansyni, litillæte oc retlæte oc tryglæik. Minzt a optsamlega at þu hæfir með lane en æigi með æign. Haf þik alldri til þess at þu biðir sømda undan laugunaut þinum. Læg oc got till allra mala þæirra sem þin orð vega nokot um.
30. De l’admission dans la hird et des objections légales.
30. Vm hirðuistar læitan oc um loglegt motemæli.
Si le roi consent à l’admission d’un homme dans la hird, alors un stallari ou un merkismaðr, ou quiconque choisi par le roi, s’entretiendra avec ceux de la hird qui seront avec le roi à ce moment-là. Mais dans le cas où quelqu’un émet des objections, alors l’affaire en restera là jusqu’à ce qu’une enquête plus approfondie soit menée. Mais seuls les hommes qui ont eux-mêmes formulé des objections ont la possibilité de protester. De même auront le droit d’objecter ces hommes qui sont partie prenante dans l’affaire par leur fonction et d’après la loi ou qui ont des informations sur la personne en question, sa parenté ou sur son comportement, ou sur toutes autres choses qui iraient à l’encontre de l’honneur de la Couronne ou de la hird. Et l’affaire se résoudra en fonction des développements de l’enquête. Mais si, dans cette affaire, il y avait d’autres contentieux et si celui qui est visé par l’objection a accepté de se soumettre à la loi et au verdict du roi ou encore à celui des bons hommes, et que l’objecteur persiste et émet une nouvelle objection de sorte qu’elle soit l’objet d’une enquête devant le roi et la hird, à aucune autre fin que de lui nuire et de l’empêcher d’être admis dans la hird, alors, sur le conseil de la hird, le roi devra quand même lui accorder un rang plutôt que de le laisser souffrir de conditions très dures telles que le prévoient la loi et le jugement du roi et qu’il n’échoue dans sa demande simplement en raison de la cupidité de celui qui s’est opposé à l’admission.
Ef konongr iattar manne hirðuist þa scal stallare eða merkismaðr eða sa annar sem konongr uil læita uið hirð sina, þa sem þa er i hia kononge stoð. En ef nokor mæler mote, þa scal þat mal standa til þes er ranzsakat er. En þæim æinum monnum æigu men mote at mæla sem sealfer æigu at at telia eða sva skylldir men mote mælandans æigi lutt i at þæir hafe þar til umboð at logum eða uiti æina huæria lute þa til þæirra openberlega i ætt eða meðfærð eða oðrum lutum sem mot er konongdomsens sømd eða hirðarennar, oc fare þat æftir þui sem ranzsak kømr a. En ef þat er um oll onnur lagha mal oc hæuir sa sem mote er mællt logh boðit firir þat sama mall eða konongs dom eða annara goðra manna oc byðr han en framlæiðis oc uil hin þui mote mæla at han ætlar afarkoste þeim sem han fær spernt frå hirðvist oc ranzsakat sva firir kononge oc hirð, þa ma konongr honum nafnbøtr gefa með hirðar raðe, helldr en sa sæte afarkostum er logh oc konongs dom byðr firir sik oc nær þui æigi firir agirndar sakir.
31. Comment le roi investira les hommes de la hird.
31. Huerssu konongr scal hirðmen gera.
Quand le roi investira des hommes de la hird, il ne sera pas placé de table devant le roi. Le roi aura son épée sur ses genoux, l’épée du sacre s’il a été couronné, et il tournera la bouterolle37 sous sa main et placera le pommeau sur le genou droit. Puis il enroulera la lanière de la boucle autour du pommeau et saisira le tout par-dessus avec la main droite. Alors celui qui sera investi homme de la hird se prosternera devant le roi avec les deux genoux au sol ou sur la marche, et saisira le pommeau par-dessous avec la main droite, mais il tiendra la main gauche vers le bas de la manière qui lui convient le mieux, et puis il baisera la main du roi. Après cela, il se redressera et prendra le livre que le roi lui donnera, et prêtera serment par cette formule : « En posant ma main sur le saint livre, je jure devant Dieu que je serai loyal et fidèle à mon seigneur, [Nom], roi de Norvège, aussi bien secrètement qu’ouvertement, que je le suivrai aussi bien dans le pays lui-même qu’en dehors, et que je ne le quitterai pas sans sa permission et son approbation, à moins que les circonstances ne l’exigent. Je respecterai aussi les serments qu’il a prêtés à tout le peuple du pays, en accord avec l’entendement que Dieu m’a donné. Puissé-je recevoir la grâce de Dieu et ses paroles saintes si je dis vrai, et son courroux si je mens ». Puis il tombera à genoux devant le roi et il joindra ses mains, et le roi fermera ses deux mains autour des siennes. Ensuite, il donnera un baiser au roi. Après cela, le skutilsveinn qui est de garde l’accompagnera pour serrer les mains, en premier celles des lendir menn, s’ils sont là, et puis celles des autres hommes de la hird. Et quand le nouveau membre de la hird ira serrer les mains, alors les lendir menn par courtoisie et humilité se lèveront et iront à sa rencontre et lui donneront un baiser, et tous les hommes de la hird, rang après rang, feront la même chose. Puis il sera bien, si c’est possible, que ce même skutilsveinn accompagne cet homme de la hird en un autre endroit, où la plupart des hommes de la hird seront assemblés de sorte que l’ancienne hird reçoive le nouveau compagnon dans une union des loyautés. La même procédure sera suivie, que soient investies plusieurs personnes à la fois ou non.
Þan tima er konongr gerer hirðmen skulu ængi borð standa firir kononge. Konongr scal hafa sværð sit a kne ser, uigslu sværð ef han er koronaðr, oc venda aftr dogskonum undir hond ser oc læggia meðalkaflan fram ifir høgra kne ser. Siðan scal han svæipa fætils sylgunni upp ifir meðalkaflan oc gripi sva høgre hendi ofan yfir allt saman. En sa er hirðmaðr skal gerazt, scal falla baðum kniom firir konong a golf eða skor, oc taka up høgre hendi sinni undir meðalkaflan. En vinstri hende hallde han niðr firir sek sem honum er høgazt oc minnizt siðan uið hond konongs. Siðan skal han up standa oc taka uið bok þæirre er konongr fær honum oc sveria eið með þeima æiðstaf: Þes leg ek hond a hælgha bok oc þui skytr ek til guðs att ek skal vera hollr oc trur minum herra .N. Noreghs kononge openberlega oc løynilega. Fylgia skal ek honum innan landz oc uttan oc huærgi uið han skiliazt nema hans se lof oc løyfi til, eða ful nauðzsyn banne. Hallda skal ek oc æiða þa sem han hæuir svoret ollu landz folke æftir þui uiti sem guð ler mer, sva se mer guð hollr sem ek satt sægi oc þesse en hællgu orð, gramr ef ek lygr. Siðan skal han falla a kne firir kononge oc læggia baðar sinar hendr saman, ok konongr sinar baðar vm hans hændr. Siðan minnizt han uið sealfan konong. Siðan skal sa skutilssvæin sem stoðu hælldr fylgia honum at handsale fyrst til lendra manna ef þeir ero inni, en siðan til annara hirðmanna. En þan tima sem hirðmaðr gengr at handsale, þa skal lendr maðr firir kurtæisi saker oc litillætes up standa i mote honum oc minnazt uið han. Sva et sama skulu gera aller hirðmen ut i fra. Siðan ber uæl ef þui kemr uið at sa en same skutilsvæin fylghi þessum hirðmanne i aðra staðe þar sem flester hirðmen ero saman oc kannezt sva forn hirð uið nyia logunauta með æinarðlego sambande. Hin same hattr scal a vera huart er gerezt flæiri i sen eða fære.
32. Du devoir d’escorte et de ce qui en dépend.
32. Vm fylgðar halld oc þat sem þui høyrir.
S’il est investi en une seule fois un si grand nombre de handgengnir menn qu’ils suffisent à former une escorte, alors on n’en réquisitionnera pas plus à la fois de sorte que la moitié de l’escorte soit composée d’anciens et l’autre moitié de nouveaux, car ainsi, les anciens pourront instruire ceux qui sont nouveaux du juste service d’escorte. Ceux qui serviront dans l’escorte du roi porteront ce jour-là les plus beaux atours et les plus belles armes que le roi et que les autres hommes qui les verront estiment être le plus appropriés. Ils ne se présenteront pas pour le service d’escorte plus tard qu’au moment où les cloches seront sonnées dans les églises mineures38 pour le service des laudes39. Mais celui qui se présentera après que les cloches auront été sonnées sera certain d’être de garde. Les hommes de l’escorte devront se présenter à l’église même où le roi écoute la messe, et par la suite le suivre où qu’il aille. Mais si le roi se rend à son logis, alors ils attendront le roi là où le roi le leur demande, et ne prendront pas congé sans l’autorisation du roi. Mais celui qui part sans permission devra subir la colère du roi. Tous les hommes de l’escorte devront être avec le roi toute la journée. Les hommes de l’escorte seront équipés pour l’escorte d’un beau casque de fer, un bon bouclier, une épée en bon état avec tous les équipements, eux aussi en bon état, ou bien avec une très bonne hache. Le service d’escorte n’a pas fonction de divertissement, mais plutôt celle de fournir au roi une protection efficace. Le service d’escorte sera organisé de telle manière que quatre d’entre eux iront derrière le roi, à une distance respectable et de chaque côté du roi. Mais si l’escorte est plus nombreuse alors le nombre à chaque position augmentera en fonction du nombre d’hommes. Les hommes de l’escorte veilleront à ce que personne ne vienne entre eux et le roi, à l’exception de ceux que le roi appelle à lui. Toutefois, ils éloigneront ces hommes du roi, de belle manière et avec précaution, et sans pousser brutalement ou sans donner de coups, car le roi est redevable envers chacun, et il est possible que des individus naïfs aient des causes à défendre ou des affaires graves à porter devant le roi. Les hommes de l’escorte prendront congé au moment où il [le roi] ira se coucher.
Ef sva marger men gerazt handgengnir i sen sem til fylgðar høyrir, þa skal þo æigi flæirum bioða i senn en holf fylgð se forn en holf ny. Þui at þa megu ener fornu sægia þeim sem nyir ero til rez fylgðar halds. Þæir sem fylgð hallda með kononge, skulu haua þan dagh en bæztu klæðe sin oc þau vopn sem semelegh se bæðe kononge oc þæim i annara manna asyn. Þæir skulu koma æighi sæinna til fylgðar hallz en ringt er at sma kirkium til ottu songs. En sa sem sæinna kemr en samrinkt er, þa se sa uis til varðar. Fylgðar men skulu þar at kirkiu vera sem konongr lyðir tiðum. En siðan fylgia kononge huert sem han gengr. En ef konongr gengr i herbirghi þa skulu þæir þar konongs biða sem han biuðr þæim. En æigi brot ganga um fram lof konongs, en sa sem at uløyfi gengr brot sæte han ubliðu konongs. Fylgðar men skulu aller med kononge vera allan dagh. Fylgðar men skulu hafa til fylgðar fagra stalhufu, skiolld goðan oc uæl semelegt suærð buit með umbunaðe ollum goðom. eða øxi uæl goða i mæira laghe. Æigi scal fylgð halda til gamans, helldr kononge til urugrar giæzlu. Sa hattr scal vera a fylgðar hallde at .iiij. af þæim skulu ganga æftir kononge hoflega nere oc sin a huara lið konongs. En ef fylgð er fiolmennare þa aukizt i huærn stað at mantale. Fylgðar men skulu þess ga at ængi maðr gange millum konongs oc þæirra, nema þæir sem han kallar til sin. En þo rymi þæir fagrlegha monnum fra kononge með hofsemd. En æigi með akafre skyfing eða skotan, þui at konongr er ollum skyldugr oc þarf margr fakunnegr sit mall at reka oc nauðzsyn firir han at bera. Fylgðar men skulu taka orlof af kononge þan tima sem han gengr til svæfns.
33. Du devoir de garde et de ce qui en dépend.
33. Vm varðhald oc þat sem þui fylghir.
Les hommes de l’escorte devront se répartir la garde entre eux avant que le roi ne se rende au banquet après les vêpres, et ils le feront savoir aux skutilsveinar qui sont de garde. Personne ne peut se soustraire au devoir de garde en temps de guerre sans raison sérieuse. En temps de paix, seront de garde uniquement ceux que le roi a approuvés par avance. Il est requis une grande vigilance envers eux-mêmes, des hommes qui devront en premier lieu veiller sur le roi lui-même et toute sa suite. Ils ne devront pas être sous l’emprise de l’ivresse, ni être indolents. Il existe beaucoup d’exemples où les chefs et leur hird ont subi de grandes pertes à cause de la distraction des hommes de garde.
Fylgðar men skulu aðr græint vorð sin i millum, en konongr gange til dryckiar æftir aftan song. með uitorðe þæirra skutilsveina sem stoðu hallda. Æigi megu men løysa af vorð i vfriði nauðsynia laust. En i friði skulu þæir æinir hallda firir þa sem konongr hæuir aðr lofat. Myckla giæzlu høver þæim monnum a sealfum ser at hafa er fyrst skulu giæta sealfs konongs oc allz hans forunøytis, þæim byriar æigi at vera ofðruknum oc æigi ofsvæfnugum. Morg eru døme til þes at hofðingiar oc hirð þæirra hafa ofmyklu tapat saker vangiæzlu uarðhallz manna.
En temps de paix, les hommes de garde auront ces armes : une épée et une targe40, un casque de fer et une lance. Mais en temps de guerre, ils porteront l’armement au complet. Maintenant, ces hommes qui organisent la garde doivent se souvenir que, de l’Assomption de la Vierge Marie41 à l’automne, les mêmes hommes seront de garde du soir jusqu’au petit jour, mais que de l’Assomption de la Vierge Marie plus tard à l’automne jusqu’à celle pendant le carême, au printemps, la garde de nuit sera organisée en deux parties. Ceux qui seront de garde pendant la première partie prendront leur garde au moment où la garde extérieure est inspectée le soir, et être de garde jusqu’à minuit. Alors ils réveilleront les autres qui seront de garde pour la suite, mais les premiers attendront que les autres soient arrivés. Ceux-là feront la garde jusqu’à ce que les églises mineures sonnent les laudes en ville, là où il l’a été décidé pour eux, aussi bien en hiver qu’en été. Aucune garde ne se terminera avant ce qui a été dit maintenant, que le roi se lève tôt ou tard. Les hommes exécuteront leur garde virilement, et sans jeter le déshonneur sur leur seigneur et ses compagnons. Et ceux qui se comportent de manière imprudente et indisciplinée pendant les changements de garde ou qui se sont endormis pendant la garde, ou qui ont abandonné leur poste plus tôt que prévu, ou qui viennent ivres à leur service de garde de sorte qu’ils ne sont d’aucune utilité, alors ils ont failli à leur fonction, à moins que le roi ne le veuille autrement. Pourtant, le roi doit tout de même intervenir de sorte que d’autres puissent apprendre au vu de tels exemples, car ceux-ci ont souvent causé de grands dommages et les exemples sont légion.
Varðhallz men skulu hafa i friði þessor uopn: Sværð oc buklara, stalhufu oc spiot, en i ufriði aluæpni. Nu skulu þæir men ga er vorð lata hallda at fra Mariu messu um haustit skulu þæir samu hallda til dax er hæfia um kuældet. En fra Mariu messo um haustit aftr til Mariu messo i fastu um varet scal not skiptazt i tva luti. skulu þæir sem fyrra lut vaka skulu vera komner a vorð þan tima sem skyniazt utvorðr um kuælldet oc hallda til miðnættis. Þa scal annar þæirra þa up vækkia er siðara lut skulu halda en annar biði þar til er aðrer koma, þæir skulu hallda til þess er ringt er at smakirkium til ottosongs i bønum þar sem þæim er skipat bæðe vætr oc sumar. Af engum værðe scal fyr genget vera en nu er sagt, huart sem konongr stendr up fyr eða sidar. Men skulu hallda vorð með mandome en æigi udrængiazt a herra sinum oc felagum. En þæir men sem at þui værða sanner at þæir hallda vorð með uiamfnaðe i umskipti eða sofna a værði eða ganga fyr af en nu er mælt eða koma sva druknir a vorð att þæir ero til enskis fører, þa hafa þæir firir gort þionostu sinni nema konongr uili bætr gort hafa. En þo ber kononge sva uið þa at skipa at aðrer megu uið sliku sea. þui at af sliku hæfir oft mykin skaða hent sem morgh eru døme till.
34. Des autorisations de s’absenter pour les handgengnir menn.
34. Vm orlof handgenginna manna.
Aucun des hommes qui ont prêté serment au roi ne pourra quitter le roi sans sa permission. Et celui qui partirait sans sa permission n’aura pas, par là même, respecté son serment envers le roi, et alors le roi devra décider s’il peut rester à son service ou pas. Mais, si la paix règne dans le pays, alors le roi agit bien en autorisant à s’absenter ceux qui ont des raisons valables de le faire. Et si la nécessité du roi et celle de l’homme de la hird coïncident, c’est au roi de décider. Si le roi autorise un homme à rentrer chez lui et lui indique une date à laquelle il doit revenir, alors ce dernier respectera cette date à moins que des circonstances extrêmes ne l’en empêchent. Maintenant, si cela se produit, alors le roi et les bons hommes examineront les circonstances avec mansuétude et sagesse.
Engi konongs æiðsvare skal fara fra kononge vttan hans løyuis. En sa sem fær orlofs laus þa hælldr han æigi æið sin uið konong. Oc ma þa konongr orðe raða huart han scal vera i þionostu eða eigi, en kononge ber væl at lofa þæim er nauðsyn hafa til ef friðr er i lande. En ef konongs nauðsyn høfizt a oc hirðmanz þa er konongs ualld a þui løyui. En ef konongr gefr manne hæimløyfi oc sætr honum æindaga til aftrkuamu, þa scal han halda þan æindagha. nema stornauðsyniar valde. Nu er honum nauðsyn a hende, þa scal konongr oc goðer men meta nauðsyniar hans með vægð oc skynsemd.
Comme leur serment les y oblige, il est du devoir de tous les hommes de la hird, d’être des hommes justes envers tous leurs voisins et de payer les amendes à chacun avant que leurs méfaits ne parviennent au roi, car ils sont parjures s’ils ne payent pas d’amendes pour leurs délits, en particulier envers les plus faibles. Si un des handgengnir menn du roi enfreint la loi au détriment d’un des sujets du roi et refuse de payer selon les recommandations du sýslumaðr et l’avis du lǫgmaðr, alors il est de fait démis de ses fonctions puisqu’il a rompu son serment envers le roi et envers lui-même. Mais le sýslumaðr écrira au roi pour l’informer des avancées de l’affaire, puis, sur le conseil des bons hommes, le roi décidera comme il l’entend et accordera la clémence qu’il juge la plus appropriée au moment où celui-ci se présentera. Toutes les affaires que les hommes du roi ont à poursuivre ou à défendre dans les cantons, et ce pour tous procès et réquisitions, seront menées sur place, et en accord avec la loi du pays, et il est du devoir des membres de la hird de s’y conformer. Mais s’ils veulent aller plus loin que la loi ne le permet, ils sont tenus par serment de s’en abstenir. Et dans tous les cas où les hommes du roi ont le droit d’engager des poursuites, ils doivent au roi de le faire par la loi et non pas par la force.
Þat er skylda hirðmanna sem æiðr þæirra er til at vera iamnaðar men uið alla sina granna oc bøta uið alla aðr en firir konong kome þæirra misgiærðir, þui at þæir ero meinsvarar ef þæir bøta æigi sin misbrot, allra hællzt uið þa sem minzt megu. Ef æin huær konongs handgengin maðr brytr logh a æinum huærium þægn i hans oc uil æigi æftir raðe syslumanz oc orskurði logmanz bøta, þa er han sealfsagðr or þionostu þar sem han braut bæðe konongs æið oc sealfs sins. En syslumaðr scal rita til konongs þa mala voxtu sem a eru, en konongr skipi siðan sem han uil með goðra manna raðe oc læggi þær naðir við sem honum þikkir tilfællilegazt siðan er firi han kemr. Oll þau mal sem konongs men æigu at søkia i heraðe eða væria. þa scal þar allar sokner oc værnder hæfia oc flytia æftir landz loghum. Oc til þes ero aller logunautar skylldir at fylgia, en ef þæir uilia framar en log þa æigu aller sik i fra at skilia firi æiðs sins saker. En i ollum þæim stoðum sem konongs men hafa ret at mæla þa ero aller skylldir þæir sem konongs men ero at fylgia til með loghum en æigi með kappe.
35. Quelles armes devront porter les handgengnir menn.
35. Huær uopn er handgengin maðr scal hava.
Il est connu de tous les hommes que les plus anciens livres des lois stipulent quelles armes les bœndr doivent posséder légalement, les grands bóndi selon leur rang, et les petits bóndi selon le leur42, et dans certains livres des lois, et si cela est nécessaire, même pour les esclaves ; pourtant, maintenant, tous, au sein de leurs états respectifs, ont plus d’armes que ce qui avait été ordonné sur le conseil des meilleurs hommes. Toutefois, étant donné que le roi et ses handgengnir menn sont supérieurs en honneur au peuple du pays, alors il nous sied, en cela et en d’autres choses, de ne pas être moins bien pourvu que les autres. C’est pourquoi nos sujets sont à notre service par leurs contributions et leur grande obéissance, car ils savent pouvoir attendre un secours fort et une défense ferme du roi et de ses handgengnir menn, comme il l’a été, comme il l’est et le sera encore.
Þat er flæstum mannum kunnikt at allar fornar landzsens loghbøkr vatta bondum laga vopn, fullum bonda i sinni stet. æinuirkium i sinni stet oc sumar iamvæl þrælom ef þess þarf uið. Þo hafa nu aller i sinni stet framar en þa var skilt æftir bæztra manna raðe. En af þui at konongr oc konongs handgengnir men æigu firir at vera ollu landzfolkinu i metorðum þa høuer os um þetta oc þat flæira sem til þess høyrir æigi siðr firir oðrum at vera. Skona oc þui aller os með utgræizlu oc mykilli lyðne at þæir uita sik þar hafa styrk briost oc urvgga værnd sem konongr oc hans handgengnir men ero sem veret hæuir oc vera a oc styrki með sinum krapte at framlæiðis se.
Ainsi, qu’il soit connu de tous les hommes que les handgengnir menn devront porter ces armes : les lendir menn et les sýslumenn devront avoir un plus grand nombre d’armes étant donné qu’ils sont supérieurs en honneur et reçoivent plus d’aides du roi que les autres hommes. Et chaque skutilsveinn devra avoir une armure complète. Elle consistera d’abord en une épaulière ou une cotte de cuir, un camail43 et une cotte de mailles avec des jambières et des gantelets, un casque ou une cervelière, une épée ou une lance, un bouclier robuste et un plastron. Une targe est aussi utile et l’est autant qu’un arc ou qu’une arbalète. Un homme de la hird doit aussi posséder une cotte de cuir, et par-dessus un plastron ou une cotte de mailles, avec cela, une cervelière, une épée et un bon bouclier, une lance et une targe, et un arc avec trois douzaines de flèches. Les gestir doivent posséder une solide cotte de cuir, une cervelière, un bouclier et une épée, une lance, et un arc avec deux douzaines de flèches. Les kertissveinar auront les mêmes armes que celles qui ont été précédemment nommées pour les gestir. Mais celui qui est dépourvu de ces armes peut en faire humblement la demande auprès du roi. C’est pourquoi le roi organisera un thing des armes44 à chaque Noël et couchera par écrit avec soin le nom de ceux qui n’ont pas toutes leurs armes, car c’est habituellement à cette époque qu’il y a un grand nombre de handgengnir menn autour du roi. C’est pourquoi les handgengnir menn n’auront aucune excuse s’ils n’ont toujours pas toutes leurs armes quand ils sont auprès du roi. De fait, quand on a besoin des armes, il est beaucoup trop tard si celles-ci sont à la maison. Et, c’est très grave si la vie du roi et de ses valets est en jeu quand ces armes restent chez eux, rongées par la rouille, les punaises ou les mites.
Oc af þui uiti þat aller men at þesse æigu skyldar uopn at vera handgenginna manna. lendum monnum oc syslu monnum ber þui flæiri uopn at æiga sem þæir hafa mæiri metorð oc tillogur af kononge en aðrer men. En skutilsvæin huærr skal æiga alla oc fulla hærnæskiu. Þat er fyrst spalndener eða vapntroyia, brynkollo oc bryniu með brynhosum oc brynglofum, hialm eða stalhufu. sværð oc spiot. skiolld uruggan oc plato. Altiltøkr er oc bucklare oc æigi siðr annat huart handboghe eða lasboghe. Hirðmaðr skal oc æiga vapntrøyiu oc uttan yfir panzsara eða bryniu, þar með stalhufu oc sværð oc skiold goðan, spiot oc bucklara oc handbogha með þrim tylftum brodda. Gestir skulu æiga styrka vapntrøyiu, stalhufu, skiold oc sverð, spiot, handboga með .ij. tylftum brodda. Slik en samu uopn skulo kertisvæinar æiga sem aðr varo skild gestom. En sa ma udiarflega kræfia sinnar skyldu af kononge ef han missir þessara vapna. Oc þui skal konongr æiga vapna þing a huærium iolum oc lata skra invirðilega huerir þessa vapna missa. Ero þa oc oftazt marger handgengnir men með kononge. Litil varkyn er oc a þui at handgengnir men hafe þa oc æigi oll uopn sin með ser þegar þæir ero hia kononge. Er oc sæint til þæirra at taka er hæima eru huers sem uið þarf oc mæira i vart þar sem lif konongsens er oc hans goðra drængia, en vopn þau sem ryðr eða væggia lys eða molr eta hæima.
36. Sont ici présentés les amendements faits par le roi Magnús VI Hákonsson.
36. Her sægir fra skipan þæirri er Magnus konongr gerði Hakonar sun.
C’était cet hiver-là, quand mille deux cent soixante-treize hivers étaient passés depuis la naissance de notre seigneur Jésus-Christ, dans la dixième année du règne du roi Magnús VI Hákonsson, quand il séjournait à Tønsberg, qu’il convoqua à lui tous les lendr menn et tous les stallarar, les lǫgmenn et les sýslumenn de tout le Viken et de l’Oppland45. Ils vinrent à lui à la fête de saint Paul46 et restèrent ensemble pendant trois semaines, et ils s’accordèrent unanimement sur toutes les affaires qui suivent ici, en accord avec la foi qu’ils portent à Dieu et au roi. Tout d’abord, et pour commencer, si la sécurité du roi et du pays requiert la défense ou l’attaque pour toute situation que le roi considérerait juste devant Dieu et en accord avec le conseil et les conseils des hommes les plus sages du pays, alors les lendir menn et tous les hommes qui reçoivent un bénéfice du roi fourniront à la Couronne cinq hommes en armes et des provisions pour une durée de trois mois à hauteur d’un bénéfice de quinze marcs, et d’autant plus que le bénéfice est important, le tout selon ce que les comptes disent. Mais chaque sýslumaðr jusqu’à Rygjarbit47 devra, de son fief, fournir à la Couronne des provisions pour six hommes pour chaque bateau à vingt sièges pour une durée de trois mois. Chacun d’eux devra fournir autant d’armes que les hommes de la hird, les gestir ou les kertissveinar doivent avoir, et chacun d’eux devra fournir cela à proportion du nombre de guerriers qu’ils ont, que les besoins soient dans le pays lui-même ou en dehors. Mais de Valdres et Hallingdal, cela sera quarante hommes. Du Romerike, douze hommes de la moitié sud et dix hommes de l’autre moitié. De la moitié sud de l’Hedmark dix hommes, et de la moitié nord douze. De la moitié extérieure du Hadeland dix hommes et douze hommes de la moitié nord. Du Gudbrandsdalen huit hommes de chaque partie. De l’Østerdalen cinq hommes.
A þæim vætre er liðnir voro fra burðar tima vars herra Jhesu Christi .m. .cc. vættra oc .lxx. vættra oc .iij. vætr a tiunda are rikis Magnus konongs sunar Hakonar konongs, þa er han sat a Tunsbergi stæfndi han til sin lendum monnum ollum oc stallarom, logmonnum oc syslumonnum af allre Uikinni oc Uplondum. Komo þæir til hans at Pals messo um vætren oc varo saman .iij. uikur oc stodduzt þa fulkomlegha þæir lutir er her fylgia upp a þa tru sem þæir ero guði skyldugir oc honum. Fyrst at upphafe at ef konongr þarf til sinnar oc landzsens værndar hegna eða at søkia um æina hueria lute þa sem han ser at høver retlega firir guði með enna skynsamazstu manna raðe oc tillogu i landenu, þa skulu lendir men oc væizlu men aller halda konongenom til trauzt .v. men með vapnum af .xv. marka væizlu huer þæirra um .iij. manaðe a sin kost, flæiri ef mæiri er væizla æftir þui sem tala rennr til. En huerr syslumaðr af sinu lene til Rygiarbitz scal halda konongdomenum til trauzt .vi. men af huærri tvituglessu en um .iij. manaðe a sin kost. Skulu huarertvæggiu hallda með slikum vapnum sem hafa hirðmen gestir eða kertisvæinar, þui frammar huerr sem mæira hæuir liða tal huart sem þarf uttan landz eða innan. En af Ualldrese oc Haddingadale .xl. manna. Af Rauma riki .xij. men, af syðra helminginum. En af hinum .x. af Hæiðmorkenne af syðra helminginum .x. men, en af nørðra .xij. Af Haðalande af yttra helminginum .x. men, en af nørðra .xij. Af Guðbranzdolum .viij. men af huarom lutanom. Af Æystridolum .v. men.
De même, chacun de ceux qui obtiennent une sýsla du roi, quand il reçoit sa lettre patente, devra fournir au kanslar une lettre avec son sceau attaché et contenant les formules suivantes, de telle sorte que plus tard il n’y ait pas de doute sur les possessions du roi ou sur les revenus de sa sýsla : « À tous les amis de Dieu et des siens [du roi], qui voient ou entendent cette lettre, [Nom] adresse les salutations de Dieu et les siennes. Je veux que vous sachiez que tel hiver, quand il fut passé depuis la naissance de notre seigneur tant d’hivers – et il nomme combien d’hivers sont passés – et durant tel hiver du règne de [Nom] comme roi, et en ce jour, mon seigneur [Nom] me concéda une de ses sýslur pour affirmer son autorité, que Dieu puisse l’en remercier. En contrepartie, je lui fais cette promesse, que je respecterai et ne manquerai pas à son serment ni au mien envers ses sujets qu’il m’a confiés, et que je serai au contraire bon envers ceux qui, par ignorance ou par détresse, tombent sous le coup d’un châtiment, mais je serai sévère envers tous ceux qui, par malveillance ou par arrogance, le méritent. Je serai aussi indulgent envers ses alleutiers, comme je le dois, et je veillerai soigneusement à ses possessions, les louerai et les peuplerai bien, de sorte que je n’en tirerai aucun autre profit, que ce soient des dons ou des bénéfices. Les revenus fixes seront remis en ce lieu, et avec les différences et les justes déductions, par un des agents que le roi a investis, et en bon ordre. Et il s’agit là des revenus fixes de mon seigneur au moment où je pris possession de ma sýsla – et il les énumère tous. Je lui ferai un compte rendu complet des revenus, qu’ils croissent ou diminuent, tous les douze mois, et de même pour les bénéfices et les pertes, s’il y en a, calculés correctement, selon l’accord qui est ici établi. Cela, je le promets sur ma foi en Dieu et en mon seigneur. Cette lettre fut faite telle année depuis la naissance de notre seigneur Jésus-Christ et telle année du règne du roi [Nom] et à telles calendes, nones et ides48 ». C’est ainsi que, si un sýslumaðr apprend qu’une personne méritant un châtiment se rend dans la sýsla d’un autre sýslumaðr, alors ce dernier doit lui renvoyer cet homme, aussitôt que sa lettre est arrivée et il traitera son cas, comme il a été dit auparavant.
Sva oc at huær sem syslu tækr af kononge þa skal slikt bref með hanganda inzsigli sinu fa kanceler þa er han tækr syslu bref sem her fylgir at þui siðr þurfi at efazt i um æignir konongs eða uisa øyri i syslu hans: Ollum guðs uinum oc sinum þæim sem þetta bref sea eða høyra. sender .N. queðiu Guðs oc sina. Ek uil at þer uitið a þæim vættri er liðnir varo fra burðar tima drottens vars sva marger vætr oc næfni huersu marger eru oc a þæim vættre rikis .N. konongs oc a þæim dægi fek mer min herra þa syslu sina .N. firir sins herradoms saker sem guð þacke honum. iatta ek honum þui i mot sem ek skal giærna hallda. Hverge skal ek oc briota hans æið ne min a hans þægnum sem han hæuir mer ifir skipat, helldr vera miskunsamr við þa er firir uankunnenda saker eða ofmikilla nauðsynia falla i nokorar sæktir. En ræfsingasamr þæim ollum er með ilzsku oc ofkappe gera till þæs. Vægen skal ek oc vera uið landzsela hans æftir þui sem frammazt ber mer oc æignir hans uæl byggia oc husa lata sva at enga aðra muni skal ek þar firir hafa huarke giafer ne væizlur. Uisa øyrir hans skal þat mund fram koma oc i þæim stað með skilum oc rettom skorðum þæim hans umboðs manne sem han skipar till með goðom græiðskap. En þesse uar þa uisøyrir mins herra er ek tok uiðr syslunne oc nefni han allan, skal ek firir han fulla skynsemd gera huart sem han væx eða minkar a huærium .xij. manaðom. Sva oc firir væizlur oc niðrfoll ef þau ero i með rettre ræiknan æiftir þui skilorðe sem nu er mælt. til þessa iatta ek guði oc minum herra minni tru. Þetta bref uar gort a þui are fra burðar tima vars herra Jhesu Christi oc a þui are rikis .N. konongs a þan kalendes eða nones eða iðus. Sva oc ef syslu maðr spyr at æinhuerr sa sem til ræfsinga hæuir gort er fram komen i annars syslu, þa er sa skylldugr at senda þan man til hins þegar hans bref kemr æftir oc skipi sa hans male siðan sem aðr er sagt.
Et s’il en est ainsi que des hommes sont tués dans un cas de force majeure, alors le sýslumaðr enverra aussitôt les meurtriers au roi pour qu’il statue, avec un sauf-conduit et avec les explications de ceux qui veulent répondre devant Dieu que c’est bien la vérité. Si un meurtrier est jugé bon pour la prison mais pas pour être exécuté, alors les sýslumenn l’enverront aux lieux qui suivent : tous les cas au sud de Svarteborg49 à Konghelle, et tous les cas au nord jusqu’à Valdisholm, de l’intérieur des terres de Kambo et du Romerike et à l’ouest de Drammen, à Oslo. Mais au-delà de Drammen et du Telemark et tout à l’ouest jusqu’à Rygjarbit, à Tønsberg. Mais tout l’Oppland à l’exception du Romerike, au château de Mjøsa. Si un meurtrier est condamné à mort, alors chaque sýslumaðr mènera une enquête et exécutera la sentence lui-même, plutôt qu’un parent, tel qu’il est établi dans le livre de loi50 et comme il en répondra devant Dieu. De plus, l’impôt de la levée de printemps51 sera requis à la mi-carême52, collecté à Pâques et apporté à Tønsberg à la saint Halvard53. Mais l’impôt de la levée d’automne sera requis aux nuits d’hiver54, collecté à la saint Martin55 et apporté en ville à Noël avec le landskyld56. Et l’été suivant, le roi Magnús rencontra de nombreux chefs à Bergen. Vinrent aussi l’archevêque Jon57 et tous les évêques du pays ainsi que d’autres chefs, les lendr menn, et tous les sýslumenn du nord du pays. Là, il donna à ses fils leurs titres, à Eirik le titre de roi et à Hákon le titre de duc. Tout cela fut confirmé en tout point dans le Viken par le roi et les sýslumenn. Mais étant donné que les régions du nord ne sont pas aussi peuplées [qu’au sud] et payent moins d’amendes, pour renforcer et honorer la Couronne, il fut alors ordonné et établi entre la Couronne et les sýslumenn que de la province de l’Agder seront fournis quatre hommes de chaque district de levée58 aux mêmes conditions et avec les armes et équipements qui furent décidés auparavant pour le Viken. Et de la province du Rogaland, trois hommes par district de levée. De même de la province des Hordaland, trois de chacun des deux districts. Du Sogn, trois hommes par district. De la partie sud de la province des Fjordane, deux hommes par district et, de la partie nord, trois hommes de chaque district. Du Sunnmøre, deux hommes par district et, du Nordmøre, trois hommes par district. Du Romsdalen, trois hommes par district. Du Trondheimen59, de l’Agdenes60 vers l’intérieur, pour certains districts, deux et pour certains, trois hommes. Du Namdalen, trois hommes par district. De l’Hålogaland, quatre hommes de chaque district.
Oc ef þæir men værða af tæknir er ful nauðsyn rekr til, þa skal syslu maðr senda veganda til konongs skipanar sem fyrst i griðum með þæirri herming sem þæir vilia svara firir guði at son er. Dømezt mannz bane sva at han se værðr myrkuastofu en æigi bana, þa skulu syslu men senda i þa staðe sem her fylgir, aller firir sunnan Sværtiborgh til Konongahellu, en norðr fra Suertiborgh til Ualdensholma, en in i fra Kamborn oc af Raumariki oc ut et væstra til Drafns til Osloar, en ut fra Dramne oc af Þelamork oc allt væstr til Rygiarbiz til Tunsberghs, en af ollum Uplondum nema Raumariki til Miossar kastala. Dømezt oc manz bane til dauða, þa late huerr syslumaðr sem giorst ranzsaka oc fae sealfr bana til en æigi frenðr æftir þui sem logbok sægir oc han uil svara firir guði. Sva oc at varlæiðangr allr se ut boðen at miðfastu saman tækin at paskom, til Tunsberghs komen at Halruardz messo, en haustlæiðangr ut boðen at vætr nattom, saman tækin at Martæins messo, til kaupangrs komen at iolom oc landzskyldir með. En hit nesta sumar æftir atte Magnus konongr mykin hofðingia fund i Biorgwin. Kom þar Jon ærkibyskup oc aller byscupar i landenu oc aðrer hofðingiar, lendir men oc syslu men aller norðan or landinu. Gaf þa konongren sunum sinum hofðingia nafn, Æiriki konongs nafn, en Hakone hertuga nafn. Var þa þetta allt staðfæst af nyiu millum konongsens oc syslu manna i Vikinne. En af þui att bygðir ero æigi sva fiolmænnar norðr i landit oc þar falla minni sæktir til. Þa var sva skipat oc staðfest millum konongdomsens oc syslumanna at or Ægða fylki skal halda konongenum til styrks oc sømdar .iiij. men or huærri skipræiðu at slikum skildaga bæðe at vapnum oc oðrum lutum sem aðr er skilt af Uikenne. En or Rygia fylki .iij. men or skipræiðu, sva or Horða fylki huartvægia .iij. or huærri skipræiðu, or Sogne .iij. men or skipræiðu. Af syðra lut Firða fylkis .ij. men or skipræiðu, en af nørðra lut .iij. men or huari skipræiðu. En af nørðra lut .iij. men or huari skipræiðu, af Sunnmøre .ij. men or skipræiðu, en af Norðmøre .iij. men or skipræiðu. Or Raumsdale .iij. men or skipræiðu, or Þrondhæimi firir innan Agðanes or sumum skipræiðum .ii. en or sumum .iij. men. Or Naumudale .iii. men or skipræiðu, af Halogha landi .iiij. men or huerri skipræiðu.
Maintenant, tous les hommes de bon sens qui étaient présents estimèrent que cela était très profitable pour chacun d’eux mais qu’il était essentiel que le roi n’impose rien de plus aux sýslumenn pour l’assister, et qu’ils soient dispensés de mettre trop à contribution leurs propres possessions, et de même que les sýslumenn ne doivent pas trop léser la Couronne et ses possessions. De plus, il nous semble, et cela est le fruit de notre longue expérience, que ceux qui ont la charge de juger doivent se souvenir de ne pas rendre de jugements plus sévères que ce qui est nécessaire pour celui qui a eu gain de cause et qui doit en répondre. Et par conséquent, nous considérons qu’il est approprié, pour nous et pour ceux qui sont chargés de juger, que les verdicts qui semblent avoir une grande importance, en particulier ceux qui concernent les meurtres ou les mutilations ou des cas similaires, à partir de maintenant, soient soigneusement consignés par écrit. Nous espérons que cela facilitera la tâche de ceux qui jugent, de sorte que plus tard on n’engage pas de nouvelles poursuites pour les mêmes affaires. Cela aussi pour le contentement de ceux qui ont reçu un jugement, car il n’est pas nécessaire de nourrir la discorde sur des affaires résolues et des jugements rendus simplement pour cause d’oublis. Pour faciliter la tâche de celui qui fera la rédaction, il sied de procéder de cette manière que, en premier lieu, soient mentionnés l’hiver et le moment pendant les douze mois de l’année où le jugement a été rendu. Ensuite, qui a rendu le jugement, quelle personne ou quelle cause a été jugée, et cela en donnant les noms concernés. Et il sera indiqué combien chacun payera ou recevra, ou bien la raison pour laquelle les compensations pour le meurtre de parents, ou pour avoir infligé des blessures ou pour tout autre acte juridique, sont réduites ou diminuées, si cela se présente, ou quand et où le paiement sera fait, tel que cela est indiqué dans le registre du roi.
Nu syndizt sva ollum monnum hinum skynsamaztum þæim sem uið varo at þetta være huaromtvægia mykil græiðir oc þo nauðsynlegt at konongren lagðe æighi mæira a syslumennena ser til lettes en þæir þurfti æigi miok mykit af sinu goðz til at leggia, sva oc at syslumennener mætte æigi ofmikin undandratt hafa af konongdomsens oc hans goz. Sva þykkiumzt ver þat oc finna þui gior sem ver æigum lengr lut i at þæir verða huerge driugare til a at minnazt um domana er ifir sitia. En þæirra þorf er til er um er dømt oc hinna abyrgð høyrir er døma. Oc af þui sio ver at þat høver oss oc oðrum þæim sem ver sættum ifir domana, at þeðan af se þæir domar er storom lutum þyckia varða, æinkanlega um manna aftok eða limalat eða þui lika luti. Se heðan af skraðer invirðilega. At þæim verðe þæim mun lettare er skra skal, þa høver þan a at hafa at fyrst se græindr sa vætr oc sa timi a .xij. manaðom er dømt var malet. Þar nest hærrir døma. eða um hueria eða huat dømt var oc þat með a kvæddum nofnum. Oc at græint se huersu mykit huerr skal taka eða luka eða firir huat niðr falla eða minka manz giolld eða sarbøtr eða aðrar rettar bøtr ef þau atuik eru a, eða með huærium sala stæfnum oc huar lukaz skals með þæim hætte sem stendr i brefabok konongsens. Ventum ver at af þui værðe þæim lettir er døma at þui siðr þurfui um et sama mal kalz at gera, þæim oc til samþycktar er um er dømt at æigi þurfe firir nokora vanminni vandræðe at aukazt um sættar saker oc dæmd malen.
37. Sur la venue de troupes ennemies.
37. Her sægir um hersoghu.
Maintenant, quand les nouvelles de la venue de troupes ennemies parviendront dans les campagnes, alors l’officier royal prendra rapidement des mesures concernant la défense des lieux habités, et ensuite, il se rendra auprès de son roi ou du sýslumaðr le plus proche. Mais s’il ne fait rien de cela et reste chez lui, alors il répugne vraisemblablement à assister son roi et à aider ses compagnons. Il s’exclut ainsi lui-même des lois de la hird, à moins qu’il n’y soit contraint par des circonstances exceptionnelles que les hommes de bon jugement estimeront comme preuves manifestes qu’il n’a pas agi par malignité. Mais si la nouvelle parvient dans les campagnes et que le roi convoque ses hommes à lui, alors chacun s’y rendra, qui ne veut pas être appelé couard ni par le roi ni par ses compagnons.
Nv kemr hersagha i bygð, þa scal konongs maðr skiot gera rað firir hibilum sinum, en siðan scal han annat huart fara til konongs sins eða til þess syslu manz er nestr er. En sa er hæima sitr um kyrt. þa er þat likare at han uili æigi verða konongi sinum at liði oc æigi logunautum sinum at hialpum. Sa sægir sik sealfr or hirðlogum nema þær nauðzsyniar vallde at skynsamum monnum synizt fullar at æigi gek honum illuili til. En ef þau orð koma i herað at konongr stæfnir sinum monnum til sin þa fare sa huer sem æigi uil niðingr hæita bæðe af kononge oc logunautum.
38. Du partage du butin et des prises de guerre.
38. Vm lutskipti ok herfang.
Maintenant, nous allons dire comment le partage du butin sera organisé en temps de guerre, à la suite d’une bataille, quand Dieu nous donne à la fois la victoire et la fortune. C’est une ancienne promesse des birkibeinar de prélever une dîme complète et entière sur toutes les prises de guerre et sans n’en rien dissimuler. En premier lieu, on fera souffler la corne pour réunir les troupes, là où on l’estime le plus approprié. Le merkismaðr y portera l’étendard du roi. Là, il fera délimiter l’espace sacré61 aussi large que nécessaire, et l’étendard du roi sera placé en son centre. Il y a un vieux proverbe au sujet de ce qui est apporté à la hampe : tous les hommes apporteront à la hampe tout le butin et y prêteront serment qu’ils n’ont rien dissimulé, et qu’ils n’ont pas connaissance que quelqu’un ait dissimulé quoi que ce soit. Les douze hommes que le roi nomme pour organiser le partage, le feront de la manière qui suit : dès que tout sera en place, le butin sera d’abord partagé en deux parts, puis en quatre. Ensuite, ces douze hommes partageront chacune de ces quatre parts en deux. Puis les capitaines de bateaux et les hirðstjórar nommés par le roi organiseront les troupes62 en deux moitiés, puis en quatre parts. Par la suite, les jetons pour chacune des quatre parts seront déposés dans une étoffe. Le premier jeton qui sera tiré désignera celui qui choisira en premier, et ainsi de suite suivant le tirage au sort. Et ensuite, toutes les parts seront partagées en fonction du nombre d’hommes.
Nu scal til þess sægia huersu lutskipti skal skipta i ufriði eftir orostu. Gefr guð bæðe sigr oc fe. Þat ero forn hæit Birkibeina at gera uæl oc fullulega tiund af ollu herfange en engu af løyna. Fyrst skal blasa til husþings þangat6 sem synizt. Merkismaðr scal bera þangat merki konongs. Þar skal han vebond gera lata sva uið sem synizt oc scal merki vera sett i mið vebond. Þat er fornt orðtak, hvat ber þu til stangar. Aller men skulu til stangar bera slikt huær sem til hæuir af herfange oc uinna sva æið at engu hæfir han af løynt oc æighi uæit han þan sem af hæfir løynt. Þæir .xij. men sem konongr næfnir til at skipta lutskipti þæir skulu7 skipta með þessum hætte sem her fylgir. Þegar sem alt er komet, þa skal fyrst skipta i helninga herfange. En þa i fiorðunga. Siðan skulu8 þæir .xij. men skipta huerium fiorðonge herfangs i helninga, en styrimaðr oc hirðstiorar þæir sem konongr næfnir til skulu skipta ollum svæitum fyrst i helninga en siðan i fiorðunga. Siðan skal læggia luti i skaut af huarum fiorðonge. Skal sa lutr fyr kiosa sem fyr kemr up oc sva siðan eftir lutfalle, en siðan skiptizt æftir manmærgð aller lutir.
Au cas où des ennemis du roi viennent à capturer ses bateaux du leiðang* ou d’autres de ses propriétés et que le roi par la suite les reprenne au combat ou les reçoive d’une autre manière, alors le roi reprendra possession de tous ses bateaux et de toutes ses propriétés, mais tous les autres bateaux et objets, et tout autre butin seront partagés par un juste tirage au sort et selon le nombre d’hommes. Le roi est le seul à pouvoir présider au partage de tout ce qui a trait à la défense du pays. Le roi sera aussi le premier à faire une offre pour tous les objets précieux qui se trouvent dans le butin s’il est prêt à les acheter au prix fort. Sinon, ceux-ci seront vendus à tous ceux qui les veulent, et qui en ont les moyens. Rien de ce que les hommes du roi possèdent, et rien de ce que les hommes de son escorte ont obtenu pendant la bataille, ne sera apporté sur les lieux de partage du butin, que ceux-ci soient tombés au combat ou pas. Ils garderont les objets qu’ils possédaient avant et ce devant témoin, si Dieu donne la victoire au roi, à moins qu’ils n’aient déserté le champ de bataille avant les combats. Ils auront alors perdu tout ce qu’ils auront laissé derrière eux, même s’ils reviennent au combat ou si par la suite ils devaient être pardonnés. Il est des bons usages des hommes de la hird de ne pas dévêtir les morts au combat au point qu’il ne reste plus que les chausses et la chemise sur le cadavre, quoiqu’il soit cependant permis de les prendre s’ils portent de l’argent. Mais celui qui pille plus que ce qui est autorisé maintenant, alors si c’est un homme de la hird, il payera un marc, un gestr, la moitié, et un homme de la levée, deux aurar*. Et si un knapi ou un sveinn63 pillent plus que ce qui est dit maintenant, alors il payera de sa peau64, et le produit de l’amende sera versé aux nécessiteux. Dans le cas où le roi et ses hommes organisaient les guerriers en deux groupes, l’un d’eux pour veiller sur les bagages des hommes pendant que l’autre groupe part au combat, soit cet arrangement sera fait quand les hommes quitteront les bateaux pour aller au combat, et seront alors désignés des hommes pour garder les bateaux ou les bagages des autres, avec l’accord de tous, soit il sera décidé que certains hommes rejoindront les bateaux pendant que d’autres resteront pour veiller sur le butin. Alors ceux-ci obtiendront autant du partage du butin que ceux qui ont remporté la victoire et des biens au combat.
Þar sem þæir atfurðir værða at uvinir9 konongs taka landvarner hans skip eða aðra hans gripi fra honum oc vinnr siðan konongr aftr med bardagha eða fær oðruuis, þa a konongr skip sin oll oc gripi, en ol onnur skip oc gripir oc alt annat lutskipti fare æftir retto lutskipti at mantale. Nest er konongr lausn a landvorðnum ollum. Kononge skal oc fyrst bioða alla dyrgripi er faler værða ef hann vil fullu værði kaupa, ellegr seli huærium sem vilia, þæir sem hava. Alt þat fe sem konongs men hava ok aller aðrer hans fylgðar menn hava til bardaga haft, þa scal æigi til lutskiptis bera huart sem men falla eða æigi at þui sinni. Þæir skulu þa gripu hafa sem æigu með vitnum ef guð gefr kononge sigr, nema þæir se nokorer er aðr hafa or bardaga flyt, þa hafa þæir firir gort þui sem þæir hafa flyt i fra, þot þæir kome aftr oc fae siðan sættir. Sa er rettr hirðmanna siðr at flætta æigi val mæir en bæðe se a likum brøkr oc skyrta. En þo er løyft at taka ef sylfr er a, en sa er ruplar mæir lik en nu er sagt, giælldr hirðmaðr mork en gestr halfa, læiðangrs maðr .ij. aura. En ef knape eða svæin ruppar mæir en nu er mælt, giællde huð sina en sæktena gefe fatøkum monnum. Þar sem þæir atburðir kunnu til at berazt at konongr oc hans men skipta liði i .ij. staðe, annan til þess at giæta varnaðar manna en alt annat fær til bardagha, huart sem þat skipti gerezt þa er men ganga af skipum til bardagha oc eru men æftir sættir at gøyma skipa eða annars varðnaðar með allra samþykt, eða þo at sva skiptizt um, men gange a skipen sumir en sumir se eftir at giæta skipa oc varnaðar manna. Þa skulu þæir taka iammykit lutskipti sem hinir er vinna i bardagha bæðe sigr oc fe.
39. De la paix des églises et des femmes65.
39. Vm kirkiu frið ok kuænna.
Nous avons promis à Dieu, au roi ainsi qu’à toute sa suite, que nous ferons toujours respecter la paix des églises et la paix des femmes. Et celui qui ne respecte ni l’un ni l’autre ne pourra bénéficier de la protection du roi, et il ne pourra être enterré religieusement, et le roi punira chaque homme qui agira de telle manière. Néanmoins, tous ont le droit de voir leur cas examiné avec la plus grande rigueur, et d’autant plus pour de tels hommes afin qu’ils reçoivent le châtiment qu’ils méritent. Aucun des hommes à qui le roi a donné sa protection ne sera malmené par quiconque. Mais on ne peut empêcher personne de rendre justice à un homme qui auparavant a déjà été victime d’une injustice. C’est pourquoi celui qui s’estime avoir été malmené pourra porter plainte devant le roi et ses compagnons, et si celui qui a mal agi veut payer une amende, sur le conseil du roi et des bons hommes, alors celui qui a été malmené ne pourra rejeter la sentence du roi. Mais pour celui qui ne veut pas payer une amende, alors la protection accordée par le roi ne durera que le temps qu’il puisse s’échapper, et cela comme le roi et les conseillers dans sa hird en ont décidé, de telle sorte que la protection accordée par la Couronne ne soit pas enfreinte en présence du roi. Mais s’il propose lui-même de faire amende, en accord avec le jugement du roi et des bons hommes dans cette affaire, alors le roi et la hird devront le garder sous leur protection jusqu’à ce qu’un compromis soit trouvé dans son affaire.
Đat hofum ver hæitið guði bæðe konongr oc allt forunøyti hans at ver skulum iamnan hallda kirkna frið oc kuænna. En sa sem æigi helldr annat huart þa er sa ugilldr kononge oc kalle oc æigi kirkiu græfr oc a konongr at refsa slika luti huat manni sem þetta gerer. En þo ber ollum ret ranzsak oc allra hælst a þuilikum monnum, at þar kome refsing niðr sem vært er. Ollum mannum þæim sem konongr gefr grið ber engum manne at misbioða, en þo ber engan man at hallda til þess at gera æi rett þæim sem han hæuir aðr misgort uið. Oc þui skal sa kiæra firir kononge oc logunautum sem mishalden þickizt, oc ef sa sem misgort hæuir uil bøta eftir konongs raðe oc goðra manna, þa a hin æigi konongs dom at nitta. En sa sem æigi uil bøta. þa megu æi konongs grið hallda honum lengr en han hafe sva long grið ibrot sem konongr oc raðgiafar hans hirðar sea at æi briotezt konongs koruna a honum. En ef han sealfr byðr bøtr a sinu male æftir konongs dome oc goðra manna, þa ma konongr oc hirð uæl hafa han með ser til þess er sætter koma a hans mal.
40. Si un homme trahit son seigneur.
40. Ef maðr niðizt a herra sinum.
Maintenant, nous allons dire comment procéder si un désaccord survient entre la hird et nous, et tout d’abord et principalement si un homme de la hird est coupable de félonie ou de trahison envers son seigneur. Cet homme perdra biens [immobiliers] et protection dans le pays, ainsi que ses biens mobiliers66. Il en est de même pour celui qui aurait connaissance de la vérité et aurait caché [cet homme], que ce soit en raison de liens d’amitié ou de liens de propriété, ou par camaraderie. Celui qui serait reconnu coupable de trahison, alors il est un vrai traître à son pays. Mais s’il conteste l’accusation de traîtrise dans cette affaire, alors il prouvera son innocence comme le roi l’a décidé et selon le jugement de la hird d’après la loi, et dans la mesure où les hommes de la hird estiment qu’il peut y échapper en prêtant un serment de refus67. Si un homme tue un membre de la hird sans avoir auparavant porté d’accusation devant la loi, alors il commet un meurtre honteux. C’est aussi le cas si les handgengnir menn commettent un meurtre honteux ou bien sont coupables d’actions scélérates figurant dans la loi du pays, qu’elles soient commises contre les handgengnir menn ou contre les sujets du roi ; alors ceux-là seront hors la loi selon la loi, eux qui, en fait, sont liés par serment de respecter la loi, de la renforcer et non pas de l’enfreindre.
Nv skulu ver til þes sægia huærn hat a skal hafa ef missætte verðr innan hirðar með os oc um þat fyrst er mest er ef maðr værðr sannr niðingr eða svikare lauarðar sins. Sa maðr hævir firir gort fe oc friði lande oc lausum øyri, slikt et sama sa er þat væit att han er sannr at þui oc løynir han annat huart firir frændsæmis saker eða fear, eða felaxskapar, oc verðr han kunnr oc sannr at þui, þa er han sannr landraða maðr. En sa sem þessara saka dyl þa fare han sva undan sem konongs er rað til oc hirðar domr æftir logum oc monnum synizt at han mege undanførslu uið koma. Ef maðr drepr logunaut sin oc søker han aðr eigi æftir logum um þat mal sem han kiærer a, þa uegr han skemdar uig. Sva oc ef handgengnir men vegha skemdar uig eða gera þau niðings verk er landz logh vatta, huart sem þæir uinna a handgengnum monnum eða a þægnum konongs, þa ero þæir ubota men æftir logum þui at ver erom æiðbunner at halda logen oc styrkia en æigi briota.
41. Ici est expliqué que les hommes de la hird doivent aider leurs compagnons.
41. Her sægir at men hialpe logunautum sinum.
En cas de dissensions et de désaccords entre les hommes de la hird, tant dans les campagnes que dans les villes de marché, alors les compagnons ne s’agresseront mutuellement, ni pour blesser ni pour humilier. Mais au cas où un désaccord surviendrait entre eux, alors celui qui aura commis le méfait devra offrir des compensations ou payer des dommages et intérêts. Cependant, celui qui ne propose pas de payer des dommages et intérêts se place lui-même en dehors de sa corporation. Et celui qui blesse ou écorche son compagnon, le jette par-dessus bord68 ou l’humilie d’une autre façon, alors qu’il n’a pas au préalable formulé de plainte sur ce dont il accuse l’autre, il s’exclut lui-même de la loi de la hird, à moins que le roi et la hird n’en décident autrement. Car les conseils et les décisions que le roi ou ceux qu’il a chargés de traiter les désaccords et dissensions qui pourraient survenir entre les handgengnir menn n’ont pas été suivis. Si un homme de la hird peut sauver son compagnon lors d’un naufrage ou pour tout autre accident ou contre des ennemis, mais qu’il refuse de le faire, alors il s’exclut de la loi de la hird ou bien il doit prêter un serment de refus selon le jugement de la hird. Nul homme de la hird ne peut le dissimuler au roi ou aux frères de la hird s’il a connaissance d’infamies ou de mauvais conseils. Nul homme de la hird ne sera non plus coupable d’indiscrétions et de négligences. Mais celui qui sera reconnu avoir été médisant envers son compagnon au point que cela lui coûte vie ou biens, alors il perdra ses biens et sa vie si cela est reconnu pour vrai. Si un homme ne respecte pas un jugement du roi ou des compagnons sans raison valable, alors il s’exclut de la hird à moins que le roi n’en décide autrement.
Þau oll sundrþycki oc mismæle sem gerazt millum hirðar huart sem þat er i bygðum eða kaupstað, þa skal enge laugunauti laupa a annan huarke at særa ne sviuirða. En þar sem sundrþykt gerizt millum þæirra þa skal sa sem misgerir bioða allar sømdir oc yfirbøtr. En sa sem æigi byðr æftir brot sa segir sik sealfr or laugunøyti. En sa sem særer eða skeinir laugunaut sin, rekr a kaf eða sviuirðir oðruvis ok kiærer æigi aðr vm þat sem han tæl at firir kononge eða þæim sem konongr hæfir skipat til yfir att sea þau mismæle oc sundrþycki er verða millum handgengna manna oc fylgir eigi siðan þæirra loglegre tillogu oc skipan, sa segir sik sealfr or hirðlogum, nema konongr oc hirð uili bætr gort hafa. Ef maðr ma hialpa laugunaut sinum af skipsbrote eða i fiollum uførum eða firir uvinum10 oc uil han æigi, þa er han or hirðlogum eða syni eftir hirðar dome. Engi skal hirðmanna løyna konong eða hirðbrøðr ef han væit skom eða skaða raðen. Engi skal oc hirðmaðr hafa huiktungu firir tungu. En sa sem sannr værðr at þui at han røger laugunaut sin fiors roge eða fear, þa skal sa sinum fe eða fiorvi firir fara ef at roge verðr. Ef maðr ryfr dom konongs eða logunauta nauðsynia laust, þa er han or hirðlogum nema konongr uili bætr gort hafa.
42. Si un désaccord survient dans la hird.
42. Ef missætti værðr innan hirðar.
Quand le lur69 du roi retentira, les hommes s’enquerront soigneusement de savoir de quoi il s’agit et aussitôt qu’ils le sauront, ils se rendront tous, toute la suite du roi ou bien la hird seulement, à l’endroit où le lur a été soufflé, s’ils n’y sont pas empêchés par des circonstances impérieuses. À cela ils ne peuvent se soustraire. Mais celui qui, sans raison valable, ne viendra pas, il payera une eyrir d’argent. S’il fait cela trois fois, alors il s’exclut lui-même de sa corporation. C’est pourquoi les hommes prendront grand soin de se rendre aux rassemblements parce qu’ils pourront y entendre des nouvelles et interroger sur ce qui se passe, et pour ces hommes il est très important que personne d’autre ne puisse savoir cela avant eux, parfois dans l’intérêt du roi, parfois dans l’intérêt même de la hird. Les hommes devront aussi savoir se garder de se rendre là où ils n’ont pas été conviés. Les hommes de la hird ne se rendront pas là où les gestir et les kertissveinar sont convoqués. Et les gestir et les kertissveinar n’iront pas là où les hommes de la hird sont convoqués. Cela serait très malvenu car fréquemment certaines affaires urgentes sont discutées, que ceux qui appartiennent à la corporation de ceux qui ont été convoqués doivent être les premiers à savoir. Rien n’est plus inapproprié pour un homme de bonne manière que d’écouter ou d’apprendre des choses pour lesquelles il n’a pas été convié. Aucune discussion générale ne sera tenue par les hommes de la hird, dans aucune corporation, en présence du roi sans sa permission. Mais s’il s’avérait que quiconque organise une discussion ou bien réunit des gens à soi pour parler de choses qui puissent conduire à désobéir au roi ou bien qui soient contre ses bons avis, alors tous ceux qui en ont eu connaissance et tous ceux qui ont donné leur consentement seront des traîtres envers leur roi. Quand les hommes du roi entendent la corne retentir pour une procession funéraire, alors les hommes prendront soin d’être présents car le défunt n’en aura besoin qu’une fois et pas plus. Mais celui qui, sans raison valable, n’escortera pas le corps de ses compagnons devra payer une eyrir d’argent. De même pour celui qui doit veiller sur son compagnon, vivant ou décédé, et refuse de le faire, il devra payer une demi-fois en plus. Ces amendes, le merkismaðr les collectera et les reversera pour les âmes de tous les chrétiens. Mais si un homme se trouve dans une telle détresse qu’il commet des forfaits, crimes ou délits qui peuvent conduire à son exécution, que ce soit meurtre ou vol, ou autres méfaits qui selon la loi sont punis de mort, et qu’il demande que ses sýslur soient surveillés, alors il sera tiré au sort autant d’hommes que nécessaire pour faire la garde, jusqu’à ce qu’un jugement soit rendu dans l’affaire, et puis les compagnons le suivront jusqu’à son exécution.
Þæim sinnum sem luðr konongs kueðr uið, þa æigu men vandlega at at spyria huerir lutir til ganga oc þegar men uitu sat af þa æigu aller til at koma nauðsynia laust huart sem til er blaset ollu forunøyti konongs eða hirðinni, þa æigu þæir æigi at firi nemazt. En sa sem eigi kemr nauðsynia laust er sækr øyri silfrs. væitir þat þrysuar enum sama, þa er han sealfsagðr or logunøyti sinu. Þui æigu men vandlega at ganga til stæfnu eftir þui sem þæir høyra firi sagt at marger nyir lutir oc atburðir kunnu at spyriazt oc þæir sem monnum varða mycklu male at eigi se oðrum aðr kunnikt oc mego þui valda stundum konongs nauðsyniar. En stundum nauðsyn sealfra vara innan hirðar. Þat skulu men oc uita oc varazt at eigi gange þæir inn sem æigi eru næfndir, eigi þa hirðmen er gestum oc kertisvæinum er blaset, oc æigi þa gestir eða kertisvæinar er hirðmonnum er blaset, þui at þat er mykil ukurtæsi. Þæir lutir kunnu oc iðulega til at berazt er þæim æinum høyra fyrst braðlega at uita er i þui logunøyti eru er þa verða til tals kallaðer, engi uhøverska er mæiri siðugra manna i smalutum en lyða eða lera til þes mals er han er æigi til kallaðr. Ecki almennilekt samtal skulu handgengnir men hafa i engu logunøyti kononge nerveranða uttan með hans orlofe. En ef nokorer verða at þui sanner at þæir hafa samtal eða svæitar drat til þes at tala þat firir nokorum sem kononge er til ulyndni eða i mote se hans rettom boðskap, þa ero þæir landraða men uið konong huerir sem at þui verða kendir oc aller þæir sem þæim samþyckia. Þæim sinnum sem men høyra til þes blasa at fylgia likum þa skulu men þat gera røkilega þui at þess þarf æinu sinni huerr en æigi oftar. En sa sem æigi uil fylgia liki logunautz sins nauðsynia laust, er sækr øyri silfrs. Sa oc sem lytr at vaka yfir logunaut sinum lifanda eða framfornum oc uil æigi er sækr halfu mæira. Uið þessari sekt skal taka merkismaðr oc gefa firir sal allra kristinna manna. En ef nokor verðr sva mykil ugiftu maðr at han gerer þau ugiftu verk, ubota eða udaða at han er dauða firir verðr. annat huart morð eða stuld eða ill verk onnur er logh døma han til dauða oc ber giæzlu syslu a at hafa, þa skulu men lutazt til giæzlu sva marger sem likar þar til er domr kemr a mal, en siðan skulu logunautar fylgia til dauða.
43. Si le roi investit des gestir dans sa hird.
43. Ef konongr gerer geste i hirð sinni.
Il est connu de la plupart des hommes dans la hird du roi que les gestir sont aussitôt après les hommes de la hird en honneur, en rang et en tout droit. Mais pour ceux qui cherchent à obtenir ce rang du roi et que le roi y consent, alors ceux qui veulent être gestir doivent en faire la demande auprès de leurs compagnons selon les anciennes coutumes. Mais si quelqu’un s’y oppose, alors une telle procédure sera traitée au sein de la corporation comme il a été dit précédemment et décidé pour l’investiture des hommes de la hird. Le roi investira les gestir de cette manière, en posant ses mains jointes sur le pommeau et la poignée de l’épée. Mais celui qui sera investi mettra sa main droite sous la garde, puis embrassera la main du roi et prêtera le même serment que celui des hommes de la hird. Ensuite, il ira serrer les mains de ses compagnons. Ils sont appelés gestir parce qu’ils sont accueillis en plusieurs endroits sans y être invités70.
Flestum monnum er þat kunnikt i konongs hirð at gestir ero nester hirðmonnum at sømdum oc at nafnbotom oc ollu rettar fare. En þæir sem læita ser þæirra nafnbota af kononge, oc iattar konongr þa skulu þæir sva uið gesti læita logunøytis sem forn er siðr til. En ef nokur mæler mote þa skal slikr hattr a vera i þæirra logunøyti sem aðr er sagt oc skipat er i hirðmanna logunøyti um slikt efmni. Með þæima hætte skal konongr gera gest at han scal hallda hendi sinni fram yfir sværð sem saman kemr hiolt oc meðalkafle. En sa sem gerizt skal taka høgre hendi sinni neðan undir omanet oc minnazt siðan uið hond konongs oc sværia æið með þæima æiðstaf oc hirðmaðr. Siðan skal han ganga til handsals við logunauta sina. Þui hæita þæir gestir at þæir hafa þar morgum stoðum gisting sem þæim værðr engi þok firir kunnað.
44. Ici sont présentés les devoirs des gestir.
44. Her sægir huær skylda gesta er.
Ces devoirs suivent le rang des gestir en vertu duquel ils doivent, comme tous les hommes de la hird du roi, entreprendre ces déplacements que le roi ordonne, du mieux possible, qu’il leur demande de se rendre à des hommes connus ou bien à des inconnus. Néanmoins, le roi fera bien de ne pas les envoyer pour accomplir des tâches indues, de celles qui pourraient contrarier Dieu, et de celles où le rapport de force leur serait très défavorable. Ils devront méditer eux-mêmes soigneusement sur l’objet de la tâche pour laquelle ils sont envoyés. Ils doivent aussi continuellement garder à l’esprit leur serment ainsi que leur promesse d’allégeance, et rappeler celles-ci à ceux qu’ils voient commettre des méfaits. Évitez de commettre des enlèvements et des vols, et surtout de nuire à la sécurité des femmes. Il ne faut pas se hâter à causer la mort d’hommes, et surtout pas lorsqu’ils ne savent pas exactement ce qu’ils font, ni contre qui ils le font ou bien quelles seront les conséquences. Si les gestir sont envoyés pour procéder à des confiscations, alors ils veilleront bien à ne pas s’approprier les biens d’autrui, mis à part ce qui doit être dûment confisqué. Mais ceux-ci seraient-ils quand même pris promptement, avant que les gestir ne comprennent ce qui est correct, alors les biens seront rendus, à la suite d’un examen approprié. Rien de ce qui a été confisqué ne sera caché, sans que celui qui voulait cacher soit appelé voleur. Mais au cas où un gestr serait chargé de prendre la vie d’un homme, alors il se gardera d’user d’armes contre des criminels de second degré, et si cela est possible, il les fera prisonniers et cela sans se hâter de prendre les armes. Ils devront plutôt se voir proposer l’assistance d’un prêtre, si les gestir peuvent en faire venir un. Mais s’ils agissent d’une autre manière, alors ils en répondront devant Dieu, et les chefs ne devront pas laisser cela impuni. S’ils opèrent dans les campagnes, les gestir devront aussi assister les lendir menn et les sýslumenn dans toutes les affaires juridiques du roi, s’ils sont appointés, même s’ils n’appartiennent pas au groupe de guerriers71 de la hird. Les lendir menn et les sýslumenn devront aussi assister les gestir dans tous les procès dont ils ont la charge, comme on peut l’attendre de vrais compagnons, partout où ils sont les égaux des autres sujets du roi.
Þesse sysla fylgir þessare nafnbot at þæir eru skylldir sem aller handgengnir men konongs at fara þær færðir sem konongs byðr þæim æftir þui sem frammazt megu þæir, huart sem han uisar þæim til kunnra manna eða ukunra. En þo ber kononge væl firir at sea at eigi uisi han þæim til ukemilegra luta oc æigi til þes at guði se uþækt i, æigi oc til þæss at ofmykit ofræfli er i. Þæir æigu oc sealfer vandlega at at hyggia til hueria luta þæir ero sender. Þæir æigu oc iðulega at minnazt a æið sin oc tru oc minna a aðra þa sem þæir sea at misgera. Varazt uið ran oc stuld, oc allra hælzt um kuænna frið, laupa æigi braðlega til mandrapa huervetna þar sem þæir uitu eigi giorla skil a huat þæir gera eða huerium þæir fylgia. Ef gestom verðr uisat til uptækta, þa giæte þess uæl at æigi fylgi fe annara manna, nema þat æit sem uptækt se. En þo at tækit værðe braðlega aðr en þæir verðe sanz varer þa late þegar aftr ganga sem ret ranzsak kemr a. Engi skal oc løyna þui er han hæuir uptækit, nema sa uili þiofr a hæita sem løynir. En þar sem gester uærða til gorver at taka men af, þa se firir vanðlega at æighi verðe saklausir men firir vapnum. Oc þar sem þæir æigu þess kost þa skulu þæir handtaka men oc bera æigi þegar vopn a þa, hælldr nae þæir fyr æinum preste ef þæir megu þui uið koma. En ef þæir gera oðruvis þa svare þæir firir guði, oc æigi ber hofðingia at lata þat vera hirtingia laust. Gestir eru oc skylldir þar sem þæir ero i bygðum at væita liðsinni lendum monnum oc syslumonnum til allra rettra konongs mala þar þæir værða til krafðer, þo at þæir se æigi svæitfaster. Lendir men oc syslumen ero oc þæim skyldir at fylgia þeim til rettra mala sva sem sinum logunautum, huarvetna þar sem þæir eru iamnaðar men uið aðra konongs þægna.
45. Des gestir et de leurs droits.
45. Vm gesti ac þæirra rett.
Les gestir auront tout le respect qui est dû aux hommes de la hird au sein de la hird, et qu’ils méritent. Si les gestir ne se rendent pas aux réunions des gestir ou ne prennent pas part aux processions funéraires de leurs compagnons, alors chacun d’eux devra payer une amende comme le doit tout homme de la hird. Tout ce qui concerne les usages à table entre les gestir, tel que le livre de la hird l’explique, ils le suivront, ainsi que tout ce qui peut améliorer ces usages aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre. Les bateaux des gestir seront avec le bateau du roi lorsqu’il voyage à travers le pays, et ils auront aussi le chef que le roi leur a conseillé. Et il en sera ainsi que les bateaux des gestir seront régulièrement placés juste derrière le bateau du roi, ou devant celui-ci si le roi en donne l’ordre lui-même. Les gestir assureront toutes les gardes extérieures et tous les guets pour le roi, que ce soit sur terre ou sur mer, selon les conseils donnés par le roi. Les gestir prendront et quitteront leur garde au moment qui a été décidé. Pour le service de garde, ils porteront soit une épée soit une hache, une cervelière72, une lance et une targe. Il y aura autant de gestir de garde en autant d’endroits, et en autant de lieux qu’il a été décidé. Aucun homme bien portant ne donnera sa garde à un autre sans la permission du roi. Cependant, la personne qui la confiera à un autre devra payer comme si la garde n’avait pas eu lieu, et celle qui l’acceptera sans permission sera déclarée hors la loi. Chacun s’acquittera de son devoir de garde là où cela lui a été demandé. Si quelqu’un refuse de faire sa garde là où on lui a demandé, alors elle doit être considérée comme non tenue, même si elle a été faite ailleurs. Si des hommes vont à la garde et qu’ils sont considérés comme dignes de confiance, alors ils pourront partir en paix. Mais s’ils ne le sont pas, alors ils seront retenus jusqu’à l’aube.
Allar þær þyrmslur sem hirðmonnum byriar at hafa þær innan hirðar sem til þæirra forunøytis byriar æigu gestir at halda oc hafa. Ef gestir koma æigi til gesta stæfnu eða fylgia æigi likum logunauta sinna þa er huer þæirra sækr sliku sem hirðmaðr. Oll þau mal sem til siðsemdar høyra millum gesta innan borðs oc hirðskra skyrir, þa skulu þæir nyta þar af allt þat sem til siðar bota er bæðe i friði oc i ufriði. Gestir skulu11 oc hafa skip með kononge þegar han fær firir land fram, oc þan forman firir ser sem konongr gerir rað firir, oc hage sva til at þæir fare iamnan sem nest eftir konongs skipi. En þui at æins firir at han bioðe sva sealfr. Gester ero oc skylldir at hallda alla utvorðu oc niosner ifir kononge huart sem þarf a landi eða sio, eftir þui raðe sem konongr gerer firir. Gestir æigu at ganga a vorð oc af verði þan tima sem þa verðr firir sagt, þæir skulu hafa til varðar annat huart sværð eða øxi, stalhufu, spiot oc buklara. Sua marger skulu oc hallda i huærium stað oc sva i morgum stoðum sem þa værðr firir sagt. Engi hæil maðr skal fa annan firir sik til varðar nema konongr lofe. En sa sem fær giallde slikt sem vorðr se fallen. En hin retlaus er tok a hendr ser uløyuis. I þæim stað skal huerr til varðar ganga sem honum er boðen, en sa sem eighi uil hallda þar sem honum er boðen þa er sem uhallden se þo at han hallde i oðrum stað. Nu ganga men a vorð oc kenna men at þat ero skila men, þa skulu þæir i friði fara. En ef þæir kenna æigi, þa skulu hallda þæim til dax.
46. Du devoir de garde et de ce qui en dépend.
46. Vm varðhald oc þæt sem þar til høyrir.
S’il en est ainsi que des hommes sont de service de garde de telle sorte qu’il y a dans le groupe aussi bien des gestir que d’autres hommes qui ne sont pas des handgengnir menn, alors il sera ordonné que des gestir soient toujours de garde avec ceux-ci. Et les gestir devront être les plus nombreux au service de garde étant donné que ceux-ci sont loyaux au roi et qu’ils ont la plus grande connaissance du service qui est dû. Si quelqu’un soustrait un homme de sa garde avec des violences commises sur l’homme de garde sans raison justifiée, alors il payera quarante marcs en temps de paix et sera déclaré hors la loi en temps de guerre. Les hommes n’abandonneront pas leur garde tous en même temps. Maintenant, s’il devait arriver que, pour une raison valable ou une autre, un seul homme soit de garde, alors il demandera la permission d’en faire venir un autre avec les mêmes aptitudes au combat avec ses armes. Mais s’il ne trouve personne alors il restera à son poste. Mais en cas de nécessité, un des gardes à la fois pourra quitter la garde s’ils ne sont pas plus que trois, et deux seulement s’il y en a encore autant, mais en aucun cas plus à la fois peu importe combien sont de garde. Il est strictement interdit que les hommes de garde reçoivent des paiements si on leur demande de ne pas effectuer un contrôle en plein jour. Et ceux qui feront cela auront manqué à leur service, et tous ceux qui seront dans cette situation devront en répondre s’il s’avère que cette demande a été faite par des criminels. Ceux qui feront les gardes extérieures en temps de guerre devront bien porter leurs habits de combat et avoir une corne avec eux. Il leur incombera de prendre leur garde dès que possible, de surveiller convenablement, le moins souvent possible de rester calmement assis et de marcher de long en large, et d’écouter attentivement. Personne n’ira faire sa garde sans permission, mais si quelqu’un le fait quand même, alors l’homme sera retenu jusqu’à ce que l’affaire soit examinée le matin suivant, et il ne sera pas libéré avant que le roi ou bien ses hommes de confiance aient donné leur avis. Les gardes devront écouter s’ils entendent soit des bruits de rames ou de chevauchées. Et s’ils estiment qu’il y a des raisons de s’inquiéter, et qu’ils sont incertains, alors ils appelleront d’autres hommes qui seront à proximité, s’ils peuvent venir, et leur demanderont leur avis si on doit faire sonner l’alarme ou pas. Mais si cela n’est pas possible, alors ils feront donner l’alerte dès que possible afin de réveiller tout le monde. Et certains se hâteront chez le roi et lui fourniront un rapport complet sur la situation.
Þar sem men ero sva til varðhallz i svæitum at bæðe ero gestir oc þæir men aðrer sem æcki ero handgengnir, þa skal sva till skipta at æ se gestir með oðrum monnum a værði þui at þæir ero kononge truskylldir ok sva kunnu þæir mest af þæirri þionostu sem þæir ero til skylldir oc þæir æigu mester i varðhallde at vera. Ef men taka man af værði med vallde af varðmonnum at uranzsakaðu male, þa eru þæir sækir .xl. marka i friði. en ubota mal i ufriði. Men skulu æigi ganga aller sen af værði. Nu er manne æinhuer nauðsyn a hende oc a han uorð, þa skal han biðia orlofs at fa annan iamnvæl liðføran með vapnum sinum. En ef han fær engan hallde seallfr, en ef nauðzsyn er at, þa gange æin i sen ef æigi ero flæiri til en .iij. en þo at æins .ij. at iammarger se eftir, en alldri flæiri i sen huerssu marger sem hallda. Þat er oc vandlega firi boðett at nokorar lausnir se tæknar af þæim monnum sem a vorð ganga til þess at þæir biði æigi ranzsaks a liosum dæghi, en þæir sem þat gera. Hafe firir gort þionostu sinni oc svare ollu þui sem af hinum kan at standa ef þæir røynazt at uskila monnum. Þæir sem til utvarðar skulu ganga i ufriði skulu væl hærklæðazt ok hafa luðr með ser, ganga til varðar i fyrra lage. Vaka siðan uæl, sitia sialldan kuirrir, ganga aftr oc fram oc lyðazt um. Engir men skulu a vorð ganga løynuis laust. En þo at nokorer gange, þa skal halda monnum til þes er ranzsak kemr a um morgenen æftir oc scal þa lata æigi fyr lausa en með konongs raðe eða hans trunaðar manna. Varðmen skulu til lyða at þæir høyri huarke røður eða ræið, oc ef þæim þikkir nokot til uroar vent oc þickiazt þæir þo æigi til uita þa skulu þæir kalla a aðra men þa sem nestir ero ef þui ma uið koma ok hafa þæirra rað uið huart blasa scal eða eigi. En ef þui ma æigi uið koma þa skulu þæir blasa sem fyrst oc vækia allt folk, en sumir skyndi til konongs oc segi honum sanna uoxtu a þui male.
47. Comment le roi investira les kertissveinar.
47. Huerssu konongr scal gera kertissvæina.
Selon une ancienne coutume de la hird, le roi choisit ses kertissveinar dans les bonnes familles, ceux qu’il estime être qualifiés pour cela. Et c’est pourquoi les hommes qui accompagneront les kertissveinar dans leur service devront examiner avec soin l’origine familiale, les comportements et les moyens que ceux-ci ont73, puis informer le roi que toutes les informations ont été vérifiées. Quand le roi décidera d’investir ses kertissveinar, il laissera aux dróttsetar le soin de placer ces hommes devant une table, le jour où il le souhaite, entre le moment où la table sera desservie et le moment où le roi ira se laver les mains74. Le roi tendra sa main droite au-dessus de la table, là où il lui conviendra le mieux. Et celui qui sera investi joindra ses deux mains autour de la main droite du roi et l’embrassera tout en lui promettant loyauté et complète obéissance, aussi bien secrètement qu’ouvertement, d’une manière aussi absolue que celle à laquelle le roi prête serment sur le livre75. De fait, les kertissveinar sont les handgengnir menn du roi, même s’ils ne sont pas sverðtakarar. Après cela, celui qui est investi inclinera sa tête au-dessus de la table. Le roi jettera les bouts de la serviette autour de son cou, puis, avec le dróttseti, le kertisveinn tiendra la cuvette et donnera l’eau au roi. Mais si plus d’une personne est investie, alors quelqu’un d’autre tiendra la serviette. Après cela, quelqu’un prendra la cuvette, quelqu’un l’étoffe ou tout autre objet du service de table, et les fera sortir de la pièce comme il est d’usage. C’est pour cette raison qu’ils sont appelés kertissveinar, car ils sont chargés de tenir les chandelles pour le roi ou les autres chefs à Noël, et de le faire quand le roi le requiert. En outre, ils seront également dans l’escorte du roi avec les hommes de la hird si le roi estime que c’est opportun, et pourvu que des hommes de la hird soient présents. Ils seront aussi sur les bateaux avec le roi lorsqu’il voyagera à travers le pays, et ils auront aussi le chef que le roi a recommandé. Et il en sera ainsi que les bateaux des kertissveinar seront régulièrement placés juste derrière le bateau du roi, mais devant celui-ci, si le roi en donne l’ordre lui-même. Les kertissveinar devront aussi fournir tout le service que le roi exige, pour son salut et son honneur. Tel que c’est le plus approprié, leur groupe doit bénéficier des mêmes droits et usages qui ont été décidés pour les membres de la corporation des hommes de la hird ou des gestir. De même s’ils étaient impliqués dans les affaires précédemment mentionnées, ils subiront les mêmes châtiments et amendes qui ont été décidés pour les hommes de la hird et les gestir. En particulier, il leur sied d’être attentifs et de se renseigner sur toutes les choses utiles et sur les usages courtois de la hird, car ils sont souvent engagés dans leurs services à un plus jeune âge que d’autres.
Þat er forn siðr innan hirðar at konongr vælr ser af goðom ættom þa men til kertissvæina sem kononge þyckir til þess falner. Oc af þui æigu þæir men giorla at ranzsaka sem þæim fylgia til kertisvæins uistar um æt oc meðferði þæirra, fe oc framkemd, oc sægia sva kononge at æigi spyrizt annat sannara um allt þetta. En þan tima sem konongr uil gera kertisvæina þa skal han lata drotseta skipa þæim monnum firir borð sem han uil þan dagh lata gera millum þess er ruð eru borð oc han tækr sealfr vatn. Konongr skal hallda høgre hende sinni fram ifir borð sem honum er høgazt, en sa sem gerazt skal taka baðom hondum um høgre hond konongs, oc minnazt uið, iattandi honum i þuisa sina tru oc holloztu bæðe løynilega oc openberlega sva fulkomlega sem sa er honum sver bokar æið. Ero þui kertisvæinar kononge handgengnir þo at þæir se æigi sverðtakarar. Eftir þat skal sa sem gerizt luta hofði sinu up ivir borð. Konongr scal kasta handklæðes lykkiunni fram yfir hals honum. Sidan scal han hallda a mullaugu meðr drotseta meðan han gefr kononge vatn. En ef flæiri gerazt en æin þa hallde sumer a handklædi. Æftir þat take sumir mullaugar sumir handklæðe æða annan borðbunað oc bere uttar sva sem aðr er siðuenia a. Þui hæita kertisvæinar at þat er æinkanlega skylda þionosta þæirra at hallda kerti firir kononge eða oðrum hofðingium um iol oc iamnan þess i millum þegar konongr lætr þa til kræfia. Sva skulu þæir oc vera i fylgðar halde með hirdmonnum þegar kononge þikkir þat tilfællilegt vera, sua þo at nokorer se hirðmen i með þæim. Þæir skulu oc hafa skip med kononge þegar han fær firir land fram þui likt oc þan forman firir ser sem konongr gerer rað firir oc hage sva til at þæir fare iamnan sem nest æftir konongs skipi. En þui at æins firir at han bioðe sva sealfr. Kertisvæinar ero oc skyldugir til allrar þæirrar þionostu sem konongr lætr kræfia ser til lettes oc sømdar. Alla þa samþykt oc siðsemd sem vattar aðr i hirðmanna logunøyti eða gesta skulv þæir ser til gangs nyta æftir þui sem frammazt byriar þæirra logu nøyti. Slikar ræfsingar oc sæktir liggia uið er þæir misgera um nokora þa luti sem aðr vattar millum hirðmanna oc gesta ef þæir misgera. Æinkanlegha høver oc þæim at vera aruaker oc letter a ser til allra nytsamlegra luta oc heverskra hirðsiða þui at oftar værða þæir tæknir til sinnar þionostu a letlifum aldri en nokorer aðrer.
48. Les amendements qui furent donnés par le roi Magnús le couronné76.
48. Rettarbøtr þær er gaf Magnus konongr hinn koronaði.
Le roi Magnús octroya ces amendements à sa hird et à ses handgengnir menn. Tout d’abord, il confirma les amendements que le roi Hákon, son père, leur avait accordés. Et en particulier, il donna six aurar comme rémunération pour chaque âme, de sorte que la part des handgengnir menn pour laquelle ils paient la dîme soit moins réduite et que tout soit payé comme il se doit. Il accorda aussi que les hommes de son escorte soient nourris par le roi quand ils sont de service d’escorte, alors qu’auparavant ils devaient rentrer chez eux dès que le roi se rendait à sa table. De plus, il leur donna aussi une corne à boire, qu’ils soient nombreux ou non à être dans le service d’escorte. Il décida aussi qu’une coupe77 à la mémoire de saint Olaf sera partagée le soir à Noël dès le début du festin, avec la boisson que le roi juge la plus appropriée. Et les bonnes et sages coutumes qu’il a établies dans la hird afin de limiter les excès sont connues de tous ceux qui veillent au salut de son âme, notre seigneur Jésus-Christ. Voici le premier amendement que le roi Magnús donne maintenant à sa hird et aux handgengnir menn. Il confirme les amendements que son père, le roi Hákon, octroya en son temps, aussi longtemps que ceux-ci respecteront envers lui [Magnús] ce qu’ils jurèrent de respecter envers lui [Hákon], et cela est la plus grande bienveillance et la plus loyale déférence, aussi bien dans le pays qu’en dehors, ouvertement que secrètement, et avec un service sans faille. Ajouté à cela, il confirme en particulier ces amendements. Tout d’abord pour ses lendir menn, que même si les sýslumenn ont autorité sur les húskarlar des lendir menn ou bien sur un autre lendr maðr, il [sýslumaðr] n’aura pas le droit de les utiliser à son service, à moins que le pays ne se trouve face à de grands besoins en raison d’une nécessité soudaine et impérieuse à la suite d’attaques ennemies, et à moins que le roi lui-même ne lui en donne l’ordre par lettre. Ainsi, en cas de mobilisation générale, les húskarlar, s’ils s’y rendent, iront avec les lendir menn à qui ils sont liés, à moins que le roi n’en décide autrement. De même, au cas où un quelconque homme du roi enfreindrait la loi contre le húskarl d’un lendr maðr, alors le roi ne le prendra pas à son service avant qu’il ne se soit amendé envers le lendr maðr. Le roi a laissé aussi ajouter que, même si l’ancienne loi de la hird stipule que le lendr maðr ne pourra jouir de son bénéfice pendant douze mois après qu’il se sera séparé du roi, à partir de maintenant il bénéficiera de tout son bénéfice, à tout moment pendant douze mois, et ce dès qu’il s’est séparé de son roi avec la promesse d’une vie paisible.
Đessar rettarbøtr gaf Magnus konongr hirð sinni oc handgengnum monnum. Fyrst at andverðu at han staðfæsti þær rettar bøtr er Hakon konongr faðer hans gaf þæim. En þessar varo þær æinkanlega at han gaf .vi. aura til huers sals i mala gift þar sem han gaf sealf mala at þui minna skerðis lutr handgenginna manna er tiund er af gorr, oc at hon se þui ollu røkelegare græið. Han gaf oc at fylgðar men skulu vera a konongs kostnaðe iamnan þegar þæir hallda fylgð. En aðr gek huær hæim til sin þegar konongr gek til borðz, þar til gaf han oc fylgðar horn huart sem fylgð hellde flæiri eða fære. Sva gaf han oc at lata bera bolla horn vm kuældum at Olafs minni vm iolum þegar er mungat veri inni af þæim dryk sem konongi þickir þa tilfællilegazt vera. En um þær spectir oc siðsemd sem han skipaði innan hirðar þo at han tøke uið morgu ustiltu þa er þat þæim æinum kunnikt sem hans salo ombuni þat er var herra Jhesus Christus. Nu er su en fyrsta rettarbot sem Magnus konongr gefr hirð sinni og handgengnum monnum at han staðfæsti þær rettarbøtr er Hakon konongr faðer hans gaf um sina dagha æ meðan þæir hallda þat uið han sem þæir hafa honum tet. En þat er hin mæsti goðuili oc æftirlæte með auðkuæðre lyðni bæðe uttan landz oc innan. openberlega oc løynilega, með ubrigðilegre þionostu, en til þess iattar han æinkanlega þessar rettar bøtr. Fyrst at uphafi lendum monnum sinum at þo at syslu maðr hafe valld ifir lenz manz huskarle eða annar lendr maðr þa skal han engar nefningar hafa a honum nema þær æinar sem konongr sealfr byðr honum i brefi sinu, uttan sva storar þarfer bere til at akaflegha þurfi vm lanðzsens nauðzsyniar at veria braðlega firir uvina arasum. Sva oc ef almennilegar næfndir eru, þa skulv huskarlar með þæim lendum manne fara sem þæir eru a hendi buner ef þæir fara. nema konongr skipi annan veg, sva oc ef konongs maðr æinhuerr brytr log a lenz manz huskarle, þa skal konongr æighi iatta honum þionostu fyr en bøtt er við hin aðr. Þat lætr oc konongr þui fylgia at þo at hin forna hirdskra uattaðe sva fyr at lendr maðr skulldi æigi hafa mæira af væizlu sinni en þa væri .xij. manaðom faret er han skildizt uið konong, þa skal han nu hafa alla veizlu sina huærn tima a .xii. manaðom sem han skilst uið konong með goðu orlofe til kuirsætis.
49. De l’amendement concernant les stallarar.
49. Vm Rettarbøtr stallara.
Le roi Magnús accorda ces amendements à ses stallarar. S’ils n’ont pas de sýsla de lui, alors ils recevront quinze marcs en argent78 pris sur les terres du roi, même si cela n’était pas clairement expliqué dans l’ancienne loi de la hird. Il laisse aussi ajouter que ceux qui seront avec lui à Noël auront deux habits de petit-gris79.
Đessar Rettarbøtar gaf Magnus konongr stallarom sinum. At þegar sem þæir hafa æigi syslu af honum. þa skulv þæir taka i ræiðum þæningum .xv. merkr af konongs garðe þo at þat være æigi sva græiðlega skyrt i hinni fornu hirðskranni. Þat let han ok fylgia at þæir skulu hafa tvæn klæðe með gram skinnum þæir sem með honum ero vm iol.
50. L’amendement concernant les merkismenn du roi.
50. Rettarbøtr mærkismanna konongs.
Le roi Magnús accorda ces amendements à son merkismaðr. Même si dans l’ancienne loi de la hird il avait été décidé qu’il obtiendrait un bénéfice de dix marcs, à partir de maintenant, il accordera au merkismaðr, pour son propre honneur et celui de la hird, les mêmes bénéfices et droits qu’au lendr maðr et au stallari, et le droit de s’asseoir du stallari. Le roi a aussi promis à son merkismaðr qu’il n’aura pas à faire de garde étant donné qu’il escortera le roi où qu’il aille en dehors de ses terres. Toutefois, si un autre skutilsveinn, qui soit de service de garde ou pas, se propose d’escorter le roi ou de faire la garde ce jour-là, ou bien s’il y a plusieurs hommes qui sont proches du roi en dignité ou en rang, alors les services seront organisés dans le même ordre hiérarchique décrit précédemment.
Đessar Rettarbøtr gaf Magnus konongr merkismanne sinum at þo at su en forna hirðskra vattaðe sva fyrr at han skuldi hava .x. marka væizlu, þa gefr han merkismanne iamnan heðan af firir sømdar saker sealfs sins oc hirðarinnar at han skal hafa slika væizlu oc ret sem lendr maðr oc stallare oc iamnan hava sess nest stallara, þat hæuir konongr oc iattað mærkismanne sinum at han skal enga stoðu halda þui at han skal fylgia kononge huert sem han fær vtan garðz oc annar sa skutilsuæin sem stoðu hældr oc æi byðr fylgð eða vorð þan dagh eða mæiri men eru ner konongi at metorðum eða nafnbotum. En þa hinir ut i fra sem aðr var skrað.
51. L’amendement concernant les skutilsveinar.
51. Rettarbøtr skutilsuæina.
Le roi Magnús accorda ces amendements à ses skutilsveinar, en plus de ceux qu’il a donnés à tous ses hommes de la hird. Tout d’abord, que les deux qui sont de garde ne seront pas employés à servir à boire, mis à part aux banquets où le roi lui-même, ou bien d’autres skutilsveinar, leur demande de servir. Néanmoins, cela sera fait aux frais du roi tant pour la nourriture que pour la boisson. Et, les skutilsveinar devront s’asseoir, à Noël, sur l’estrade de la hird au fond. Chaque jour, on tirera au sort qui, avec les skjenkarar, servira ces chefs qui sont assis sur les hauts sièges avec le roi. Si le besoin se présente plus souvent qu’une fois, alors on tirera de nouveau au sort après le premier tour. Mais le service de boisson ne devra pas leur incomber à Noël, à moins que le roi ne le requière, car ils doivent se conformer à ses instructions, en dehors du pays et en dedans, pour son honneur et pour un service honorable.
Đessar Rettarbøtr gaf Magnus konongr skutilsvæinum sinum um fram þær sem han hæuir gefet hirðmonnum. Fyrst at þæir .ij. sem stoðu hallda skulu12 æcki starf hafa firir skenking, nema þær væizlur se at konongr sealfr late þæim til sægia at skenkia eða oðrum skutilsvæinum oc se þo a konongs kostnaðe bæðe at mat oc dryk. Sva skulu oc skutilsvæinar sitia inztir a hirðpall vm iol. Luta skal af til huers dags at þiona i hasæte með skenkiara þæim hofðingium sem þa eru með kononge, þarf oftar en um sin þa heui lutan a nyungum þegar um er faret. En æcki starf skulu þæir hafa firir skenking vm iol nema konongr late þæim til sægia, þui at hans boðskap æigu þæir at halda utan landz oc innan honum til semdar oc uiðrkemilegrar þionostu.
52. L’amendement concernant les hommes de la hird.
52. Rettarbøtr hirðmanna.
Le roi Magnús accorda aussi ces amendements à ses hommes de la hird. Quand les hommes de la hird seront investis, ils pourront toucher eux-mêmes l’épée du couronnement du roi, si elle est accessible. De plus, que le roi les embrassera après qu’ils auront prêté serment, ainsi que les lendir menn et tous les autres hommes de la hird, et ainsi de suite par ordre de rang, de la manière qui est décrite plus tôt dans le livre de la hird.
Đessar Rettarbøtr gaf oc Magnus konongr hirðmonnum sinum at þæir skulu13 taka uið korono sværði konongs sealfs ef þat er ner, þa er þæir gerazt hirðmen. Sva oc at konongr skal minnazt uið þa siðan er þæir hava eið svoret oc lendir men oc aller aðrer hirðmen ut i fra med þæim hætte sem aðr vattar i hirðskranne.
53. Des renseignements recueillis par la hird du roi.
53. Vm niosn er borin er til hirðar konongs.
Et le roi Magnús a aussi promis à ses hommes de la hird, aux gestir ainsi qu’aux kertissveinar que toutes les amendes et les friðbøtr80 qu’ils devront, le roi les aura et les prendra pour lui selon son bon vouloir, d’après la loi et avec miséricorde. Mais pour les þægngilldi81 ou les amendes liées à toute autre affaire importante, alors les sýslumenn recevront du roi les cautions et les déclarations légales82, en accord avec la loi. Mais, dans le cas où un handgenginn maðr avait vent de l’approche d’ennemis avant le roi lui-même, et quittait sa demeure immédiatement pour fournir ces renseignements au roi pour protéger la vie du roi, et qu’à cause de cela il devait perdre ses biens, alors le roi compensera ces pertes. Mais celui qui, en temps de guerre, quitte sa demeure pour renseigner ses compagnons sur des mouvements ennemis plutôt que de sauver sa maison et ses marchandises, alors le roi compensera un tiers des pertes, la hird l’autre tiers, le troisième étant dû par celui à qui les nouvelles furent rapportées en premier. Le handgenginn maðr qui, pour la cause du roi, reçoit des blessures importantes telles que la perte des mains ou des pieds, de la vue ou de l’ouïe, de la parole, ou de l’entendement ou de la mémoire, ou qui reçoit des mutilations, au point de ne plus pouvoir être en mesure de combattre, à cet homme, le roi fournira une maison de telle sorte qu’il ne soit pas dépendant d’autres hommes par la suite. Il est aussi entendu avec nous les handgengnir menn, que si l’un d’entre nous devient si pauvre qu’il est sans défense pour cause de vieillesse ou de mauvaise santé, alors le roi et ses compagnons aideront cet homme à trouver un monastère. La moitié du prix de la nourriture sera à la charge du roi, et l’autre moitié à celle des compagnons.
Sva iattaði oc Magnus konongr hirðmonnum sinum. gestom oc kertisvæinum at allar þær sæctir ok friðbøtr sem þæir gera skal konongr sealfr hafa oc taka sem honum likar æftir loghum oc miskun. En um þægngilldi eða onnur stormæli, þa skulu þo konongs syslu men taka fæstur oc vorzlur eftir logum. Sva oc ef handgengin maðr spyr hersogu fyr en konongr sealfr oc firir lætr þegar hæimili sit oc ber kononge niosn til lifs giæzlu oc lætr siðan firir þetta sit goðz, þa skal konongr aftr giallda. En sa sem þui lætr i ufriði at han uil fyr bera logunautum sinum niosn en hialpa bui sinu eða kaypøyri, þar skal konongr aftr giallda þriðiung. En annan hirð, þridia sa sem niosn var boren. Sa handgengin maðr sem verðr firir þæim orkymla sarom at han missir handar eða fotar, synar eða høyrnar, mals eða viz eða minnis eða fær þau lemstrar sar firir konongs saker at han se siðan æigi liðfør. Þæim manne er konongr skylldir at fa hæimilis hus at han se æigi siðan þurfande annara manna. Sva er oc mællt með oss handgengnum monnum att ef æin huerr værðr firir sva mykilli fatøkt at han gerizt hialplaus firi ælli saker eða vanhæilsu, þa skal konongr oc hans logunautar hialpa þæim manne til klaustrs. Gefe halfa prouendo konongr en halfa logunautar.
Maintenant, si un handgenginn maðr est fait prisonnier, que ce soit dans un pays païen ou chrétien, et qu’un de ses compagnons s’y rende, alors il libérera son compagnon, s’il peut se procurer les moyens pour cela. Mais, quand le prisonnier rentrera chez lui, alors il devra rembourser tout à celui qui l’a libéré. Mais s’il n’en a pas les moyens, alors le roi remboursera la moitié, et les compagnons l’autre moitié. Mais celui qui ne veut pas libérer son compagnon de prison après son emprisonnement, alors il s’exclut de sa corporation. Maintenant, dans le cas où, lors d’une bataille, un homme se retrouvait face à son père ou son fils ou son frère, et les aidait, alors personne ne leur infligera ni tort ni blessures sans le conseil du roi. Mais si le roi ne souhaite pas qu’il reste dans la hird, ou bien si les compagnons ne le souhaitent pas non plus, pour une raison ou une autre, alors il bénéficiera tout de même de l’immunité jusqu’à ce qu’il soit hors d’atteinte, étant donné qu’il a déjà reçu son immunité d’un homme de valeur égale, à moins qu’il n’ait commis de tels actes contre le roi lui-même ou contre les handgengnir menn, et qu’il est évident que les hommes ne peuvent le garder dans la hird. Il est ainsi que tous les handgengnir menn ont accepté, sur le conseil du roi, que celui qui est nommé homme de la hird doit payer une eyrir d’argent pour les frais de bouche des hommes de la hird et pour les messes dites pour le salut des âmes des compagnons morts, et pour le sien quand le moment sera venu où il en aura besoin. Mais une autre eyrir doit être payée pour les compagnons de la hird qui seraient dans le besoin, de telle sorte que ceux qui ont déjà payé pour aider quelqu’un à rejoindre une abbaye n’auront pas à contribuer une fois de plus. Rien n’étant plus convenable que les gestir et les kertissveinar payent une demi-eyrir pour leurs compagnons, pour tout ce qui a été dit précédemment, et tous feront cela en bon ordre, de telle sorte qu’il apparaît que chacun, en tout lieu, a payé à parts égales. Et il n’y a pas une guilde dans ce pays qui soit si pauvre qu’elle ne puisse payer de cotisation pour aider ses membres morts et vifs.
Nu ef handgengin maðr verðr hertekin huart sem þat er a hæiðnu lande eða kristnu oc kemr logunautr hans þar, þa skal han løysa ut logunaut sin æ meðan honum vinz fe til. En siðan han kemr hæim þa skal sa er løystr var gielda upp fe allt þæim sem løysti han. En þar sem hans fe þrytr þa scall konongr giallda halft en logunautar halft. En sa sem æigi uil løysa logunaut sin or hoftum æftir fongum þa er han or logunøyti. Nu ber sva til at maðr finnr faður sin i bardaga eða sun sin eða broður ok fær holpet þæim, þa skal engi þæim mæin gera fyr en með konongs raðe. En þo at sva bere til at konongr vili æigi at han se innan hirðar eða logunavtar uili eigi firir æinna huæria nauðsynia saker, þa scal han þo grið brot hafa með þui at han fek fyrst grið af iamnskylldum manne ser, nema han hafe þau verk gort annat huart til konongs sealfs eða handgenginna manna, oc sva se openber, at monnum se æi hafanda han innan hirðar. Sva hafa oc handgengnir men aller iattað með konongs raðe, at huerr sem hirðmaðr gerizt skal luka øyri silfrs til hirðmanna prouendu at upp halldezt salu messa firir sal framfarenna logunauta sinna oc sealfs hans þan tima sem þess þarf, en annan øyri þurfandum logunautum sinum at þui minna þurfi þæir til at læggia sem aðr hava græit þan tima sem þurfandum skal til klaustrs hialpa. En gestir oc kertisvæinar skulu læggia hallfan øyri til huers þessa sem aðr er sagt til sinna logunauta oc gae þes aller at gera þetta med goðom græiðskap, þui at fram kan þar at koma i æinum huærium stað iammykil sem æigi er tilfællilegare. Er oc varla sva fatøkt gilldi i landenu at æi have nokora samgræizlu livandum oc framfornum til hiallpa.
54. Que la loi de la hird soit lue à haute voix aux handgengnir menn à chaque Noël.
54. At Hirðskra se upp lesen i huerium jolom firir handgengnum monnum.
Tel qu’il est aussi établi dans la hird par tous les handgengnir menn, et par la volonté et le conseil du roi, à chaque Noël toute la loi de la hird sera lue à haute voix à tous les handgengnir menn, aux jours que le roi estime les plus appropriés, et il convoquera les hommes de la hird à ce moment-là. Il sera lu chaque jour autant que le roi le veut, mais de telle sorte que tout soit lu le treizième jour, et au plus tard avant que tous les handgengnir menn n’aient eu la permission de prendre congé après Noël. Et, chaque handgenginn maðr qui ne se rendra pas à ces réunions, s’il est en ville, perdra son office, à moins qu’il ne reçoive la permission du roi, car il se peut qu’il utilise son temps à des choses qui ne sont pas plus honorables et utiles que cela.
Sua er oc staðfastlega tækit innan hirðar af ollum handgengnum monnum með konongs forsio oc raðe at i huærium iolom scal alla hirðskra up lesa firir ollum handgengnum monnum þa daga sem kononge þykkir til fallet oc han lætr handgengnum monnum til blasa. Sva langt skal lesa huærn dagh sem konongr uil oc þo sva at ut se leset at þrettanda dægi. En at sæinsta koste aðr en handgengnir men take orlof æftir iol firir æins. En huer handgengin maðr er æi kemr til þessa tals, oc er han innan bøar, þa hæuir han firir gort þionostu sinni nema han fae konongs orlof till, þui at verða kan at han nyti æinarhueriar stundir til þess sem æigi se viðrkømelegra eða nytsamlegra en til þessa.
Maintenant, Dieu donne-nous l’entendement et la bonne mesure de tout cela, que cela soit d’une utilité pour louer la gloire et l’honneur de notre seigneur Jésus-Christ, pour la défense et l’honneur de notre roi, pour nous-mêmes pour nos besoins temporels et notre bonheur éternel. Que Jésus-Christ soit avec nous tous, maintenant et à tout jamais. Amen.
Nu gefi guð os þessa alla skynsemd oc hæilrædi sva til nytsemdar at føra at varum herra Jhesu Christo verði til lofs oc til dyrðar, kononge varom til traust oc sømdar, sealfum os til veralldlegra þarva oc æilifrar farsælldar nu oc utan ænda se Jhesus Christus með ollum os amen.